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Irak: le début de la fin

Mario Roy
La Presse

Avant de s'adresser à eux, Gordon Brown a demandé aux soldats britanniques assemblés à la base de Basra, en Irak, de bien vouloir... enlever leurs chaussures! Cela montre assez bien que l'incident du lancer du soulier dont a été victime George W. Bush demeurera une image iconique: celle du début de la fin de ce conflit. Ou du moins, de la fin annoncée de la présence massive de troupes étrangères dans ce pays.

Comme le président américain l'a fait il y a quelques jours, le premier ministre britannique effectuait sa dernière visite en Irak, hier. Il y a confirmé le rapatriement, qui débutera en mars et s'achèvera en juin, des 4100 soldats toujours en poste en terre mésopotamienne (ils étaient 46 000 au moment du renversement de Saddam Hussein, en 2003).

Au même moment, à Washington, l'état-major soumettait pour la première fois un calendrier de retrait au président élu Barack Obama, qui prendra les rênes du pouvoir dans un mois. On sait que celui-ci a promis un retrait en 16 mois.

Or, si ce plan (notamment rédigé par le général David Petraeus, opposé à un retrait rapide) ne respecte pas cette échéance, il est néanmoins conforme à l'entente conclue récemment avec Bagdad, laquelle prévoit un calendrier s'étendant jusqu'en 2011. Plus de 140 000 soldats américains sont toujours sur le terrain; ils pourraient n'être plus que 80 000 à la fin de 2009.

L'incident du lancer de la chaussure symbolise encore autre chose: l'autopsie de ce long et absurde conflit va bientôt débuter dans une ambiance qui pourrait en être une de règlement de comptes.

En Grande-Bretagne, les partis de l'opposition se sont unis pour réclamer à nouveau une enquête publique sur la genèse de l'«énorme erreur» qu'aura été l'engagement britannique en Irak.

Mais surtout, à Washington, le rapport d'un comité sénatorial bipartisan revoit les événements, assimilables à de la torture, survenus à la prison irakienne d'Abou Ghraib, à Guantanamo et dans divers lieux de détention secrets de la CIA. Le rapport établit une chaîne de responsabilité qui remonte jusqu'à l'ex-secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, en passant par de proches conseillers de Bush et du vice-président Dick Cheney.

Ces gestes ne sont pas imputables à des «sociopathes de bas niveau», écrit le New York Times, «mais à des décideurs de haut niveau, responsables du respect de la Constitution ainsi que du statut de l'Amérique dans le monde, qui n'en ont pas moins méthodiquement cautionné des techniques illégales de torture inventées par les agents chinois pendant la guerre de Corée»!

Le plus prestigieux quotidien des États-Unis estime que le rapport justifie qu'un procureur spécial soit nommé pour établir si des accusations criminelles peuvent être portées contre ces responsables.

Ce qui donne le ton...

De fait, une administration qui aura causé un tort inimaginable à son pays - et, à bien des points de vue, au monde - en faisant fi de la légalité devrait avoir à répondre de ses actes.

De cela aussi, Barack Obama devra rapidement décider.




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