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Ce n'est pas du bilan politique de Julia Gillard dont on se souviendra à l'autre bout du monde.

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Julia Gillard est une femme. Ce n'est pas pour cette raison qu'elle n'est plus première ministre de l'Australie, mais c'est fort probablement le souvenir qu'elle laissera - à l'étranger du moins - de son passage en politique.

Devenue première femme à la tête du gouvernement australien en 2010, Julia Gillard a dû démissionner mercredi après avoir été soumise à un vote de défiance du Parti travailliste. La fronde a été menée par son rival Kevin Rudd, qui avait été lui-même chassé de la tête du parti par Julia Gillard en 2010. Cette fois, c'est la perspective d'un désastre électoral lors du scrutin du 14 septembre qui a poussé le Parti travailliste à changer de chef.

Son bilan politique est mitigé. Les analystes notent qu'elle a réussi à faire adopter une taxe carbone contre les entreprises polluantes, mais que les revenus tirés d'une taxe minière se sont avérés décevants, tout comme les surplus budgétaires, jamais au rendez-vous.

Elle n'était pas particulièrement progressiste. Une réforme des paiements versés à des familles monoparentales (surtout des mères) aurait appauvri ces enfants. Et elle est toujours opposée à la légalisation du mariage homosexuel.

Non vraiment, ce n'est pas du bilan politique de Julia Gillard dont on se souviendra à l'autre bout du monde. Nous garderons surtout en mémoire sa fascinante tirade féministe du 9 octobre 2012*.

Ce jour-là, le chef de l'opposition, Tony Abbott, venait de réclamer la démission du président de la Chambre, accusé de harcèlement sexuel, en qualifiant ses actes de «misogynes» et «sexistes». Julia Gillard, outrée, a répliqué en suggérant au chef de l'opposition de se munir d'un «miroir», avant d'énumérer tous les commentaires «misogynes et sexistes» émis par Abbott lui-même ces dernières années.

Son discours passionné de 15 minutes est devenu viral sur internet. On a admiré sa verve et son indignation à travers le monde même si, en Australie, les féministes se sont montrées plus tièdes - après tout, Julia Gillard a habilement usé d'une rhétorique féministe pour défendre, indirectement, le comportement inacceptable d'un membre de son équipe.

N'empêche. Son règne n'a pas été mouvementé parce qu'elle est une femme, a-t-elle précisé mercredi, mais sa condition n'y est pas étrangère. Encore en mars dernier, le menu d'un dîner destiné à une collecte de fonds pour un parti d'opposition comprenait une «caille farcie Julia Gillard: petite poitrine, cuisses énormes et grosse boîte rouge». Cette «grosse boîte rouge» désigne la mallette utilisée par les ministres pour transporter des documents... mais aussi les parties génitales féminines en argot australien. Une mauvaise blague, a tenté de justifier le parti.

Si la première ministre d'un pays développé est l'objet de telles «plaisanteries», on imagine quel genre d'humour subissent d'autres femmes moins puissantes, et pourquoi elles ont applaudi sa tirade du 9 octobre. «Ce dont je suis absolument confiante», a dit Julia Gillard mercredi, «c'est que ce sera plus facile pour la prochaine femme, ainsi que les suivantes, et j'en suis fière.» Il y a de quoi.




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