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Deux erreurs de jugement

Justin Trudeau aurait dû considérer ses conférences pour... (Photo FRED CHARTRAND, La Presse canadienne)

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Justin Trudeau aurait dû considérer ses conférences pour des organismes de bienfaisance comme des dons.

Photo FRED CHARTRAND, La Presse canadienne

André Pratte
La Presse

D'abord dévoilée en février, la pratique de Justin Trudeau d'exiger une rémunération pour des discours prononcés pour des organismes de bienfaisance a refait surface. Un de ces organismes, la Grace Foundation, a demandé au chef libéral de lui rembourser les 20 000$ qu'elle lui avait versés l'été dernier.

Dans ce dossier, M. Trudeau a commis deux erreurs de jugement. D'abord, un député ne devrait pas être payé par des organisations privées pour prononcer des discours. La communication publique est au coeur de la tâche de l'élu. Quel que soit le sujet de son allocution, le député qui s'adresse à un groupe de personnes fait inévitablement sa propre promotion et celle de sa formation politique. Il y a là une évidente confusion des rôles. De plus, malgré l'approbation du commissaire à l'éthique, les risques de conflits d'intérêts réels ou perçus subsistent.

Ce qu'a fait M. Trudeau ne contrevient pas au Code régissant les conflits d'intérêts des députés. En effet, le Code «n'a pas pour effet d'empêcher les députés qui ne sont pas ministres ou secrétaires parlementaires d'occuper un emploi ou d'exercer une profession.» En théorie, un avocat peut donc continuer à pratiquer le droit, un médecin à pratiquer la médecine, un conférencier à faire des conférences. En pratique, cependant, la quasi-totalité des députés consacrent toutes leurs énergies à leur travail d'élu.

Deuxième erreur de jugement: une personne qui dispose d'autres sources de revenus ne devrait pas exiger d'être payée pour donner un coup de main à un organisme de bienfaisance. M. Trudeau aurait dû considérer ses conférences pour de tels organismes comme des dons, sa contribution à la cause qu'ils défendent.

Certes, plusieurs sénateurs tirent des revenus d'autres occupations, notamment de conférences, comme le rappelait hier notre collègue Hugo de Grandpré. Cela s'inscrit dans la tradition du Sénat. Le code de déontologie de la chambre haute prescrit même que les sénateurs doivent «continuer à faire partie intégrante de leurs communautés et régions et y poursuivre leurs activités tout en servant, au mieux de leurs moyens, l'intérêt public et les personnes qu'ils représentent.» Autrement dit, il est entendu que siéger au Sénat est un emploi à temps partiel; la rémunération des sénateurs est d'ailleurs inférieure à celle des députés (135 200$ contre 160 200$).

M. Trudeau a mis un terme à sa carrière de conférencier rémunéré au moment de se lancer dans la course à la direction de son parti. Il est disposé à rembourser les organismes concernés. Cela clôt le dossier.

Néanmoins, la controverse soulevée et la forte opposition des Canadiens à l'idée de payer des députés pour faire des discours (76% selon un sondage Forum Research réalisé en mars dernier) devraient amener les élus et les sénateurs à revoir les règles relatives à la rémunération de leurs activités parapolitiques.




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