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La culture québécoise pour les nuls

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Bonne nouvelle, le nouveau ministre du Patrimoine canadien, James Moore, parle français. Très bien, même, puisqu'il a lu dans le texte les mémoires de l'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien.

Il n'a donc aucune excuse pour ne pas plonger davantage, s'immerger même, dans la culture québécoise. Ce devrait être une de ses résolutions pour 2009.

 

Pourquoi? Parce qu'on ne peut pas aspirer à diriger le ministère responsable de la culture au pays si on ignore presque tout de la culture québécoise. C'est un des dossiers les plus importants pour bien comprendre la dynamique Québec-Ottawa.

Imagine-t-on un instant un ministre responsable des dossiers économiques avouer candidement qu'il n'a pas beaucoup entendu parler des sables bitumineux de l'Alberta? Ou un ministre des Finances qui confesserait ne pas avoir mis les pieds à Bay Street depuis 1982?

On ne devrait pas être moins exigeant à l'endroit d'un ministre responsable de la culture qu'on ne l'est envers un ministre responsable des finances du pays.

La culture n'est pas un dossier de second ordre. Encore moins lorsqu'elle définit une «nation» dûment reconnue par le gouvernement au pouvoir...

Jusqu'ici, le gouvernement conservateur a fait piètre figure dans ce domaine. Au-delà des coupes dans certains programmes d'aide, c'est son incompréhension totale de la chose culturelle qui frappe. Les deux prédécesseures de James Moore, Bev Oda et Josée Verner, n'ont jamais fait preuve d'une grande sensibilité aux milieux culturels, fussent-ils québécois, albertains ou ontariens. De la part d'un ancien animateur de radio, on se serait attendu à un peu plus d'ouverture. Or jusqu'ici, rien ne semble avoir changé. «Moore of the same», diraient les Anglais.

Le nouveau ministre n'a pas davantage impressionné en répondant à un petit questionnaire concocté par La Presse. On ne lui demandait pourtant pas de réciter des vers de Nelligan ou de chanter l'intégrale de Vigneault. À la question: «Le dernier film québécois que vous avez vu?», M. Moore répond en hésitant: Les filles du roi, de la cinéaste Anne-Claire Poirier, réalisé en 1974... Vite, il est encore temps de lui faire parvenir un exemplaire du dictionnaire du cinéma québécois de Michel Coulombe et Marcel Jean avant Noël!

Si les organismes qui défendent les intérêts des artistes et des milieux culturels québécois souhaitent sensibiliser James Moore à leur réalité, ils devraient tout de suite lui lancer une invitation à visiter le Québec l'été prochain. Une immersion dans nos festivals, des visites dans nos théâtres et nos maisons de la culture, une tournée des meilleures tables en compagnie de quelques piliers du milieu artistique le toucheront davantage que n'importe quel rapport, étude ou manifestation. Bienvenue au Québec, M. Moore!

 




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