Lors des séries de la Coupe Stanley de 1971, le Canadien devait affronter en première ronde les Bruins de Boston qui représentaient cette année-là la meilleure équipe de la ligue avec 121 points au classement et les quatre meilleurs compteurs du circuit. Tous prévoyaient que les Bruins ne feraient qu'une bouchée du Tricolore en première ronde des séries.

Marcel Boyer<br><br><i>L'auteur est professeur émérite d'économie industrielle à l'Université de Montréal et fellow du CIRANO.</i> LA PRESSE

Lors des séries de la Coupe Stanley de 1971, le Canadien devait affronter en première ronde les Bruins de Boston qui représentaient cette année-là la meilleure équipe de la ligue avec 121 points au classement et les quatre meilleurs compteurs du circuit. Tous prévoyaient que les Bruins ne feraient qu'une bouchée du Tricolore en première ronde des séries.

Après une victoire au premier match, Boston menait 5-1 en deuxième période du deuxième match avant de voir les Glorieux, ragaillardis par un pep talk légendaire du capitaine Jean Béliveau, faire un monumental retour et enfiler six buts sans riposte pour l'emporter 7-5. Après une victoire dans le troisième match, le Canadien s'effondre totalement: défaites de 5-1 dans le quatrième et de 7-3 dans le cinquième. Le Canadien était au tombeau. Mais, contre toute attente, il ressuscite et gagne les deux matchs suivants 8-3 et 4-2 pour remporter la série 4-3. Le gardien Ken Dryden a affronté en moyenne 41 tirs par match et contribué grandement à envoyer la troupe de Phil Esposito et Bobby Orr au camp de vacances.

Négligé des connaisseurs, le Canadien bat Minnesota en six matchs en deuxième ronde pour se retrouver en grande finale comme les redoutables Blackhawks de Chicago, champions de la division ouest et grandement favoris pour écraser le Canadien. Les Blackhawks remportent les deux premiers matchs à Chicago. Ils mènent 2-0 dans le troisième; le Canadien est au plus bas, mais il se réveille et compte quatre buts sans riposte. Il gagne le quatrième match et perd le cinquième. En retard 3-2 dans la série, le Canadien gagne le sixième match 4-3 au Forum. Lors du septième match à Chicago, les Blackhawks, équipe sans capitaine, mènent 2-1 en fin de deuxième période. C'est Henri Richard qui sonne alors la charge avec le but égalisateur en fin de deuxième et le but gagnant en début de troisième.

Totalement négligé des connaisseurs, le Canadien gagne la Coupe Stanley en 20 matchs historiques! Merci Jean Béliveau, Henri Richard, Ken Dryden, Peter et Frank Mahovlich, Jacques Lemaire, Yvan Cournoyer, Jacques Laperrière, Guy Lapointe, Serge Savard, et les autres. Étudiant à Pittsburgh à l'époque, je me suis dit que si le Canadien avait pu gagner la Coupe Stanley en partant grand négligé à chaque étape, je pouvais bien arrêter de fumer. Je n'ai jamais plus touché à une cigarette après ce 18 mai 1971, jour du retour de la Coupe Stanley à Montréal. Merci, le Canadien!