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C'est l'abbé Gravel qui serait content

Alléluia ! Après avoir végété durant près de 25 ans, Ottawa s'apprête enfin à rendre automatique l'inscription au Supplément de revenu garanti (SRG). Cette mesure devrait apporter environ 660 millions aux aînés les plus vulnérables.

Quelle excellente nouvelle ! C'est l'abbé Gravel, du haut de son nuage, qui doit être content, lui qui avait fait de cette cause son cheval de bataille comme député bloquiste. Et il avait bien raison de prêcher dans ce sens.

Chaque année, des centaines de milliers d'aînés parmi les plus démunis sont privés du SRG auquel ils ont droit parce qu'ils n'en ont pas fait la demande. Ils sont privés d'un chèque représentant jusqu'à 9000 $ par année, non imposable, dont ils ont pourtant grandement besoin pour vivre décemment.

Ottawa le savait depuis au moins 1993. Des comités parlementaires avaient fait le tour de la question en 2001, puis en 2006. Tous deux préconisaient l'inscription automatique comme solution. Mais le gouvernement n'avait pas donné suite. Inconcevable.

Ottawa a justifié son inaction par des obstacles administratifs : réticences à partager l'information entre les ministères, pour des raisons de respect de la vie privée qui ne tenaient pas la route ; difficultés à s'entendre avec les provinces...

Pendant toutes ces années, des personnes âgées sont tombées entre les mailles du filet social, déplore la députée bloquiste de Repentigny, Monique Pauzé qui a repris le flambeau de l'abbé Raymond Gravel.

Puis, coup de théâtre hier. Ottawa a annoncé que les aînés admissibles au SRG n'auront plus à faire de démarche pour toucher leur dû. L'inscription automatique sera en vigueur à partir de 2018, peut-être même avant.

Que s'est-il donc passé pour que le ministre décide d'agir si promptement ?

Cette semaine, on a appris que le problème est encore plus grave qu'on le croyait. Une étude de Statistique Canada commandée par le Bloc québécois a révélé que 19 % des personnes admissibles au SRG ne touchent pas leur dû. À l'échelle du Canada, cela représente 445 000 personnes.

Ce pourcentage est significativement plus élevé que les évaluations précédentes et que les chiffres présentés par le gouvernement qui évalue que 14 % des personnes admissibles au SRG ne reçoivent pas leurs prestations, soit environ 284 000 personnes.

Peu importe le chiffre, ça fait mal au coeur. Très souvent, ces laissés-pour-compte sont des femmes seules, très âgées, qui se débrouillent avec moins que rien, des aînés qui vivent dans la précarité, des personnes analphabètes que la paperasse rebute, des gens qui ont un handicap physique ou mental ne leur permettant pas de remplir des formulaires.

Pour permettre leur inscription automatique au SRG, le Bloc avait l'intention de présenter mardi prochain un amendement au projet de loi sur la mise en oeuvre du budget qui prévoit déjà des améliorations au SRG.

Tel que promis en campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la bonification de 947 $ par année du SRG ainsi que des prestations plus élevées pour les couples séparés pour des raisons hors de leur contrôle.

Soit ! Mais à quoi bon bonifier le programme si une grande partie des gens ne reçoivent pas l'argent du tout ?

Finalement, Ottawa qui mijotait l'inscription automatique depuis déjà plusieurs mois a décidé d'aller de l'avant.

Malheureusement, ce ne sera pas parfait.

D'abord, le versement des montants ne sera pas entièrement rétroactif, comme les groupes de défense des aînés le réclamaient. La rétroactivité restera limitée à 11 mois. C'est tout ce que récupéreront les personnes admissibles qui n'ont pas demandé le SRG durant de longues années.

Et ensuite, les aînés qui ne font pas de déclaration de revenus n'auront toujours droit à rien. Pas de rapport d'impôt, pas de prestations gouvernementales ! C'est terrible, car le programme de la sécurité de la vieillesse du gouvernement fédéral leur offre des montants considérables.

La Pension de la sécurité de la vieillesse rapporte en moyenne 532 $ par mois à 5,5 millions de personnes âgées de 65 ans et plus.

À cela s'ajoute le SRG destiné aux aînés qui ont des revenus inférieurs à environ 17 000 $ (sans compter la PSV) qui représente une prestation mensuelle moyenne 463 $ par personne.

Et il ne faut pas oublier l'Allocation qui est payée aux personnes à faible revenu entre 60 ans et 64 ans. Près de 80 000 aînés proches de la retraite reçoivent un paiement mensuel moyen de 558 $. Or, le tiers des personnes admissibles ne touchent pas leur dû. Encore pire que pour le SRG.

Si vous-même ou l'un de vos proches ne recevez pas tous ces montants, faites la demande tout de suite. Autrement vous risquez de patienter jusqu'en 2018.




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