Si on lui offre d'être le porte-drapeau canadien à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres, Alexandre Despatie a-t-il le devoir d'accepter, en dépit des exigences médiatiques et protocolaires que ce rôle lui imposerait? TOUS LES COMMENTAIRES DOIVENT ÊTRE SIGNÉS.

CYBERPRESSE

Pierre Simard

Professeur à l'ENAP à Québec.



À MOINS D'ÊTRE SUPERSTITIEUX



Certains estiment à 2,4 milliards, d'autres à 4 milliards, le nombre de téléspectateurs qui regarderont la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres. Même si l'enthousiasme de certains publicitaires semble excessif - il y a 7 milliards d'humains sur la Terre - il reste que parader en tête de la délégation de son pays demeure un honneur enviable. Je ne sais pas si porter le drapeau canadien à la face du monde est un devoir, mais c'est certainement un privilège. Pour la carrière d'un athlète, c'est une belle consécration... et c'est une occasion qui ne se présente souvent qu'une seule fois. Évidemment, les exigences médiatiques et protocolaires associées à cette tâche sont difficilement conciliables avec l'horaire d'un athlète qui entre en compétition dans les heures suivant la cérémonie. Toutefois, ca ne semble pas le cas pour Alexandre, dont la première épreuve est présentée cinq jours plus tard. Évidemment, notre héros national n'est pas sans savoir que ce rôle n'a pas toujours souri aux athlètes dans le passé : la fameuse guigne du porteur de drapeau. Toutefois, à moins d'être superstitieux, je ne crois pas qu'Alexandre puisse refuser cet honneur.

Pierre Simard

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires.



SA DÉCISION



Si jamais Alexandre Despatie décide de porter le drapeau canadien, les nationalistes vont probablement jouer à la vierge offensée tout en oubliant les exploits de l'athlète. Je suis parmi les Québécois qui croient que le Québec pourrait devenir un jour un pays. Pour l'instant par contre nous sommes, qu'on le veuille ou non, citoyens canadiens et Alexandre représente fièrement le Canada aux JO. Cela dit, la décision de porter ou non l'unifolié appartient à Alexandre. Il est important pour lui de prendre en considération non pas la question nationale mais plutot les implications d'une telle décision sur sa performance. L'athlète qui accepte d'être porte-drapeau doit se préparer à le faire tout en acceptant le protocole qui va avec ce rôle.  Alexandre devra donc peser les pour et les contre de sa décision tout en songeant au fait que s'il porte le drapeau sa performance pourrait en être affectée. D'une façon ou d'une autre, nous pouvons être fiers d'Alexandre Despatie qui donne par ses performances une vitrine médiatique au Québec ainsi qu'au Canada. Le mot de Cambronne à Alexandre!