À l’annonce du gouvernement Legault de l’urgence sanitaire à l’échelle provinciale et de la mise en place des mesures visant la protection de notre communauté, cela faisait déjà quelques semaines que nous étions au courant de la crise de la COVID-19 qui chamboulait plusieurs nations et qui progresserait inévitablement chez nous.

Catherine Kim-Anh Nguyen Catherine Kim-Anh Nguyen
Bachelière en études internationales et étudiante en médecine à l’Université de Montréal

Nous sommes interpellés par notre responsabilité citoyenne et bombardés d’informations qui évoluent si rapidement, dépassant notre capacité d’assimilation et contribuant ainsi à une inquiétude grandissante.

Le leadership et la transparence des autorités font naître en moi un sentiment de gratitude.

Quel privilège de vivre dans une ville, une province et un pays dotés d’un système de santé universel, permettant d’agir de façon préventive afin d’éviter une augmentation exponentielle des taux d’incidence et de mortalité !

Je suis reconnaissante de l’effort de tous les ordres de gouvernement pour nous aider, nous protéger et nous garder bien informés. Je suis reconnaissante des services d’entretien et de désinfection et des premiers répondants pour leur contribution essentielle à la lutte contre la COVID-19.

Je suis reconnaissante de la patience et du sang-froid dont font preuve les employés en dépit des achats de clients paniqués de produits dits « essentiels ». Je suis reconnaissante du dévouement surhumain des professionnels de la santé et des services sociaux, héros de la première ligne qui se démènent sans répit afin d’assurer le bien-être des citoyens, que ce soit dans les hôpitaux, les cliniques de dépistage, les CHSLD, les pharmacies, et j’en passe.

Je ne minimise aucunement les effets réels et dévastateurs qu’aura cette pandémie sur notre société. Au contraire, je suis de tout cœur avec les entrepreneurs locaux, les artistes, les employés des restaurants, bars et gyms et tous ceux qui se retrouvent du jour au lendemain sans emploi.

Nous avons aussi pu constater une vague d’anxiété avec des hordes se ruant dans les magasins, car les êtres humains ne sont pas bien équipés pour gérer l’incertitude.

Toutefois, il est primordial de rester optimiste face au dénouement de cette crise. 

Dans une ère de désinformation, de répercussions désastreuses des changements climatiques et de xénophobie croissante, nous observons actuellement une diminution flagrante de la pollution aérienne, notamment des émissions de dioxyde d’azote, en Chine et en Italie.

Au Québec, chacun y met du sien. Plus de 10 000 professionnels de la santé, certains retraités et d’autres prêts à faire des heures supplémentaires font preuve de leur immense solidarité en se portant volontaires pour lutter contre la crise.

Héma-Québec connaît un achalandage important de citoyens voulant faire des dons de sang. Et finalement, il y a chacun de vous. Vous qui décidez de faire votre part pour protéger les plus vulnérables en restant à la maison, je vous remercie.

Merci d’avoir écarté les conflits générationnels superflus du type « boomers contre milléniaux » et de donner la priorité aux consignes d’isolement social.

Le simple fait de rester chez soi et d’éviter toute sortie non essentielle jouera un rôle crucial pour aplatir cette fameuse courbe et permettra, espérons-le, que cette pandémie soit maîtrisée le plus tôt possible. Soyons fiers de notre mobilisation lors de cet évènement sans précédent qui nous marquera collectivement.

Nous n’avons aucune idée du temps requis pour la résolution de la crise ni de la stratégie pour rebâtir tout ce qui a été mis en pause. Néanmoins, une chose est certaine : au Québec, la solidarité, le civisme et la conscience sociale sont des points qui nous définissent.

Ces qualités qui résident en chaque Québécois permettront de nous reconstruire en tant que société. Le Québec post-COVID-19 ne sera pas pareil. Nous serons indéniablement plus forts, plus unis et nous nous serrerons les coudes plus que jamais.