Les agissements de Trump sont vus par plusieurs comme étant le fait d’un être narcissique imbu de lui-même, d’une ignorance crasse, qui ne se fie qu’à son instinct et qui ne croit que dans la loi du plus fort.

Claude Castonguay Claude Castonguay
Collaboration spéciale

Il n’a jamais formulé ses objectifs et il poursuit sans relâche sa réélection en novembre prochain. Son incapacité à gérer le pays et son attitude désastreuse face au coronavirus seront les deux principaux facteurs sur lesquels l’enjeu de l’élection sera décidé. Mais, en réalité, l’enjeu de l’élection est beaucoup plus profond et inquiétant que la simple réélection de Donald Trump.

Pour y voir plus clair, il faut comprendre ce qui l’anime.

D’abord, Trump est nettement impressionné par les leaders qui font taire l’opposition, font fi des contraintes imposées par les traités et les accords, propagent les faussetés et n’hésitent pas à tout faire pour atteindre leurs fins.

Voyons quelques exemples.

Vladimir Poutine, l’homme fort de la Russie, n’hésite pas à faire éliminer tout opposant sans égard aux moyens utilisés. Il ne tolère aucune opposition et vient de s’assurer de demeurer au pouvoir jusqu’en 2036. Trump demeure impressionné par Poutine, à tel point qu’il veut le faire accéder au G7, regroupement de pays démocratiques totalement à l’opposé de Poutine.

Le Brésil a élu en 2018 Jair Bolsonaro, chantre de l’extrême droite et de la dictature militaire. Il est en voie de plonger l’économie du Brésil dans le marasme. Face au coronavirus, il manifeste un déni total et les résultats sont désastreux. Au lendemain de son élection, Trump s’est empressé de le féliciter.

Aux Philippines, le président Rodrigo Duterte a établi un régime de terreur en faisant exécuter des milliers de citoyens considérés comme indésirables. Il a poussé le cynisme en recommandant aux gens d’investir dans les salons funéraires en leur promettant de fournir les cadavres. Trump l’a félicité pour son incroyable efficacité.

Ce ne sont là que quelques exemples du type de leader que Trump admire.

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Donald Trump

Sur un autre plan, Trump n’a aucun respect pour les grandes institutions américaines. Selon ses dires, la justice n’a aucune objectivité, le FBI est corrompu, l’information véhiculée par la presse est fausse et les élections sont manipulées. Jamais un président n’a ainsi attaqué les institutions démocratiques et miné la confiance des électeurs dans la démocratie.

À l’instar des leaders fascistes, Trump mise sur les militaires pour asseoir son pouvoir. Bien qu’il n’y ait aucun conflit à l’horizon, il a augmenté les budgets des forces armées à tel point qu’ils dépassent ceux de tous les autres pays réunis. Ses desseins sont apparus clairement lorsqu’il a voulu utiliser l’armée contre les citoyens qui manifestaient leur colère à la suite de l’assassinat de George Floyd par des policiers blancs.

Alors qu’une montée du fascisme se manifeste un peu partout dans le monde, on devrait assister à une réaction opposée des États-Unis en continuité avec l’histoire de ce grand pays.

Au contraire, on voit Trump alimenter l’inquiétante recrudescence du fascisme, de la violence et de la division. Une idéologie bien vivante au sein de sa base républicaine.

Ce sont eux, il ne faut pas l’oublier, qui ont élu George W. Bush à la présidence. Celui qui, sous de fausses représentations, a envahi l’Irak, ce terrible conflit qui n’en finit plus de faire des ravages au Moyen-Orient. Ils sont les millions qui ont non seulement élu Trump en 2016, mais ont donné aux républicains la majorité au Sénat. Des sénateurs qui, contrairement à leur serment d’office, ont systématiquement voté en faveur des mesures de démantèlement de Trump.

C’est ce contexte qui met en lumière l’enjeu fondamental de l’élection de novembre. Les États-Unis et le monde à sa suite vont-ils continuer de s’enfoncer dans le fascisme et la loi du plus fort, ou vont-ils reprendre la voie de l’ouverture, de l’entraide et de la mondialisation face aux grands défis de l’environnement et des inégalités ?

Triste leçon

Pour ceux qui pourraient douter de l’importance capitale de cet enjeu, il est une leçon de l’histoire que l’on ne peut ignorer. C’est par le national-socialisme, une forme extrême du fascisme, qu’Adolf Hitler a pu s’emparer du pouvoir en Allemagne au cours des années 30 et plonger le monde dans la Seconde Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de l’histoire.

Malgré les inquiétantes répercussions sur notre avenir que provoquerait la réélection de Donald Trump, nous, Québécois et Canadiens, ne pourrons voter en novembre. Ce qui ne veut pas dire toutefois que nous n’avons d’autre choix que d’assister passifs devant ce qui s’annonce comme une sale élection.

Au contraire, nous devons faire savoir aux Américains que le Canada est en profond désaccord avec Trump et tout ce qu’il représente. Que nous allons demeurer fidèles à nos valeurs d’entraide et de solidarité et continuerons de rejeter la division, la violence, les préjugés et la loi du plus fort.