Le commentaire du psychanalyste français Jean-Pierre Friedman («Une pulsion irrésistible») est à mon avis le sottisier le plus odieux à l'égard des femmes que j'aie pu lire depuis l'époque de catéchismes catholiques du XIXe siècle.

Publié le 19 mai 2011
Pierre Huet
L'auteur réagit à l'opinion du psychanalyste français Jean-Pierre Friedman intitulée «Une pulsion irrésistible», publiée le 18 mai.

Le commentaire du psychanalyste français Jean-Pierre Friedman («Une pulsion irrésistible») est à mon avis le sottisier le plus odieux à l'égard des femmes que j'aie pu lire depuis l'époque de catéchismes catholiques du XIXe siècle.

Je travaille personnellement dans le milieu de la culture depuis plus de 40 ans. J'y suis entouré de femmes talentueuses qui n'ont pas l'habitude de se mettre à genoux - pour y faire quoi, l'acte présumé de DSK? - devant les hommes, dixit ce psy, puissants et intelligents. L'intelligence n'est pas un privilège et n'accorde pas le droit de cuissage. Qui plus est, si l'on en croit M. Friedman, un homme intelligent comme supposément le même DSK, ne s'abaisserait pas normalement à des amours ancillaires (avec des servantes); et pire encore avec une «victime» (les guillemets sont de M. Friedman), même pas belle. J'aimerais savoir à partir de quel degré de beauté une présumée tentative de viol est plus tolérable pour les plus intelligents de ce monde.

Et ça continue comme ça de pis en pis. Ce serait les mêmes hormones surrénales qui seraient le moteur de l'ambition et du sexe. Ce qui explique et justifie tout. Autrement dit, si c'est un type sans ambition qui s'attaque à une femme, LÀ c'est un viol; autrement, c'est une preuve d'ambition. M. Friedman mentionne aussi les 74 ans de prison qui menaceraient DSK pour quelques secondes de plaisir. C'est sans doute par lapsus freudien qu'il oublie de parler des années de traumatisme qui peuvent attendre la victime de viol.

Je m'arrête là en conseillant aux lecteurs et lectrices qui auraient raté ce torchon odieux d'aller le parcourir sur cyberpresse.ca, et surtout de le conserver dans votre portefeuille, messieurs, en guise de mesure préventive, si jamais vous êtes un ambitieux.