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Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Bernard Drainville.... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Bernard Drainville.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Vincent Marissal
La Presse

Pour une «dame de béton», Pauline Marois se livre à des contorsions étonnantes depuis deux jours pour expliquer et corriger des positions embarrassantes ou controversées.

Il y a eu d'abord, mercredi, un recul sur le projet de loi sur la citoyenneté québécoise, puis, hier, une tentative d'éclaircissement quant au projet de référendum d'initiative populaire, parfois désigné par la funeste abréviation RIP.

Le changement de cap sur le projet de loi sur la citoyenneté (qui prévoyait d'interdire à quiconque ne maîtrise pas suffisamment le français de se présenter aux élections scolaires, municipales et provinciales avant de ne viser que les nouveaux arrivants) est passé relativement vite sur le radar de la campagne, éclipsé par un dossier plus embêtant pour le PQ: les RIP.

Selon l'interprétation qu'en a faite François Legault lors de son duel contre Pauline Marois, mercredi soir, le RIP est une porte ouverte aux radicaux, qui forceront aisément un gouvernement péquiste à tenir un référendum sur l'avenir du Québec. Prise de court, Mme Marois n'a pas su contredire fermement son rival de la CAQ et ancien collègue péquiste, ce qui allait nécessairement créer une controverse.

Deuxième recul en deux jours, donc, la chef du PQ a dû préciser hier que son gouvernement pourrait refuser de tenir un référendum même si 15% de la population en réclamait un par le mécanisme des RIP. Voilà deux jours de campagne bousillés à détricoter des mailles entremêlées, ce qui donne une nette impression d'improvisation au PQ. Ce n'est probablement pas fini, d'ailleurs. Vous pouvez compter sur Jean Charest et François Legault pour taper sur ce clou-là au cours des prochains jours.

Parler de mécanique référendaire, de date, de processus, c'était précisément ce que Pauline Marois voulait éviter lorsqu'elle est devenue chef du Parti québécois, il y a cinq ans. Meilleure chance la prochaine fois.

Cet embrouillamini autour du RIP tombe bien mal pour Pauline Marois en fin de campagne, mais il était prévisible. D'autant plus que la chef du PQ n'a jamais manifesté de grand enthousiasme pour cette idée qui lui a été imposée par une frange de son parti.

Le hasard fait parfois des clins d'oeil coquins. Voici ce que mon confrère Tommy Chouinard écrivait il y a précisément un an aujourd'hui:

«La pression augmente encore sur Pauline Marois. Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, remet en question sa stratégie référendaire et propose 10 changements majeurs pour éviter la débâcle du Parti québécois. Il suggère notamment de laisser à la population le soin de déterminer elle-même le moment où un référendum sur la souveraineté doit avoir lieu. Selon la proposition de M. Drainville, un référendum aurait lieu si 15% des électeurs (876 000 personnes) signaient une pétition en ce sens. C'est ce qu'on appelle un référendum d'initiative populaire, une idée que le parti a toujours rejetée. En la ressuscitant, Bernard Drainville prend le contrepied de la stratégie référendaire de Pauline Marois, adoptée par les membres au congrès d'avril. Cette stratégie prévoit qu'un référendum aura lieu «au moment jugé approprié par le gouvernement».

À contrecoeur, Pauline Marois s'est finalement résignée à voir son parti adopter le principe des RIP, en janvier dernier, une concession qui lui permettait d'«acheter la paix» après des mois de contestation au sein des troupes. Elle avait toutefois prévenu que ce processus devrait être «sérieusement balisé».

Tout le monde avait toutefois compris que les «pressés» avaient gagné et, dès lors, que cela pouvait revenir hanter la chef du PQ. Devant les militants péquistes réunis à Montréal en janvier, le député sortant Bernard Drainville avait fait un vibrant plaidoyer en faveur du RIP, notamment pour la question de l'avenir du Québec, affirmant que les souverainistes «seraient bien fous de s'en passer».

Le même Conseil national du PQ avait adopté une autre proposition controversée (avec l'appui de députés bien en vue, tels Stéphane Bergeron et Yves-François Blanchet): faire passer de 18 à 16 ans l'âge du vote, une mesure dont il n'a pas été question à ce jour dans cette campagne.

La controverse sur les RIP fait d'autant plus mal au PQ qu'elle a été allumée par un ancien membre de la famille, François Legault, qui se dédouane ainsi de son ancien parti en affirmant qu'il est devenu extrémiste.

Il est cocasse, tout de même, à la lumière des derniers événements, de se rappeler que c'est Jean-François Lisée qui avait, à la demande de Lucien Bouchard, recruté François Legault au PQ en 1997. Comme quoi, la vie politique est pleine de surprises.

De mauvaises surprises, à en juger par la réaction hargneuse des péquistes à l'endroit de M. Legault.

Mme Marois lui a reproché lors du duel à TVA d'avoir renié ses convictions, et l'ancien député du PQ dans Berthier, Alexandre Bourdeau, a publié ce tweet, tard mercredi soir, avant de l'effacer de son compte Twitter: «Si tu avais eu du courage, tu nous aurais pas "chier dans les mains" 2x lors des courses à la chefferie du #PQ».

M. Bourdeau, comme plusieurs autres jeunes députés du PQ, souhaitait que François Legault se lance dans la course à la succession de Bernard Landry, en 2005.




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