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Élections: quel choix pour les Montréalais?

L'hôtel de ville de Montréal.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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L'hôtel de ville de Montréal.

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Vincent Marissal
La Presse

Depuis le temps qu'on dit sur tous les tons que Montréal a vraiment besoin de sang neuf et de renouveau politique, il faut constater, à moins de cinq mois des élections municipales, que la récolte de nouveaux candidats laisse, à ce jour, bien des Montréalais sur leur faim.

Non pas que Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly n'aient pas quelques qualités, mais c'est plutôt leurs motivations qui laissent songeur.

Denis Coderre, on le sait depuis plus d'un an, veut être maire de Montréal et il a manoeuvré habilement pour devenir un candidat incontournable. Un grand succès de marketing qui cache toutefois mal le vide de son programme électoral. Depuis qu'il se préparait à sauter dans l'arène, on s'attendait à plus de substance et quelques gros noms dans son équipe. Pour le moment, sa garde rapprochée n'est même pas formée et son «brain trust» semble beaucoup tourner autour de la firme National.

Enfin, il reste près de cinq mois d'ici les élections de novembre, laissons la chance au coureur. Denis Coderre garde vraisemblablement ses munitions pour la rentrée, question de marquer des points dans l'électorat dans la dernière ligne droite.

Parmi les nouveaux candidats, Marcel Côté, présenté comme la réplique du Québec inc. à Denis Coderre. Voilà qui est largement exagéré.

Il faudrait d'abord s'entendre sur ce qu'est le Québec inc. Et puis, il est faux de prétendre que M. Côté fait l'unanimité au sein de la communauté des affaires de Montréal. L'homme est, dit-on, plutôt abrasif, et il compte de nombreux détracteurs.

M. Côté semble avoir, par ailleurs, de profondes lacunes en charisme et en relations humaines, ce qui est un désavantage certain devant Denis Coderre.

Je me tiens d'ordinaire loin des événements mondains, et encore plus loin de la chronique des gens riches et célèbres, mais quand ça se passe devant moi, je note, comme samedi soir au show de Robert Charlebois, lorsque M. Côté a coupé la longue file d'attente pour entrer dans la salle.

Étourderie de sa part? Peut-être, mais derrière, dans la file, nous étions quelques-uns à ne pas être très impressionnés par cette démonstration de savoir-vivre.

Le plus cocasse, c'est que quelques minutes plus tôt, M. Côté, qui se trouvait tout juste à côté de moi, s'entretenait bruyamment avec un homme (que je connais pas), lui demandant apparemment de se présenter avec son équipe municipale. Quand t'es rendu que tu recrutes dans les files d'attente à la billetterie de la Place des Arts... Si ça continue, les candidats à la mairie vont faire appel à Kijiji!

Pour la petite histoire, le type en question a répondu, tout aussi bruyamment, qu'il n'avait pas l'intention de se présenter pour Marcel Côté, pas plus que pour Denis Coderre, d'ailleurs, qui lui avait, a-t-il dit, déjà fait la même demande.

Parlant de Denis Coderre, je ne l'ai pas vu, mais on m'a dit qu'il était là (le Tout-Montréal était là, de toute façon!) et que, loin de couper la file, il a profité de l'attente pour se faire voir, échanger des poignées de main et parler à tout le monde.

On peut affirmer sans trop se tromper que MM. Côté et Coderre ne connaissent pas grand-chose des subtilités de la politique municipale, mais le second, sans contredit, bat le premier à plate couture dans le domaine des relations publiques.

On doit, en outre, s'interroger sur les motivations de M. Côté, qui avoue ne jamais avoir eu l'ambition de diriger Montréal, ajoutant même qu'il plongera pour former une coalition si on ne trouve personne d'autre. On a déjà vu candidat plus enthousiaste.

Il est toutefois inexact de dire que Marcel Côté n'a aucune expérience en gouvernance publique. Il a maintes fois conseillé des gouvernements ici, et la firme SECOR, qu'il a fondée, remplit, depuis de nombreuses années, des mandats d'élaboration de structures de gouvernement ailleurs dans le monde. Des connaissances en structures, ça peut certainement servir à Montréal.

Le trio de recrues devrait être complet sous peu, avec l'entrée en piste de la jeune avocate Mélanie Joly, une pure inconnue pour l'immense majorité des Montréalais.

Son intérêt pour la politique n'est un secret pour personne dans le milieu. Elle a flirté avec la Coalition avenir Québec et faisait partie du groupe de jeunes consultés par François Legault. Elle s'est par la suite impliquée dans la campagne de Justin Trudeau à la direction du Parti libéral du Canada, organisant au moins un cocktail dans un hôtel du Vieux-Montréal en novembre. Elle aurait songé, dit-on dans les cercles libéraux, à se présenter sous cette bannière, même si on la croyait plutôt souverainiste.

Sa candidature n'est pas encore officielle, mais elle pourrait déjà compter, dans son organisation, sur les services de Marie-Claude Johnson, fille de Pierre Marc Johnson, et de François Leblanc, ex-chef de cabinet de Gilles Duceppe.

Reste les deux autres candidats, ceux qu'on connaît déjà, Louise Harel et Richard Bergeron.

Mme Harel cherche désespérément à forger une alliance, qu'elle pourrait conclure avec Marcel Côté. La politique, on le sait, fait de bien étranges compagnons de route. Mme Harel, souverainiste jusqu'au bout des ongles, avec Marcel Côté, dont l'ADN est fédéraliste.

Quant à Richard Bergeron, ses ambitions, son engagement et son programme sont connus depuis longtemps. Certains le trouvent trop flyé, mais au moins, dans son cas, on sait le qui, le quoi et le pourquoi.

Pour joindre notre chroniqueur: vincent.marissal@lapresse.ca




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