Il est décourageant de voir les leaders politiques et économiques de la région métropolitaine adopter sans cesse un discours qui témoigne d'une vision limitée du développement. Par exemple, dans l'article «Des secteurs redessinés», publié le 8 mars, le président-directeur général de Laval Technopole affirmait que les récents développements apportés au réseau de transport collectif et autoroutier à Laval leur permettraient «de faire concurrence à Montréal et d'aller chercher d'autres entreprises».

Publié le 17 mars 2011
Roxane Fafard, Étienne Lyrette et Benoit Tessier

Il est décourageant de voir les leaders politiques et économiques de la région métropolitaine adopter sans cesse un discours qui témoigne d'une vision limitée du développement. Par exemple, dans l'article «Des secteurs redessinés», publié le 8 mars, le président-directeur général de Laval Technopole affirmait que les récents développements apportés au réseau de transport collectif et autoroutier à Laval leur permettraient «de faire concurrence à Montréal et d'aller chercher d'autres entreprises».

Cette affirmation est le symptôme d'un manque de vision régionale que l'on observe malheureusement trop souvent et qui nuit à la compétitivité de notre métropole face à d'autres villes comme Boston ou Toronto.

La région de Montréal doit plutôt être vue comme un ensemble intégré. En effet, les municipalités de la région métropolitaine ont intérêt à miser sur leur complémentarité plutôt que de s'enliser dans une logique de compétition futile.

Concrètement, cela signifie que plutôt que de faire compétition à la ville centre en tentant d'attirer les «entreprises qui ont des employés à Montréal» ainsi que des sièges sociaux, la stratégie de la Ville de Laval devrait plutôt être axée sur le développement des secteurs industriels dans lesquels elle excelle déjà, tels les centres de distribution et les entreprises de biotechnologie. Montréal doit conserver, à l'instar de grandes métropoles internationales telles que New York et Londres, son attrait pour les organismes internationaux et les sièges sociaux de grandes entreprises. Ainsi, en misant sur sa complémentarité et sa diversité, la région et même l'ensemble du Québec se positionneraient comme un pôle économique incontournable en Amérique du Nord.

Nous proposons donc aux maires de la région et aux leaders économiques de mettre de côté leurs rivalités respectives et d'entrer dans une aire de collaboration qui sera bénéfique à long terme pour l'ensemble des citoyens du Grand Montréal.