Le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, invite les citoyens à lui écrire pour lui dire ce qu'il faut faire pour sauver le PQ. Il m'apparaît évident que la véritable question qui se pose actuellement est plutôt de savoir si nous devons sauver le PQ.

Publié le 18 juill. 2011
Marie-Claude Boivin, Montréal

Le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, invite les citoyens à lui écrire pour lui dire ce qu'il faut faire pour sauver le PQ. Il m'apparaît évident que la véritable question qui se pose actuellement est plutôt de savoir si nous devons sauver le PQ.

En effet, ce parti est essentiellement une coalition qui a été créée pour réaliser la souveraineté du Québec. Elle regroupe des personnes ayant des opinions souvent très différentes sur des sujets non reliés à la question nationale. La coalition peut tenir si la perspective d'un référendum est relativement proche.

Or, dès son élection à la tête du Parti québécois, Pauline Marois, tout en se déclarant souverainiste, a écarté la tenue d'un référendum. En renonçant de la sorte à envisager toute démarche sérieuse vers la souveraineté, tout était en place pour l'affaiblissement de la coalition souverainiste. Nous en avons eu un premier effet concret lors des dernières élections fédérales. Malheureusement pour lui, Gilles Duceppe a payé cher pour cette décision dont il n'était pas l'auteur. Pauline Marois a fait le pari qu'elle deviendrait premier ministre en fédérant les souverainistes et les insatisfaits du gouvernement actuel. En essayant de jouer sur tous les terrains, le PQ risque de connaitre de sérieux problèmes de crédibilité et d'authenticité.

Amir Khadir crée beaucoup d'enthousiasme parmi les souverainistes de gauche. Quant à François Legault, son absence d'ambivalence, contrairement à Pauline Marois, à l'égard de la question nationale lui permet de faire le plein de votes chez de nombreux électeurs non souverainistes.

Le véritable dilemme auquel fait face le PQ est de savoir si ce parti demeure véritablement souverainiste, et donc fort probablement longtemps dans l'opposition, ou s'il se transforme simplement en parti nationaliste de centre, autrement dit une alternative aux libéraux.

En conclusion, M. Drainville, qu'est-ce qui est le plus important pour vous : les convictions ou la limousine?