Après plusieurs mois où l’humanité tout entière était en mode survie sous l’épée de Damoclès que représente la COVID-19, voilà que la vie réapparaît timidement, malgré la crainte d’une deuxième vague.

Marie Hatem Marie Hatem
Professeure titulaire, Université de Montréal, École de santé publique – département de médecine sociale et préventive

Le Québec, à l’instar d’autres pays, a mis en place un processus de déconfinement par étapes. Les lieux de culte, toutes religions confondues, ont été parmi les derniers lieux publics à être « autorisés » à ouvrir leurs portes, offrir leurs services et accueillir les fidèles.

Certains ont critiqué les risques posés par ce déconfinement, alors qu’il a été le fruit d’un processus rigoureux qui a exigé le concours de nombreuses ressources et s’est fait à l’initiative des instances responsables des différentes confessions religieuses du Québec, réunies pour assurer la protection des droits des fidèles à l’expression de leur besoin spirituel.

Ce besoin spirituel a été manifeste depuis l’aube des civilisations, depuis la mythologie en passant par les trois religions monothéistes qui représentent le plus grand nombre de croyants sur terre. Maslow a reconnu en 1967 que l’humain ayant dépassé le niveau d’accomplissement de soi est motivé par des valeurs qui transcendent sa personne, dont les causes spirituelles liées à la foi et à la spiritualité.

Les instances des différentes confessions religieuses, conscientes de leur rôle dans la satisfaction de ce besoin, ont négocié conjointement avec les représentants du gouvernement les conditions de la reprise de leurs services. Le représentant de chaque confession s’est ensuite assuré que ces directives soient appliquées aux différents niveaux organisationnels qu’il représente.

Protocoles

Dans ce contexte, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) a développé les protocoles qui guident la réouverture des lieux de culte et l’offre des différents services religieux, sacramentels et pastoraux. Chaque diocèse a établi une structure qui a donné lieu à la mise en place d’un comité de déconfinement, pour implanter les directives de l’AECQ dans les différentes paroisses, missions, chapelles ou oratoires du diocèse de Montréal.

À Montréal, le comité de déconfinement a commencé ses travaux par une recherche portant sur des expériences de déconfinement dans les milieux qui nous ont devancés dans ce processus pour bénéficier de leur expérience.

Le comité tenait compte des décisions gouvernementales évolutives en matière de santé publique en plus d’avoir recours aux recommandations émises par les instances de santé publique des États-Unis, par exemple, compte tenu de la sévérité de la situation qui y a prévalu. Le comité a établi des directives, un guide, des listes de vérification, des documents pour la formation des bénévoles, des affiches à l’intention des fidèles, de la signalisation, etc.

Soutenu par les responsables du diocèse de Montréal, il a ensuite entrepris le soutien aux (paroisses, missions, communautés religieuses, groupes de foi, etc.) en leur demandant de constituer un comité local de déconfinement. Des webinaires ont été offerts pour clarifier les enjeux de l’épidémie, les exigences de la santé publique et le processus de déconfinement par étapes proposé par le diocèse. Le comité a créé une page au sein du site internet du diocèse, où toutes les informations ainsi qu’une foire aux questions étaient disponibles.

Pour que le lieu de culte soit autorisé à rouvrir ses portes, le comité local devait soumettre au comité diocésain un rapport décrivant, preuves à l’appui, les mesures prises dans leur milieu pour garantir le respect de la distanciation et de l’hygiène/désinfection. Les vicaires épiscopaux régionaux ont été mis à contribution pour vérifier la préparation réelle de chacun des milieux.

Espérons que, connaissant maintenant mieux les démarches ayant mené à la réouverture des lieux de culte, les critiques constatent que rien n’a été laissé au hasard pour assurer la santé spirituelle et physique des fidèles québécois.