Pas d'effet Duchesneau pour le moment

Vincent Marissal
La Presse

Avant de parler de chiffres, résumons en trois lignes le dernier sondage CROP-La Presse: le Parti québécois (PQ) est, aux yeux des Québécois, le premier choix pour former le gouvernement, le Parti libéral (PLQ) a le meilleur chef et la Coalition avenir Québec (CAQ) a en main la meilleure carte.

> En graphique: impression des chefs

> En graphique: les intentions de vote

> En graphique: satisfaction envers le gouvernement

Avec un score de 32% (contre 29% pour le PLQ et 21% pour la CAQ), le PQ n'a, à première vue, qu'une légère avance. En regardant du côté du vote francophone, toutefois, on voit que le Parti québécois avait cette semaine une solide avance de 14 points sur son plus proche adversaire, la CAQ. Or, c'est là que se jouent les élections au Québec.

Dans la colonne «MTL, hors île», le 450, autrement dit, l'avance du PQ est aussi très forte (35%, 26% pour la CAQ et 24% pour le PLQ). Idem dans les autres régions.

À Québec, par contre, région où le PQ doit faire des gains pour espérer former un gouvernement majoritaire, les péquistes sont bons troisièmes (PLQ: 33%, probablement en raison de l'effet «Colisée», CAQ: 28% et PQ: 23%). De quoi inquiéter Agnès Maltais, unique députée péquiste de la ville de Québec.

L'avance du PQ dans l'électorat francophone est réconfortante pour Pauline Marois, mais celle-ci doit garder un oeil dans le rétroviseur parce que cette campagne est loin d'être finie. Pour le moment, on ne peut pas parler d'une lutte à trois, mais la CAQ a connu un bon début de campagne (le meilleur de tous les partis), ce qui pourrait s'avérer payant pour François Legault dans les prochaines semaines.

À l'inverse, on a beaucoup moins vu Pauline Marois, éclipsée par l'arrivée spectaculaire de Jacques Duchesneau à la CAQ et par les histoires d'éthique touchant le PLQ.

Une donnée est particulièrement intéressante dans ce sondage CROP: 55% des électeurs disent avoir pris une décision ferme, mais 44% pourraient changer d'idée. Quand on demande à ces électeurs vers quel parti ils iraient alors, c'est la CAQ qui récolte le plus d'appuis. Ainsi, 46% des électeurs qui favorisent actuellement le PQ et 41% qui penchent vers le PLQ pourraient aller vers la CAQ. La meilleure nouvelle pour François Legault serait de voir le PQ et le PLQ reprendre leur vieille querelle sur la tenue d'un éventuel référendum, ce qui pourrait amener de l'eau au moulin de la CAQ. En 2007, l'Action démocratique de Mario Dumont avait profité d'un accrochage Charest-Boisclair sur la souveraineté, le référendum et la partition du territoire québécois.

Il serait toutefois étonnant d'entendre Pauline Marois insister trop lourdement sur ce sujet quand on constate que le Oui est actuellement à 36%.

Normalement, un gouvernement sortant qui traîne un taux d'insatisfaction de 68% et qui ne récolte que 22% d'intentions de vote chez les francophones court tout droit à la défaite, mais on aurait tort de disqualifier l'increvable Jean Charest trop vite.

Visiblement, Jean Charest est plus populaire que son parti. Il reste, aux yeux des électeurs, le meilleur choix au poste de premier ministre et c'est avec lui, plus qu'avec tout autre chef, qu'ils auraient envie de prendre une bière.

Le chef libéral est aussi vu comme le plus apte à s'occuper de l'économie du Québec, terrain de prédilection des libéraux. Sans surprise, ils ont d'ailleurs lancé hier un premier message publicitaire télé sur... l'économie et la création d'emplois. Rien pour révolutionner le genre, mais Jean Charest passe son message.

Pour ce qui est de régler la crise étudiante, toutefois, c'est le PQ de Mme Marois qui est le premier choix des Québécois.

Curieuse, cette relation entre les Québécois et Jean Charest. CROP a sondé le degré de confiance des électeurs envers les chefs et 42% d'entre eux affirment avoir aujourd'hui moins confiance qu'au début de l'année en Jean Charest. Pourtant, c'est encore lui qui ferait le meilleur premier ministre, selon les mêmes électeurs! Cela démontre clairement que les autres chefs n'arrivent pas à se démarquer et qu'ils n'impressionnent pas les électeurs. Mme Marois est visiblement moins populaire que son parti et François Legault, malgré un bon début de campagne, ne décolle pas.

On s'attendait à sentir un «effet Duchesneau» dans ce sondage mené après l'entrée en scène du candidat-vedette. Peut-être est-il trop tôt, mais on ne le voit pas dans les chiffres des intentions de vote pour le moment.

François Legault a toutefois un as dans son jeu. Il mise sur le retour de l'intégrité, qui est la priorité numéro 1 des Québécois, qui voient la CAQ comme le parti le mieux placé pour lutter contre la corruption.

M. Legault ne devrait toutefois pas perdre trop de temps à Montréal, où son parti ne récolte que 14%, derrière Québec solidaire (15%).

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Méthodologie

Un sondage téléphonique probabiliste

La collecte de données téléphonique s'est déroulée du 4 au 8 août 2012. Un total de 1061 entrevues ont été réalisées. Les répondants ont été choisis aléatoirement parmi les personnes de 18 ans et plus résidant dans les ménages sélectionnés, présentes au foyer et aptes à répondre aux questions en français ou en anglais. L'échantillon de ménages a été tiré selon la méthode «probabiliste» parmi les abonnés du téléphone de l'ensemble du Québec. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence ainsi que la langue maternelle. D'un point de vue statistique, un échantillon probabiliste de cette taille (n = 1061) a une marge d'erreur maximale de 3,0 points, 19 fois sur 20. Rappelons que la marge d'erreur augmente lorsque les résultats portent sur des sous-groupes de l'échantillon.




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