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Rénovation: les fleurs (de Québec) et le pot (de Montréal)

Ce printemps, Québec fait une fleur aux propriétaires qui rénovent leur maison. Il s'agit d'un bouquet de deux crédits d'impôt, ÉcoRénov et LogiRénov, qui vaut jusqu'à 12 500 $.

Dimanche dernier, je pensais avoir répondu aux principales interrogations sur ces deux crédits de 20 %. Eh bien, non! Plusieurs lecteurs m'ont envoyé une série d'autres questions. Allons-y en vrac.

Q : « Si je suis propriétaire d'une seule et unique maison, à la campagne, où je passe toutes mes fins de semaine et mes vacances, mais que je loue un appartement en ville où je vis durant la semaine, puis-je demander le crédit pour ma maison à la campagne ? » - Marie-Andrée

R : Avec ÉcoRénov, on peut demander le crédit pour le chalet et la résidence principale. Mais avec LogiRénov, seule la résidence principale est admissible, c'est-à-dire l'endroit où le propriétaire demeure la majorité du temps.

Il ne faut pas confondre le lieu principal de résidence avec la notion de résidence principale utilisée pour l'exemption d'impôt sur le gain en capital à de la vente, précise Revenu Québec. Dans le cas présent, étant donné que le particulier passe deux fois plus de temps à son logement qu'à son chalet, ce dernier ne peut pas être considéré comme son lieu principal de résidence. Désolée, pas de crédit !

Q : « Je prévois confier à un entrepreneur la rénovation de ma salle de bains. Si j'achète moi-même les équipements (p. ex. : bain, douche), mes dépenses seront-elles admissibles ? » -Gilles

R : Oui. Vous pouvez acheter vous-même les matériaux chez un commerçant, assure le fisc. Mais il faut absolument que ces matériaux soient utilisés pour la réalisation de travaux confiés à un entrepreneur qualifié.

Q : « Comme j'habite l'Outaouais, je me demande si je dois acheter les matériaux au Québec ou si je peux les acheter chez un détaillant d'Ottawa. Faut-il faire affaire avec un entrepreneur du Québec ? » - Marc

R : L'objectif des crédits est de relancer l'économie et de lutter contre le travail au noir au Québec. Donc, il faut acheter les matériaux auprès d'un détaillant inscrit à la taxe de vente du Québec (TVQ) et confier les travaux à un entrepreneur québécois qui dispose de toutes les licences requises.

Q : « Avec ÉconoRénov, pourrions-nous additionner les dépenses sur nos deux propriétés pour obtenir les crédits ? P. ex. : toiture sur la maison principale ET fenêtres au chalet ? Le seuil de dépenses non admissibles s'applique-t-il à chaque propriété ? » - Diane

R : Le programme ÉcoRénov permet à un particulier de réaliser des travaux sur plusieurs propriétés, mais le seuil de dépenses non admissibles (2500 $) s'applique à chaque résidence.

Q : « J'aimerais savoir si le crédit LogiRénov s'applique pour faire peindre les pièces de la maison et le sablage des planchers de bois franc. » - Michel

R : Oui. La remise en état des planchers (sablage et vernissage) et la modification du revêtement des murs intérieurs et des plafonds (peinture, pose de papier peint, murs de pierre ou de brique, etc.) figurent sur la longue liste des travaux admissibles.

Pour en savoir plus sur les crédits, consultez le site web de Revenu Québec :

https://www.revenuquebec.ca/fr/citoyen/credits/logirenov/default.aspx

https://www.revenuquebec.ca/fr/citoyen/credits/ecorenov/default.aspx

Pour relire ma chronique sur les deux crédits :

https://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/stephanie-grammond/201405/06/01-4764085-les-petites-colles-des-credits-a-la-renovation.php

... et le pot

Parlons maintenant du pot, c'est-à-dire du coût faramineux des permis de rénovation à Montréal.

Un exemple : si vous souhaitez agrandir votre maison en y investissant 300 000 $, vous devrez faire un chèque de 2670 $ puisque le permis coûte 8,90 $ par tranche de 1000 $ de travaux. C'est 10 fois plus que dans certaines banlieues, comme je le déplorais dans une chronique à la mi-avril.

Mais ce n'est que la pointe de l'iceberg. Vous avez été nombreux à dénoncer tous les autres frais exigés par les arrondissements.

« Je suis en train de rénover mon sous-sol. Grâce à Dieu, je n'ai pas besoin de permis pour ce genre de travaux. Mais l'arrondissement du Plateau m'a demandé 637,54 $ pour permettre à une bétonnière de se stationner devant chez moi pendant trois heures pour couler une dalle de béton », s'indigne un citoyen de la rue de l'Esplanade.

Le Plateau-Mont-Royal est particulièrement gourmand. Depuis 2013, l'arrondissement impose même des frais d'aménagement de parc équivalant à 10 % de la valeur du terrain aux propriétaires qui démolissent une partie significative de leur maison.

Les frais s'appliquent aussi aux propriétaires qui veulent convertir une copropriété indivise en divise, une façon pour l'arrondissement de lutter contre l'érosion du parc locatif.

Mais ces changements ont suscité la grogne. « Aussitôt qu'un propriétaire envisage des travaux d'un peu plus grande envergure, ça peut rapidement tomber dans la catégorie des démolitions », dit Renée Mailhot, architecte au cabinet La Shed Architecture.

La facture peut alors s'élever à 25 000 $ puisque les terrains valent facilement 250 000 $ sur le Plateau. À cela s'ajoutent des frais pour le permis de démolition (2000 $) et de publication (518 $) et tous les autres frais de permis de rénovation. Carrément dissuasif !

« Il y a des frais partout ! Ça décourage les gens de construire à Montréal », m'a confié un directeur de projet qui bâtit une maison dans le Sud-Ouest. Outre le permis de construction (2200 $), il a versé des frais pour un permis d'abattage d'arbre (50 $) et d'occupation de la voie publique (1500 $).

C'est sans compter la facture pour le raccordement de l'eau et des égouts (2100 $) et la réfection du trottoir (au moins 10 000 $). Dans ce cas-ci, il ne s'agit pas de permis, mais bien de travaux exécutés par la Ville. N'empêche, ce sont des coûts supplémentaires quand on fait des travaux à Montréal.

Je comprends que les arrondissements doivent faire respecter les règles d'urbanisme pour assurer le respect du patrimoine architectural. Mais il ne faut pas exagérer non plus. Les familles économisent beaucoup pour faire des rénovations qui embelliront le quartier. En leur mettant des bâtons dans les roues inutilement, on les incite à plier bagage pour la banlieue.




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