Qu’est-il en train de se passer ? Nous avons tous l’impression de vivre un moment historique de grande envergure. Comme si nous étions tous les personnages d’un grand film d’aventure dont la fin nous était inconnue.

Frankie Bernèche Frankie Bernèche
Enseignant de psychologie

Toute la planète, tous les humains sur Terre sont pour une rare fois centrés sur un même enjeu. Huit milliards d’individus vibrent au diapason en ressentant la peur en même temps. Tous s’éveillent face à cette peur d’être atteint d’une infection grave pour laquelle aucune solution n’est encore trouvée. Une infection pouvant rendre gravement malade et même apporter la mort.

Car il est là, le vrai enjeu de la peur actuelle des habitants de la planète : la peur de la mort. 

Une peur qui nous habite depuis l’éveil de notre jeune conscience, que nous tentons de refouler tout au long de notre vie et qui, maintenant, est fortement réactivée par la pandémie de la COVID-19.

Une peur salutaire

Toutefois, au risque de déplaire à plusieurs, il faut maintenant réaliser que cette peur est salutaire. Elle est profitable, car elle est la seule condition nécessaire à notre éveil collectif. L’éveil à notre vulnérabilité. Nous sommes devant une petite cellule imperceptible à l’œil nu qui menace à elle seule d’infecter et d’invalider près de 70 % de la population mondiale. Or, nous ne sommes donc pas si invulnérables que nous le pensions.

Cet éveil nous place alors devant une réalité froide et difficile. Même si nous agissons tous les jours de notre vie comme si la vie était là pour durer, il n’en est rien. Nous ne sommes pas immortels. Et face à cet éveil, nos dénis, fantasmes et compulsions ne font pas le poids.

La peur dans laquelle la population entière est plongée est en fait un énorme cadeau mal emballé. Ainsi sensibilisée à notre grande vulnérabilité, cette peur risque d’éveiller la population mondiale aux conditions nécessaires à mettre en place pour préserver la vie. Des images de l’Italie circulent montrant les autoroutes complètement désertées. Des textes qui accompagnent ces images notent : quelle tristesse ! Mais, au contraire, nous devrions écrire : quel répit pour l’environnement !

Il est évident que des impacts économiques très négatifs résulteront de cette tragédie mondiale. Mais est-ce le prix à payer pour éveiller les consciences ?

La réponse est : bien certainement. Cela fait partie de l’équilibre naturel de la vie. Les organes de notre corps suivent un équilibre naturel, une homéostasie. Toutes les composantes de la nature également. Il faut faire confiance en cet équilibre naturel de la vie. Peu importe les erreurs que nous avons faites, nous pouvons toujours atteindre la paix et le mieux-être dans la mesure où nous réparons nos erreurs. Et plus nous sommes dans cette confiance en l’équilibre naturel de la vie, plus nous rencontrons des gens et des situations qui nourrissent notre confiance.

Bref, il n’y a pas d’évolution possible sans inconfort, sans peur. Nous ne devons pas oublier que la peur est souvent source de changement. Demeurer dans nos mêmes habitudes nocives a un coût toujours plus élevé que de nous éveiller au changement.