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Desjardins plus populaire que les Stones

(Montréal) Comme les groupies qui vont dormir devant le Centre Bell pour obtenir les billets du spectacle de leur idole, les investisseurs qui veulent avoir des actions de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) doivent se lever de bonne heure!

Cette année, Desjardins a écoulé les 150 millions de dollars d'actions de CRCD en moins de six heures. C'est un peu moins vite que Madonna et Paul McCartney qui ont déjà rempli le Centre Bell en une demi-heure. Mais c'est plus rapide que les Rolling Stones qui ont encore des billets à offrir (à environ 500 $ !) une semaine après la mise en vente de leur spectacle du 9 juin prochain.

Comme disait Nanette Workman dans une publicité de Desjardins : « Investir, ces temps-ci, c'est rock'n'roll ». L'ancienne choriste des Stones avait bien raison !

Reste que beaucoup de clients sont déçus de ne pas avoir pu investir dans CRCD, qui donne droit à un généreux crédit d'impôt de 50 %. Plusieurs avaient fait la file devant leur caisse populaire, pour être les premiers à l'ouverture le 15 avril dernier. Chaque caisse a droit à un certain pourcentage des actions. Ensuite, c'est premier arrivé, premier servi.

« C'est très discriminatoire envers les travailleurs », dénonce une cliente de Valleyfield qui n'avait pas été avisée de cette nouvelle procédure. Elle achète des actions de CRCD depuis le lancement en 2001. Cette année, elle avait fait une demande de souscription. Mais elle n'a rien eu, tandis que son mari a obtenu les actions demandées.

Comment expliquer cette soudaine popularité de CRCD ? L'an dernier, les actions se sont envolées en cinq jours. Mais les années précédentes, il fallait quatre à six mois pour vendre toute l'émission.

Pas besoin de chercher l'explication trop loin. Pendant dix ans, l'action de CRCD a fait du sur-place, vivotant autour de 10 $. Mais depuis 2011, la performance est plus réjouissante. Les investisseurs ont réalisé un rendement annuel composé de 5,6 % depuis trois ans (3 % sur 5 ans, 1,5 % sur sept ans).

À cela, il faut ajouter le crédit d'impôt. Pour stimuler les coopératives et favoriser l'investissement dans les entreprises régionales, le gouvernement du Québec accorde un crédit de 50 % du montant investi dans CRCD jusqu'à concurrence de 2 500 $ pour un investissement maximal de 5 000 $ par année.

Toutefois, les investisseurs doivent conserver leur placement durant au moins sept ans. Même si on étale la valeur du crédit d'impôt sur cette période, le cadeau fiscal équivaut à un rendement annuel composé de 10 % par année. Dur à battre !

Même les fonds de travailleurs n'en donnent pas autant. Présentement, le Fonds de solidarité FTQ procure des crédits combinés de 30 % (15 % Ottawa, 15 % Québec) tandis que Fondaction de la CSN donne droit à un crédit de 40 % (15 % Ottawa, 25 % Québec pour une durée limitée).

Les investisseurs doivent conserver leurs placements jusqu'à la retraite. Cela fait en sorte que l'avantage fiscal est moins important pour un jeune qui restera sur le marché du travail encore longtemps. Mais pour un travailleur qui prendra sa retraite dans sept ans, par exemple, le crédit d'impôt équivaut à un rendement de 5 % avec la FTQ et de 7,5 % à la CSN.

Très alléchant, surtout que la cotisation à un fonds de travailleurs permet aussi d'obtenir une déduction REER, ce qui n'est pas le cas de CRCD.

Profitez-en maintenant, car Ottawa vient d'annoncer le retrait graduel du crédit fédéral de 15 % dont bénéficient les fonds de travailleurs. Et le gouvernement Marois n'a pas l'intention de prendre le relais en rehaussant son propre crédit.

Par contre, le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, a déclaré cette semaine qu'il songeait à rehausser le plafond de capitalisation de CRCD. Avec un peu de chance, les investisseurs n'auront pas à aller camper devant leur caisse pop l'année prochaine !

Autrement, les investisseurs peuvent se tourner vers le Régime Épargne-action. Le REA II offre une déduction fiscale qui permet par exemple à un haut salarié de récupérer 1 290 $ sur un placement de 5 000 $. L'investisseur est tenu de conserver son investissement seulement deux ans. Après quoi, il peut retirer l'argent et le réinvestir pour obtenir le cadeau fiscal à nouveau.

Le REA II est particulièrement intéressant pour des contribuables à revenus élevés qui ont déjà maximisé leur REER.

Avis aux intéressés : la semaine dernière, la firme Cote 100 a rouvert son Fonds Cote 100 REA II pour de nouvelles cotisations jusqu'à concurrence de deux millions de dollars. Le fonds, qui avait connu une année de misère en 2008, a réussi à se redresser et il a livré un rendement annuel composé de 7,5 % depuis trois ans.

De son côté, Fiera Capital pilote le Fonds d'investissement REA II. La firme vient de terminer une émission, mais elle ouvre généralement sa porte aux nouveaux investisseurs deux fois par année.




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