J'ai écouté avec attention l'entrevue que Me Louis Dionne a accordée à Anne-Marie Dussault sur RDI et je n'ai pas pu m'empêcher de faire un parallèle intéressant entre cette entrevue et celle qu'elle avait faite avec Me Christian Leblanc, procureur de la Couronne en Abitibi et président de l'Association des procureurs du Québec, en octobre dernier.

George Legrand <br><br><i>L'auteur est un ancien procureur de la Couronne.</i>

Me Leblanc avait clairement dénoncé le manque de ressources humaines allouées au directeur des poursuites criminelles et pénales. Entre autres, le manque flagrant de procureurs au Québec: il faudrait ouvrir 200 postes de plus pour arriver à la moyenne nationale.

J'ai moi-même été procureur de la Couronne et je dois vous dire que les conditions de travail sont parfaitement inhumaines dans certaines régions du Québec. Nous parlons ici d'une soixantaine d'heures de travail au lieu des 35 qui sont pourtant signées sur le contrat de travail. Certains de mes confrères sont même entrain d'envisager de saisir la Commission des normes du travail dès janvier 2011 pour réclamer ces heures nullement rémunérées. Ça va être une vraie révolution dans le monde juridique. Donc, quand j'entends mon ancien patron dire que les policiers lui font de la pression..... eh bien je me joins aux policiers et je dénonce la pénurie de main-d'oeuvre à la direction des poursuites!

Me Dionne, s'il y avait davantage de procureurs de la Couronne au Québec, peut-être que les enquêtes sur l'opération Marteau avanceraient plus vite et que des accusations seraient portées. Tous les confrères qui ont entendu ce reportage sont d'accord avec moi. Le Parti libéral du Québec est certes responsable de bien des choses, mais la direction des poursuites doit absolument ouvrir des postes, ça presse! Je n'accorde donc aucune crédibilité à ce qu'a dit M. Dionne et j'espère sincèrement qu'un gros ménage sera fait dans les prochains mois.