À moins de faire du pouce pour monter sur le traîneau du père Noël, voyager durant le temps des Fêtes risque de vous coûter très cher.

Publié le 11 déc. 2013
Stéphanie Grammond LA PRESSE

Le prix des billets d'avion s'est envolé dernièrement, comme l'a constaté Marc qui veut se rendre à Paris pour Noël. Il n'y a plus rien à moins de 2000 $.

Sur le site web d'Air Transat, le billet est actuellement affiché à 2072 $ (départ 20 décembre, retour 5 janvier) alors qu'il était possible de réserver pour 1500 $ il y a quelques semaines. Mais il y a plus. Air Canada exige près de 2400 $. Air France et Lufthansa sont au-dessus de 3000 $.

«J'imagine que la chose est légale, mais c'est quand même incroyablement abusif. Par curiosité, y a-t-il une limite à l'escalade de prix que peut pratiquer une compagnie aérienne sur le même produit?», me demande le voyageur qui rêve à l'arrivée d'un transporteur transatlantique au rabais.

Malheureusement, non. «La Loi de la protection du consommateur ne peut pas intervenir dans la fixation du prix, mais seulement dans le respect du prix», explique Jean Jacques Préaux, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur (OPC).

Notamment, les grossistes sont tenus de respecter les prix indiqués dans leur brochure, 60 jours après sa publication. Pas le droit de demander plus cher durant cette période. Mais ensuite, les prix peuvent grimper... jusqu'au ciel.

C'est la loi de l'offre et de la demande qui s'applique. En fait, c'est la loi de la demande, tout court.

«Le nombre de sièges dans un appareil ne change pas. En période de pointe, plus on se rapproche de la date de départ, plus la demande est forte. C'est ce qui fait fluctuer les prix», justifie la porte-parole d'Air Transat, Debbie Cabana.

Comme Paris est devenu une destination très prisée à Noël, le prix des billets d'avion s'emballe. Pour le commun des mortels, ça devient prohibitif. N'empêche, il y a quelques trucs pour voyager durant le temps des Fêtes sans se ruiner.

Réservez tôt

Pour les périodes de pointe, le secret est de s'y prendre d'avance. Par exemple, vous n'aurez aucun mal à trouver un billet à 1500 $ Montréal-Paris pour passer les Fêtes à Paris... en 2014-2015. Les billets sont déjà en vente !

Profitez des promos

Les voyagistes offrent souvent des promotions pour ceux qui réservent tôt. En réservant avant la fin du mois de septembre un forfait dans le Sud pour l'hiver, par exemple, on obtiendra un rabais ou un surclassement gratuit.

Prix garantis

Plusieurs transporteurs et agences de voyages vous rembourseront si le prix baisse après votre réservation. Chez Voyage à Rabais, le client peut même s'inscrire à un service de veille qui l'alertera d'une baisse de prix. Il ne restera plus qu'à demander à l'agence de combler l'écart. « On le fait plusieurs fois par semaine », assure la présidente Sylvie Myre.

Jouer avec les dates

Par exemple, en partant deux jours plus tard pour Paris, soit le 22 décembre au lieu du 20, le prix baisse de plus de 300 $, à 1742 $. Et en rentrant un peu plus tard, soit le 10 janvier au lieu du 5, le prix baisse d'une autre tranche de 300 $, à 1372 $. Et les voyageurs qui sont prêts à partir juste après Noël peuvent même dénicher un billet à moins de 1000 $ (du 28 décembre au 12 janvier, par exemple).

Faites un détour

Changez d'aéroport, quitte à prendre le train, l'auto ou un vol intérieur. Pour vous rendre à Miami, il en coûte presque deux fois moins cher de partir de Burlington (750 $) que de Montréal (1285 $).

Fonds d'indemnisation cherche voyageurs lésés

Tandis qu'on parle de voyage, je vous glisse quelques mots sur le Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages qui a sérieusement besoin de publicité. Créé en 2004, ce mécanisme de protection reste trop peu connu.

«On paie la prime chaque fois qu'on achète un voyage, mais on n'entend jamais parler de la valeur du fonds ni des remboursements qu'il fait. Qu'en est-il?», me demande Pierre.

Voici le topo. Le fonds se porte bien. La caisse est si bien garnie que les primes ont été considérablement réduites l'an dernier.

La prime, qui s'élevait à 3,50 $ par tranche de 1000 $, n'est plus que de 2 $ par 1000 $ depuis avril 2012. Lorsque le fonds dépassera 100 millions, elle diminuera à 1 $, ce qui pourrait survenir assez vite, car le fonds contenait 95 millions, au 31 mars dernier.

Or, beaucoup de voyageurs s'imaginent que cette prime est une taxe, ce qui est totalement faux. Ils ne réalisent pas que cet argent est là pour eux.

En effet, le fonds vous permet d'obtenir un remboursement si vous ne recevez pas les services que vous avez payés, notamment en raison de la fermeture de l'agence de voyages, de la faillite du transporteur ou de l'annulation du service dans un cas de force majeure.

Lorsqu'un voyage tourne au vinaigre, les voyageurs n'ont pas le réflexe de réclamer au Fonds. Pour obtenir un remboursement, ils s'adressent plutôt à l'agence de voyages, au fournisseur de service, à l'assureur, à l'émetteur de leur carte de crédit...

En une décennie, le Fonds a versé seulement 5,5 millions en réclamation. Cela démontre que le fonds a un problème de notoriété. Alors, si vous avez des problèmes...

Pour obtenir plus de détails sur le Fonds: https://www.opc.gouv.qc.ca/consommateur/bien-service/voyage/voyage/service-non-disponible/fonds-indemnisation/