Que les champions de la lutte contre le réchauffement climatique se lèvent !

Dominic Champagne Dominic Champagne
Porte-parole du Pacte pour la transition écologique

L’heure n’est plus à repousser les échéances à 2050. Ni à démobiliser la grande industrie, les grands pollueurs, sous prétexte de protéger la compétitivité. C’est de la diversion, de la récupération, de l’abus.

La question, la vraie et la seule à laquelle nous devons tous répondre, maintenant, à commencer par les gouvernements, la grande industrie, les riches de ce monde, de tous les pays, y compris les représentants de l’aviation et de la navigation internationales, mais aussi tous les citoyens, les entrepreneurs, les étudiants, les travailleurs, les retraités, la grande question à laquelle nous devons tous répondre, c’est : comment, comment maintenant ?

Aujourd’hui, ce n’est plus le climat qui s’invite au Parlement, c’est le Parlement qui s’invite dans la rue ! Ce n’est pas le temps pour vous de faire la grève, Messieurs !

Au travail ! À l’œuvre !

Vous n’êtes pas climatosceptiques ? Eh bien, faites-en la preuve !

Qu’est-ce que vous allez mettre en place maintenant pour atteindre les cibles de 2030 ? Avec des résultats mesurables. Dès la prochaine année. Chaque année.

Le temps est révolu de pelleter par en avant. Arrêtons de ne jamais livrer. Arrêtons de ne jamais atteindre nos cibles. 

Il est où, le plan, Monsieur Trudeau ?

Il est où, le plan, Monsieur Legault ?

Pour l’instant, au Québec, il n’y a que le plan directeur de Transition énergétique Québec qui garantisse 5 millions de tonnes de réduction d’ici 2023 sur la base de mesures concrètes. C’est 16 millions d’ici 2030.

L’objectif de 37,5 % en 2030 – qui ne répond plus aux exigences de la science – équivaut à 54 millions de tonnes. Comment le Québec va-t-il réduire, au minimum, les 38 millions de tonnes restantes ?

Oublions 2050 ! L’urgence est ici, maintenant ! Il est temps de se doter d’une agence du climat, indépendante, qui transcende tous les partis. Et qui répond aux attentes.

Il est temps de donner la direction. Pour que le prochain grand rassemblement soit celui de toute la société, en action, en mode solution. Partout où c’est possible. S’éloigner des combustibles fossiles et se rapprocher du bonheur commun.

Cette semaine, avec quelles propositions chiffrées, avec quelles solutions convaincantes le Québec et le Canada se sont-ils présentés à New York, à la demande d’António Guterres, secrétaire général des Nations unies ? Il avait pourtant été formel : « No speeches ! » « Pas de discours ! » Des actions.

Greta Thunberg a cette phrase toute simple, que je vous soumets. Elle dit : « Si les émissions de carbone doivent s’arrêter, alors nous devons arrêter les émissions de carbone. » Voilà le grand projet, le courage que vous devez avoir.

Vous savez bien que, grâce à son réseau hydroélectrique, son expertise, ses universités, ses travailleurs formés et dynamiques, son sens de la coopération, le Québec est capable de se poser en exemple pour atteindre la carboneutralité. Et développer un nouvel art de vivre. Viable. Si le Costa Rica, un État du Sud, en est capable, si le Maroc, la Gambie, la Finlande sont capables d’atteindre leur cible, voire de la rehausser, un État riche comme le Québec doit aussi se trouver dans le peloton de tête.

Un an après la sortie du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), après que la science nous a parlé dramatiquement, comme la nature le fait depuis avec force tempêtes, sécheresses et inondations, il est temps que vous preniez des engagements convaincants qui nous donnent espoir que vous êtes à la hauteur de la situation historique que nous vivons.

Tant que vous n’aurez pas assumé cette responsabilité historique qui est la vôtre, de rallier l’ensemble de la société du Québec dans un même mouvement, nous continuerons de nous rassembler pour exiger ce qui doit être fait. Nous serons des centaines de milliers à vous regarder dans les yeux aujourd’hui.

Le temps des déclarations d’urgence est révolu ! Vous n’avez plus d’excuse pour justifier votre inaction et vos préjugés favorables aux projets pétroliers et gaziers mortifères.

Le temps est à l’action et aux résultats. Qu’un véritable effort nous rassemble.

Tous unis pour le climat.