À quand l'air en extra dans l'avion?

Chez Wow Air, qui relie Montréal à l'Europe... (PHOTO JOËL SAGET, AGENCE FRANCE-PRESSE)

Agrandir

Chez Wow Air, qui relie Montréal à l'Europe en passant par l'Islande, c'est presque le tiers des revenus (28 %) qui provient des extras facturés aux clients.

PHOTO JOËL SAGET, AGENCE FRANCE-PRESSE

Il y a tellement d'extras aujourd'hui à bord des avions que je ne serais pas surprise de voir un jour les compagnies aériennes facturer pour l'air que les clients respirent durant le vol !

D'accord, j'exagère. Mais avec l'arrivée récente de plusieurs compagnies aériennes à très bas coûts au Canada, la mode des surcharges ne peut que s'accentuer, même chez les plus grands transporteurs qui sont forcés de suivre.

Prenez Level Airline, qui a fait les manchettes cette semaine pour avoir annulé des vols et abandonné des voyageurs à eux-mêmes à l'aéroport de Montréal. Eh bien, ce transporteur au rabais, qui offre des liaisons vers quelques villes européennes, facture même l'eau à bord de l'appareil : 2,50 euros. Faut le faire !

Désormais, certains transporteurs à très bas coûts tirent pratiquement la moitié de leurs revenus des extras imposés aux clients, selon IdeaWorks Company.

Le champion mondial est Spirit, dont 47 % des revenus viennent de surcharges pour les bagages, la réservation de sièges, etc. Chez Wow Air, qui relie Montréal à l'Europe en passant par l'Islande, c'est presque le tiers des revenus (28 %) qui provient des extras.

Pour tout vous dire, les transporteurs aériens à l'échelle planétaire ont récolté 57 milliards US grâce aux services « à la carte » en 2017, soit trois fois plus que six ans plus tôt.

Et les grandes lignes aériennes ne sont pas en reste. Air Canada, notamment, figure dans le top 10 des transporteurs qui engrangent le plus d'argent avec des sources de revenus complémentaires.

Or, ces surcharges font de plus en plus tiquer les consommateurs. D'ailleurs, les élus américains ont étudié la semaine dernière différents projets de loi pour s'attaquer au phénomène. On songe notamment à réglementer l'espace entre les rangées, qui est de plus en plus étroit afin d'installer un maximum de sièges en classe sardines... quitte à demander un extra pour les sièges plus confortables. Mais la dimension des allées, qui a fondu de 35 po auparavant à moins de 30 po dans certains appareils, soulève des craintes quant à la sécurité en cas d'évacuation d'urgence.

Voici un petit éventail des surcharges qui risquent d'alourdir le prix de votre billet d'avion... à moins que vous ne trouviez une façon de les esquiver.

1- Vous êtes un peu vieux jeu ? Certains transporteurs imposent maintenant des frais aux clients qui téléphonent directement au centre de réservation. C'est le cas de Flair Airline, une nouvelle entreprise à très faibles coûts de l'Ouest canadien, qui demande 10,50 $ aux clients qui lui passent un coup de fil pour faire une réservation, un changement ou une annulation.

2- De plus en plus de transporteurs imposent aussi des frais aux voyageurs qui impriment leur carte d'embarquement à l'aéroport. Pensez donc à imprimer votre carte à la maison en faisant votre préenregistrement. Sinon, utilisez un billet numérique sur votre téléphone cellulaire.

3- Pour ceux qui sont pressés d'embarquer dans l'avion, certains transporteurs comme Swoop, toute nouvelle filiale au rabais de WestJet, demandent des frais (jusqu'à 21 $) pour l'embarquement prioritaire. De l'argent trouvé !

4- La réservation des sièges est devenue une vache à lait pour les transporteurs aériens. Si vous désirez plus d'espace, il est possible de payer un extra pour être en face de la sortie de secours ou pour avoir un fauteuil plus spacieux. Mais si l'objectif est simplement d'être assis à côté de vos proches, vous pouvez sélectionner vos sièges gratuitement en procédant au préenregistrement à la maison moins de 24 heures avant le départ. Sachez aussi que la future Charte des voyageurs sur laquelle planche Ottawa devrait forcer les transporteurs à placer les enfants à côté d'un adulte dans l'avion, sans frais.

5- L'époque où les voyageurs pouvaient enregistrer deux valises gratuitement est de l'histoire ancienne. La plupart des transporteurs exigent maintenant des frais pour tous les bagages que vous envoyez dans la soute, du moins pour les vols intérieurs. Il faut aussi payer des extras pour les bagages trop lourds ou trop grands. Et je ne vous parle pas de la planche de surf ou de la bicyclette qui peut coûter 150 $ de plus... par trajet.

Heureusement, certaines cartes de crédit (WestJet RBC World Elite MasterCard, Banque Nationale World Élite) remboursent une partie de ces frais.

6- Certaines compagnies au rabais comme Wow imposent maintenant un extra par-dessus l'extra. Si vous n'avez pas enregistré votre valise en même temps que la réservation du billet, vous payerez encore plus cher pour le faire en ligne un peu plus tard, et encore plus cher pour le faire à l'aéroport.

7- Si vous êtes de ceux qui s'en sortent en voyageant léger, avec une petite valise qui entre dans la cabine, j'ai de mauvaises nouvelles pour vous. Bien des transporteurs au rabais comme Wow, Swoop ou Allegiant vous permettent seulement d'apporter gratuitement un sac à main ou un effet personnel qui se range sous le siège. Pour les bagages que l'on doit placer dans les compartiments supérieurs, il faut sortir sa carte de crédit.

8- Ça y est, vous êtes assis dans l'avion ? Il y a encore des surcharges qui vous guettent ! Si vous avez besoin d'une couverture et d'un oreiller, Level vous en fournira une moyennant 12 euros. Ça vaut la peine d'apporter votre propre oreiller de voyage.

9- N'oubliez pas non plus vos écouteurs, car Level vous demandera 5 euros. Une pratique assez répandue dans l'industrie. Certaines grandes lignes aériennes comme United font même payer pour le système de divertissement (7,99 $US). Autant télécharger vos propres films sur votre iPad avant de partir.

10- Les passagers qui veulent accéder à l'internet du haut du ciel peuvent maintenant le faire sur un grand nombre de lignes aériennes. Par exemple, Air Canada demande 21 $ pour un aller simple pour accéder au service Gogo utilisé par d'autres transporteurs. Les grands voyageurs auront peut-être avantage à prendre un abonnement mensuel à 66 $.

11- Les voyageurs se sont habitués à devoir payer pour leur repas à bord de l'appareil. Mais à 56 $ pour le repas avec Level, il est nettement préférable de se munir d'un sandwich à l'aéroport. Et peut-être d'une barre tendre ou d'un sac de croustilles, car même les collations et les jus sont payants sur certains vols.

12- Et bonne chance si vous devez annuler ou modifier votre itinéraire. La facture s'élève à plus de 100 $ avec la plupart des transporteurs. À l'heure de la technologie, ce n'est pourtant pas si compliqué. D'ailleurs, au Royaume-Uni, les autorités font enquête pour s'assurer que le prix exigé pour ces changements reflète bel et bien la valeur du service.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

La liste:-1:liste; la boite:2525685:box; tpl:html.tpl:file

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer