N'importe quel Québécois qui s'arrête un instant et qui analyse la scène politique actuelle devient assez rapidement cynique de la situation.

Jasmin Lavoie<br><br><i>L'auteur est étudiant au baccalauréat en science politique à l'UQAM.</i> CYBERPRESSE

N'importe quel Québécois qui s'arrête un instant et qui analyse la scène politique actuelle devient assez rapidement cynique de la situation.

Premièrement, un premier ministre qui semble avoir comme unique idéologie l'idée de rester au pouvoir, ce qui n'est pas digne à mon sens d'une fonction aussi noble. Deuxièmement, une opposition tristement semblable et qui ne propose pas de réelle réforme autre qu'une souveraineté au discours mal renouvelé.

Mais si, finalement, le problème n'était pas tant les politiciens que le système politique lui-même? Et si finalement, la solution à tout ce cynisme actuelle n'étais pas la déification d'un sauveur, mais plutôt une reforme profonde du système démocratique? Le principe du «winner takes all» qui règne au Québec me semble tout à fait déconnecté des réalités actuelles. Malgré toutes les allégations, malgré tous les congédiements ou démissions ministérielles, malgré tous les remaniements, une chose reste encore et elle s'appelle Jean Charest. Les raisons sont certes nombreuses, mais la principale selon moi se retrouve dans le système parlementaire britannique.

Avec une ligne de parti extrêmement rigide, comme celle qui fait état actuellement ici, on ne laisse pas seulement les deux mains sur le volant au premier ministre, mais plutôt la voiture au grand complet. L'opposition, les chroniqueurs, éditorialistes ou citoyens peuvent bien crier au scandale et créer des manifestations monstres, à peu près rien ne peut ébranler le système en place.

Les solutions sont nombreuses. Le simple fait d'imposer des élections à date fixe pourrait être intéressant. Mais la réelle solution réside en une abolition de ce système au profit d'une république qui confère un réel pouvoir à l'opposition, et au peuple. Pourquoi ne pas prendre exemple sur les États-Unis? Malgré les défaillances qu'il comporte, les pères fondateurs avaient pensé à un système de contrepoids au gouvernement par crainte de dictature. L'équilibre des pouvoirs est un des principes fondamentaux pour accéder à une démocratie juste et véritable.

Néanmoins, espérons qu'un jour, quelque chose se passera afin que de réelles alternatives soient proposées au peuple. D'ici là, moi, j'ai mal à ma démocratie.