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Y aller. Ou pas...

Vincent Marissal
La Presse

S'il existait une application «Baromètre politique» pour votre téléphone intelligent, vous verriez défiler ces jours-ci une bande rouge disant «Avertissement de campagne électorale».

Déjà vives la semaine dernière, à Québec, les rumeurs d'un déclenchement hâtif des élections ont gagné en intensité cette semaine avec la publication de deux sondages (Léger, lundi, CROP, hier) favorables au Parti québécois.

En visite en Europe cette semaine, la première ministre Pauline Marois semblait loin des préparatifs préélectoraux, mais au Québec, son parti et ses conseillers s'activent en vue d'une probable campagne déclenchée dès février.

Au final, la décision d'appuyer ou non sur le bouton revient à la première ministre, et à elle seule. La politique n'est pas une science exacte, sa pratique comporte une bonne dose d'intuition et d'audace, mais il existe néanmoins une grille d'analyse des éléments favorables ou défavorables au déclenchement.

En ce sens, l'expérience des campagnes provinciale de 2008 et fédérale de 2011, celles qui ont donné une majorité à Jean Charest et à Stephen Harper, pourraient inspirer Pauline Marois.

À l'évidence, il y a plus de témoins lumineux verts que rouges en ce moment sur le tableau de bord péquiste.

Feux verts

> Affronter une opposition faible et désorganisée. Jean Charest avait pris Mario Dumont et Pauline Marois de vitesse. Idem pour Stephen Harper, qui avait profité de la désorganisation des libéraux de Michael Ignatieff. Mario Dumont, comme Michael Ignatieff, n'ont jamais pu démontrer qu'ils étaient prêts à gouverner, pas plus qu'ils n'ont su mobiliser leur parti. Au PLQ, on reconnaît à mots couverts avoir perdu trop de temps sur les questions périphériques à la Charte des valeurs (notamment sur le tchador). Plusieurs libéraux pressent maintenant Philippe Couillard de passer en mode contre-attaque contre le gouvernement Marois.

> Avoir un enjeu gagnant (la fameuse Ballot question, comme disent les Anglais): MM. Charest et Harper ont surfé sur l'importance d'un plan économique solide, Mme Marois pourra tabler sur la défense de l'identité québécoise. Autre avantage pour le PQ: la chaise du champion de l'économie, habituellement occupée par les libéraux, est vide et François Legault n'arrive pas à y prendre place (la CAQ troisième avec 16% des intentions de vote!).

> Un fond de guerre suffisant et une organisation prête au combat. Après l'alerte électorale de l'automne dernier, les quatre partis représentés à l'Assemblée nationale sont prêts, mais le PLQ et la CAQ ne sont pas au sommet de leur forme.

> Une tendance favorable au sein de l'électorat: deux sondages positifs ne font pas nécessairement une majorité, mais les chiffres sont tout de même encourageants pour le PQ. Après ce qu'on a entendu cette semaine à la commission Charbonneau sur un possible «deal» entre Claude Blanchet (le mari de Pauline Marois) et des bonzes de la FTQ, il vaudrait peut-être mieux, pour le PQ, ne pas trop attendre la suite des témoignages.

> Gagner des appuis dans les régions payantes: pour les conservateurs, le but était de percer en Ontario; au Québec, la clé de la majorité se trouve dans le 450. Avantage PQ.

> Profiter du désir de stabilité de l'électorat: Jean Charest et Stephen Harper ont su, à leur façon, faire passer leur message pour un gouvernement majoritaire, stable et fort («Les deux mains sur le volant» pour Jean Charest et «Un gouvernement conservateur national, fort et stable»). Pauline Marois plaidera elle aussi pour un gouvernement majoritaire fort et efficace. L'atmosphère semble propice. Selon CROP, une majorité de Québécois est favorable à des élections hâtives, ce qui est tout de même surprenant après seulement 16 mois de gouvernement minoritaire. Les électeurs en arrivent peut-être à la conclusion que la cohabitation ne mène nulle part à l'Assemblée nationale. Pauline Marois, quant à elle, pourrait fort bien arriver à la conclusion qu'elle n'a rien à gagner en attendant et qu'il vaut mieux déclencher plut tôt sur son propre enjeu que de se faire renverser plus tard.

Feu jaune

> Appuis chez les électeurs francophones: à 42% d'intention de vote dans cette catégorie, le PQ améliore son score et distance le PLQ (24%) et la CAQ (19%), mais les stratèges péquistes doivent s'assurer de bien faire aussi dans la région de Québec et à Laval, en plus du reste du 450, pour espérer remporter une majorité.

Feux rouges

> Le taux d'insatisfaction: tous les stratèges politiques vous le diront, après les intentions de vote, le taux d'insatisfaction de l'électorat envers le gouvernement est l'indicateur le plus important. Après des résultats peu enviables en 2013, la cote du gouvernement remonte, mais on compte toujours une majorité (56%) d'insatisfaits. Aux fins de mémoire, rappelons que le gouvernement Charest avait vu son taux de satisfaction grimper au cours de l'automne 2008, pour atteindre 61% en septembre et 59% en octobre, au moment du déclenchement, des chiffres qui feront l'envie de Pauline Marois. (Précision intéressante de Youri Rivest, de CROP: à l'époque, il s'agissait de sondages téléphoniques et aujourd'hui, par l'internet, les répondants ont tendance à être plus sévères). Autre sujet d'inquiétude pour le PQ, deux Québécois sur trois estiment que le gouvernement va dans la mauvaise direction. L'appui au projet de charte de la laïcité est stable, mais le sujet divise l'électorat et il est douteux que le PQ puisse faire 35 jours de campagne sur cet unique sujet.

À son retour d'Europe, Pauline Marois pourra profiter de son décalage horaire pour passer quelques nuits blanches pour méditer là-dessus...




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