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L'erreur du président

L'erreur qui pourrait lui être fatale, M. Obama... (Photo Nicholas Kamm, AFP)

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L'erreur qui pourrait lui être fatale, M. Obama l'a commise au premier débat par sa prestation léthargique.

Photo Nicholas Kamm, AFP

Jean-Pascal Beaupré
La Presse

Le troisième et dernier débat présidentiel, qui portait sur la politique étrangère, n'aura réussi qu'à consolider l'impression que la course à la Maison-Blanche restera extrêmement serrée jusqu'au scrutin du 6 novembre.

Confortablement assis dans son siège de commandant en chef, le président Barack Obama a eu le dessus sur Mitt Romney en portant plusieurs attaques incisives. Toutefois, le candidat républicain, soucieux de ne pas commettre de gaffes, s'est moins appliqué à marquer des points qu'à éviter de projeter une image de chef guerrier.

Les électeurs américains sont présentement beaucoup plus préoccupés par la situation économique incertaine de leur pays que par le rôle des États-Unis dans le monde. On peut donc douter que le duel de lundi rapportera des dividendes à M. Obama.

Tout bien considéré, l'erreur qui pourrait ultimement lui être fatale, le président l'a commise au tout premier duel à Denver, il y a trois semaines.

Jusque-là, le candidat démocrate jouissait d'une avance confortable dans les sondages qui laissait présager une réélection relativement facile. La campagne de Mitt Romney semblait en déroute. M. Obama n'avait qu'à bien performer au débat initial pour river le dernier clou dans le cercueil républicain.

Or, surprise, le président Obama a tout bousillé en une heure et demie par sa prestation léthargique. D'une part, en paraissant «présidentiel» et plus modéré, Mitt Romney est devenu une alternative valable. Mais en plus, M. Obama a omis de mettre en relief les nombreuses positions contradictoires de son adversaire et les faiblesses de son programme économique.

M. Obama n'avait pas le luxe de connaître cette mauvaise soirée. Oui, Ronald Reagan et George W. Bush ont été réélus en dépit de leur échec aux débats. Sauf que l'économie américaine, en expansion à leur époque, les a sauvés. M. Obama ne bénéficie pas de cet avantage, bien au contraire.

Les effets de sa contre-performance ont été catastrophiques: en deux semaines, Mitt Romney a effacé son retard dans les sondages, à la fois au niveau national et - plus important encore - dans les États-clés.

En se montrant combatif au deuxième débat, et en l'emportant à l'arraché, M. Obama a rassuré ses troupes et stoppé l'hémorragie. Mais M. Romney a tenu son bout et les attaques du président à son endroit n'ont pas eu autant d'impact que s'il les avait lancées au premier affrontement.

Il peut sembler ingrat qu'un président qui s'est tant démené pour sortir les États-Unis d'une grave récession, qui a sauvé l'industrie automobile, qui a fait tuer Oussama ben Laden, qui a fait adopter de haute lutte sa réforme de l'assurance maladie, voie son avantage s'envoler en fumée dans un débat de 90 minutes. Mais la politique, ça demeure encore et beaucoup une question de perception et d'image.

Si les Américains devaient lui refuser un second mandat, le président Obama n'aura malheureusement que lui-même à blâmer.




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