Il faut saluer le travail des médias depuis le début de la crise du coronavirus. Les journalistes ont joué leur rôle de façon tout à fait responsable en relayant les informations déterminantes pour mener la bataille contre le fameux virus. Ils ont mené la lutte contre la désinformation quand de fausses nouvelles se répandaient sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à d’excellents reportages faits par tous les journalistes qui nous ont aidés à y voir plus clair. De leur côté, les chaînes d’information en continu jouent un rôle déterminant à toute heure du jour.

Alain Saulnier Alain Saulnier
Professeur invité, département de communication de l’Université de Montréal

En ce sens, les journalistes contribuent à la cohésion de notre société. Par conséquent, les médias doivent être considérés en ce temps de crise comme des services essentiels. L’idée n’est pas de les comparer, par exemple, à nos admirables héros et héroïnes des centres hospitaliers et des centres de dépistage, loin de là.

Toutefois, les médias sont essentiels pour garantir la libre circulation de l’information, enrichir le débat public, favoriser une plus grande transparence face à la situation actuelle, et vulgariser les informations en provenance des experts scientifiques. Et que dire de l’information internationale qui est cruciale, ces jours-ci.

Je salue le travail de tous et de toutes. Je pourrais mentionner l’excellence du travail de l’équipe des Décrypteurs de Radio-Canada qui viennent contrer les fausses nouvelles, la chronique de cette semaine d’Yves Boisvert de La Presse+ sur la recherche d’un vaccin et les articles de Pauline Gravel du Devoir sur le même sujet. Ce travail est exemplaire, sauf qu’il y a un mur devant nous.

Frapper le mur

C’est que le modèle d’affaires des médias, déjà fragilisé par l’affaiblissement des revenus publicitaires, est heurté de plein fouet par la crise économique. Les revenus publicitaires se font de plus en plus rares et menacent plusieurs médias. En Gaspésie, le Groupe Lexis Média a remercié des journalistes qui travaillaient pour les journaux L’Avantage gaspésien, L’Avant-poste et Chaleurs nouvelles. Même chose à Voir qui a procédé à des mises à pied cette semaine. Combien de temps nos grands médias qui n’existent que par les revenus publicitaires pourront-ils tenir ?

Tout cela alors que nous attendons toujours l’aide du gouvernement canadien promise aux médias depuis deux ans. L’aide n’est toujours pas débloquée.

Aussi, il faudrait que, tant à Ottawa qu’à Québec, on prenne conscience de la fragilité de l’écosystème de ces médias qui jouent un rôle si essentiel par les temps qui courent. Il faut donc également accorder une place essentielle à nos médias dans notre stratégie de lutte contre le coronavirus.