Dans la saga du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), plusieurs personnes qui ont à cœur l’institution sont en train de lui nuire par leurs commentaires émotifs.

Claude Gosselin Claude Gosselin
Directeur général et artistique du Centre international d’art contemporain de Montréal

Sur une période de 20 ans, Nathalie Bondil a ouvert le Musée et en a fait une institution accueillante aux dynamiques culturelles et sociales d’aujourd’hui. Elle a réussi ce coup flamboyant en remerciant régulièrement les équipes professionnelles du Musée, les mécènes locaux et les membres du Musée qui ont soutenu ses projets. Le Musée serait donc le travail d’équipes sous la gouverne d’une chef passionnée et engagée.

Malheureusement, le Musée risque actuellement de perdre toute sa reconnaissance d’être un grand musée par les actions des mêmes personnes qui en ont fait ce qu’il est.

Leurs manœuvres sur les scènes locale et internationale pour se trouver des alliés dans le combat qui oppose la directrice du Musée au conseil d’administration de celui-ci en sont un triste exemple. Continuer ainsi, c’est se tirer dans le pied.

Quand le directeur du Conseil des arts du Canada (CAC), Simon Brault, annonce de façon déplacée et publique qu’il a abaissé la cote du Musée à la cote « situation inquiétante », il nuit plus au Musée qu’il ne l’aide. Il donne un mauvais signal aux « investisseurs » potentiels. M. Brault parle d’investissement quand le CAC accorde une subvention au MBAM. Ayant travaillé pendant trois ans au CAC et ayant assisté à des réunions du conseil d’administration, jamais je n’ai vu un directeur se prononcer aussi cavalièrement et de façon presque arrogante sur un organisme canadien qui traversait temporairement une situation difficile, qu’elle soit d’ordre financier ou de gouvernance. Et pourtant, j’en ai vu beaucoup. En finançant annuellement à hauteur de 450 000 $ sur un budget de fonctionnement d’environ 35 millions, Simon Brault aurait pu se garder une petite gêne.

Il nous reste à connaître les noms des membres du comité mis en place par la ministre de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec, Nathalie Roy, pour faire enquête sur la situation au MBAM.

Ayant avoué que « le Musée était Nathalie Bondil », sans doute saura-t-elle trouver des personnes objectives. Rappelons que le gouvernement du Québec nomme 9 des 21 membres au conseil d’administration.