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Vivement un quatrième fournisseur de cellulaire

Les étés se suivent et se ressemblent dans l'industrie des télécommunications. Comme l'an dernier, les grands fournisseurs fourbissent leurs armes pour lutter contre les règles d'Ottawa visant à favoriser l'émergence d'un quatrième concurrent dans la téléphonie sans fil.

Si Québecor ne cache pas vouloir devenir ce nouveau grand joueur national, l'entreprise fait tout pour qu'Ottawa mette en place les conditions gagnantes.

Les prochains mois s'annoncent très chauds...

Début juillet, Ottawa a annoncé qu'il mettrait aux enchères une tranche du précieux spectre des services sans fil évolués, particulièrement adapté pour offrir des services de vidéo et acheminer des données avec les téléphones intelligents et les tablettes numériques.

Les enchères se tiendront plus vite que prévu, soit en mars prochain. Une fois de plus, les règles dessinées par Ottawa favoriseront les petits joueurs.

Le fédéral réservera 60% du spectre aux joueurs qui ont moins de 10% du marché national et moins de 20% du marché dans une province. Et pour obtenir le spectre dans une province désignée, ces joueurs devront y avoir déjà des activités.

Tout cela laisse donc croire qu'Ottawa veut accélérer la consolidation dans l'industrie du sans-fil et provoquer la naissance d'un quatrième joueur national capable de concurrencer le tout-puissant triumvirat composé de Bell, Telus et Rogers Communications, surnommé RoBellUs par ceux qui dénoncent l'oligopole des télécoms au Canada.

Les spéculations vont déjà bon train quant à l'acquisition de Wind Mobile ou Mobilicity par Québecor.

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À l'approche des élections, les conservateurs aimeraient certainement pouvoir se vanter d'avoir relevé d'un cran la concurrence dans les télécoms et fait fondre les prix du cellulaire, comme ils le promettent aux consommateurs depuis des années.

Déjà en 2008, les conservateurs avaient fouetté la concurrence lors d'une autre ronde d'enchères qui avait vu naître de nouveaux fournisseurs à rabais. Depuis, les prix ont effectivement baissé, même s'ils demeurent généralement plus élevés au Canada qu'ailleurs dans le monde.

Au cours des cinq dernières années, le prix d'un forfait intermédiaire a baissé de 15% et celui d'un forfait pour utilisation élevée a diminué de 27%, nous apprend la plus récente version de l'étude annuelle de Wall Communications remise au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour se tailler une part de marché, les nouveaux venus (Wind, Mobilicity, Public Mobile et Vidéotron) ont des tarifs beaucoup plus alléchants que le trio RoBellUs. L'écart de prix est particulièrement frappant pour les forfaits destinés aux plus grands utilisateurs, lesquels coûtent deux fois moins cher que chez les grands fournisseurs.

Voilà une démonstration claire que la concurrence accrue fait baisser les prix.

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Toutefois, les trois grands fournisseurs dénoncent l'approche d'Ottawa. Injuste, clament-ils. Les règles des enchères devraient être les mêmes pour tout le monde. Ils ajoutent qu'en réservant une majeure partie du spectre à des joueurs émergents, les enchères rapporteront beaucoup moins aux contribuables.

C'est vrai. Mais les économies que réaliseront les consommateurs grâce à l'arrivée d'un quatrième fournisseur de sans-fil - près de un milliard par an - compenseront largement ce manque à gagner, estime le Centre pour la défense de l'intérêt public (PIAC).

N'empêche, Bell et compagnie entonnent le même refrain que l'été dernier lorsque le géant américain Verizon avait annoncé son intention d'offrir des services de sans-fil au Canada en profitant d'une autre ronde d'enchères dont les critères favorisaient l'arrivée de nouveaux concurrents.

Verizon a finalement laissé tomber son «Plan Nord». Mais les enchères ont permis à Vidéotron d'acheter à prix d'ami du spectre couvrant 80% du territoire canadien. Sauf que Québecor ne veut pas se casser les dents comme les nouveaux joueurs qui sont apparus en 2008.

Rappelons que Wind Mobile est à court d'argent, que Mobilicity est au bord de la faillite et que Public Mobile a déjà été gobé par Telus. Dans les années 90, Microcell et Clearnet avaient aussi eu leur chance, mais ils ont vite été avalés par le trio RoBellUs.

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Québecor n'a certainement pas l'intention de répéter l'histoire. Avant d'annoncer ses couleurs, l'entreprise continue donc à mettre de la pression sur Ottawa pour qu'il lui facilite la tâche en modifiant les règles entourant les frais d'itinérance au gros.

Les nouveaux fournisseurs de sans-fil se plaignent que les grands leur imposent des frais déraisonnables lorsqu'ils veulent accéder à leur réseau pour offrir du service sans fil dans des zones où ils n'ont pas de couverture eux-mêmes.

Mais les grands fournisseurs se défendent en disant qu'ils ont investi beaucoup d'argent pour déployer leur réseau et qu'ils ne veulent pas laisser les autres en profiter pour moins que rien.

Le CRTC, qui doit tenir des audiences sur cet enjeu en septembre, vient tout juste de taper sur les doigts de Rogers Communications, après avoir découvert des cas évidents de discrimination injuste de sa part.

Décidément, l'automne sera chargé.




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