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En finir avec l'Irak

S'adressant à la nation depuis le bureau Ovale,... (Photo: Reuters)

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S'adressant à la nation depuis le bureau Ovale, Barack Obama a remarqué que les États-Unis avaient payé «un prix énorme» en Irak, où plus de 4 400 soldats américains sont morts depuis l'invasion de mars 2003.

Photo: Reuters

Mario Roy
La Presse

Sans vraiment faire de vainqueurs, la mission de combat américaine en Irak a officiellement pris fin, hier, sept ans et demi après avoir été déclenchée en mars 2003 par George W. Bush... lequel devait lancer 40 jours plus tard son fameux et risible «Mission accomplie».

Rien de pareil, hier, dans l'adresse à la nation de Barack Obama.

«En finir avec cette guerre n'est pas seulement de l'intérêt de l'Irak, mais du nôtre aussi. Les États-Unis ont payé le gros prix pour remettre le sort de l'Irak entre les mains de son peuple», a presque douloureusement constaté le président.

Pour Obama, il s'agit d'une promesse électorale rigoureusement tenue. Mais cela n'empêche pas de contempler ce qui pourrait passer à l'Histoire comme le pire désastre de la politique étrangère américaine. Pire que le Vietnam, en effet, qui ne fut pas une pure lubie de Washington comme l'aventure irakienne, mais le cadeau empoisonné de deux Europe, la coloniale qui agonisait et la communiste qui prenait vie.

Il est inutile de rappeler ici les noires caractéristiques du conflit irakien (le blogue de l'édito aborde ce sujet). Mais il est patent qu'il marque le déclin de la puissance et du prestige des États-Unis; qu'il a accentué les inimitiés à l'échelle du monde; qu'il a tout misé sur l'accessoire en négligeant l'essentiel; qu'il a fixé un prix astronomique à une libération nationale incertaine.

Barack Obama ne s'est pas exagérément étendu sur ce désastre, hier, traitant même avec élégance son prédécesseur dans le bureau Ovale. Ayant assumé nos responsabilités (en Irak), il est temps pour nous de tourner la page», a-t-il plutôt dit. Ainsi il a redirigé l'attention vers l'économie de son pays, ravagée par divers maux... dont cette guerre à mille milliards US n'aura pas été le moindre.

Autre chose encore.

Si l'Irak était la «guerre de Bush» endossée à contrecoeur en 2009 par Barack Obama, les opérations militaires alliées en Afghanistan, elles, sont bel et bien devenues la «guerre d'Obama».

Pour le président en exercice et pour l'Amérique, l'opération afghane a en effet tendance, après neuf ans, à se transformer en piège, comme l'Irak. Il y a maintenant près de 100 000 militaires américains au pays des talibans. Et aucun calendrier précis de retrait.

Or, au Canada comme dans les autres pays de l'OTAN, on attend maintenant des éclaircissements - qui, en pratique, ne pourront venir que de Washington - sur l'avenir de ce conflit et de ce pays. Hier, Barack Obama n'a pas clarifié cette situation, n'ajoutant rien à ce qu'on sait déjà, et qui est vague, sur ses intentions.

Mais il devra le faire un jour. Et ce sera douloureux, ça aussi.




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