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Des responsabilités partagées

André Pratte
La Presse

Notre éditorial d'hier au sujet de l'attaque israélienne contre Gaza a suscité un courrier abondant, généralement très critique. Les questions très pertinentes soulevées par nos lecteurs méritent évidemment réflexion.

Certains rappellent l'origine du conflit, la création d'Israël en 1948 sur des territoires appartenant aux Arabes. Selon nous, il n'est pas utile de remonter à ce qui s'est passé il y a 60 ans. Il faudrait parler aussi de la responsabilité de tous les pays qui pendant des siècles ont persécuté les Juifs, faisant en sorte qu'ils ne se sentent bienvenus nulle part. De toute façon, on ne reviendra pas en arrière.

 

Depuis cette époque, Juifs et Arabes ont commis maints abus et erreurs, de même que de chaque côté plusieurs ont sincèrement tenté d'arriver à un accord de paix. Les responsabilités pour cette guerre qui n'en finit plus sont donc partagées entre dirigeants israéliens, palestiniens et arabes. Ne pas le reconnaître, c'est se condamner à une perception de la réalité qui interdit la compréhension et le compromis. Qui interdit la paix.

Des lecteurs nous accusent d'ignorer l'impact humanitaire catastrophique de l'embargo imposé par Israël. Pourtant, dans ce même texte, nous condamnons cet embargo que nous qualifions d'«immoral». C'est là où le bât blesse: d'un côté comme de l'autre du débat, on a bien du mal à accepter un point de vue nuancé.

Trop de Québécois juifs accusent d'antisémitisme quiconque ose critiquer telle ou telle politique de Tel-Aviv. Trop de sympathisants des Palestiniens accusent quiconque donne en partie raison aux Israéliens de succomber à la «propagande sioniste» ou même d'avoir été «acheté par l'argent d'Israël» (propos tirés des courriels reçus).

La majorité des Québécois prend partie pour les Palestiniens. Malheureusement, ce biais compréhensible et généreux en mène plusieurs à ne voir que les torts israéliens et à fermer les yeux sur les responsabilités des dirigeants palestiniens et arabes - par exemple sur l'opposition du Hamas aux pourparlers de paix et sur l'hypocrisie des gouvernants arabes.

«La Palestine a été perdue en 1948 à cause des mensonges et de la duplicité arabes, et, 60 ans plus tard, elle est victime de ses propres erreurs, de son incapacité à se souder autour d'une politique unifiée, d'une direction commune», écrit Nagib Aoun, rédacteur en chef du quotidien libanais L'Orient Le Jour. Il poursuit: «Israël, bien entendu, s'en réjouit et s'emploie maintenant à donner le coup de grâce à un Hamas parti en guerre avec un armement artisanal et qui, de toute évidence, ne fait pas le poids face au rouleau compresseur israélien.»

Le Hamas a refusé de renouveler la trêve convenue avec Israël il y a six mois. Pourquoi? Se pourrait-il que le mouvement ait cherché, en déclenchant des hostilités dont il sortira nécessairement martyr, à renforcer sa position par rapport à celle de Mahmoud Abbas?

La voie qu'a choisie le président de l'Autorité palestinienne nous semble la seule prometteuse pour la paix dans la région. C'est la voie du dialogue et de la modération. C'est celle que nous souhaitons voir toutes les parties à ce conflit adopter, avec détermination et courage, dans la nouvelle année.

 

 




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