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Vers le mur

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La cause est noble, l'intention louable, mais la voie choisie pour améliorer le sort des personnes âgées en perte d'autonomie par le ministre Hébert est pleine d'obstacles, dit André Pratte.

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André Pratte
La Presse

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a déposé vendredi dernier son projet de loi sur l'assurance autonomie. Il faut applaudir le travail acharné de M. Hébert, longtemps comme médecin et chercheur, aujourd'hui comme politicien, pour améliorer le sort des personnes âgées en perte d'autonomie.
La cause est noble, trop longtemps négligée. L'intention, louable. Toutefois, comme l'ont souligné plusieurs des personnes et groupes qui ont témoigné en commission parlementaire, la voie choisie est pleine d'obstacles.

En premier lieu, plutôt que de simplement exiger des établissements de santé qu'ils privilégient de plus en plus les soins à domicile, le ministre a lancé une réforme en profondeur de la gestion des soins et services pour les personnes en perte d'autonomie. Il y a là un risque élevé que le projet donne lieu à un remue-ménage bureaucratique dont l'impact sur les services offerts sera, au mieux, marginal.

En second lieu, le gouvernement s'engage à financer une partie substantielle des besoins des personnes en perte d'autonomie sans qu'on sache ce que cela coûtera et, surtout, sans qu'on en mesure l'impact sur l'ensemble des finances gouvernementales. Or, cet aspect du problème est crucial. Selon une étude publiée ces jours-ci par le groupe de recherche CIRANO, les dépenses de Québec dans le domaine de la santé pourraient atteindre 61 milliards en 2030 (31 milliards aujourd'hui). Si ce scénario se confirmait, les dépenses de santé accapareraient 69% des revenus du gouvernement du Québec (43% aujourd'hui).

Les économistes affiliés à CIRANO sont loin d'être les premiers à sonner l'alarme, on le sait. Pourtant, jusqu'à maintenant, ni les libéraux ni les péquistes n'ont eu la volonté d'attaquer le problème de front. Au contraire, ils ont eu tendance à accroître l'offre de services. C'est dans cette logique que s'inscrit le projet de M. Hébert. Or, si Québec ne sait pas comment il financera la croissance des coûts des soins fournis aujourd'hui, comment peut-il s'engager à en subventionner de nouveaux?

À la défense du ministre, il faut dire que son projet initial prévoyait une capitalisation des sommes amassées dans la «caisse économie», de façon à se préparer à la croissance prévisible des dépenses. Entre le livre blanc et le projet de loi, cette proposition a été abandonnée. La première ministre, Pauline Marois, et M. Hébert ont plutôt promis qu'«il n'y aura pas de taxe supplémentaire» pour financer le virage vers les soins à domicile.

Le gouvernement Marois ajoute ainsi sa contribution à la grande illusion entretenue par nombre de politiciens au fil des ans, illusion voulant que les Québécois puissent obtenir de plus en plus de services publics sans sacrifier quelque chose. Cette illusion mène l'État québécois à un mur. Le mur est là, on le distingue de mieux en mieux. La collision se produira. Bientôt.




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