Pauline Marois, la dame de béton

Pauline Marois ne bouge pas. Contre vents et marées, contre démissionnaires et conspirateurs, contre accusateurs et blagueurs, Pauline Marois est toujours là.

En mai dernier, on était certain qu'elle ne passerait pas l'été. L'été est passé, Pauline est restée. L'automne dernier, on était certain qu'elle ne passerait pas les Fêtes. Les Fêtes sont passées, Pauline est restée.

On devrait lui ériger une statue pour autant d'opiniâtreté. Mais peut-être en est-elle déjà une?

Pauline Marois est la dame de béton.

Plusieurs la trouvent inconsciente. Déconnectée, pathétique. Pourquoi ne se rend-elle pas à l'évidence? Un sondage a révélé, noir sur blanc qu'avec Marois comme capitaine, le navire péquiste heurterait un immense rocher aux prochaines élections, tandis qu'avec Duceppe aux commandes, la croisière s'amuserait enfin.

Cela aurait dû être l'argument massue. Tasse-toi, Pauline, la cause de la souveraineté est en péril, mon oncle Gilles va venir nous sauver. Ça n'a même pas fonctionné. Marois a sorti son meilleur anglais: fuck les sondages, fuck uncle Gilles, I'm staying!

Elle ne l'a pas exprimé comme ça, mais elle l'a sûrement pensé.

Pauline Marois a assez de couteaux dans le dos pour recevoir à dîner le Québec au complet. Au lieu d'avoir sa peau, ces couteaux agissent sur elle comme un traitement d'acupuncture. Au lieu de l'achever, ils la guérissent. Ils la régénèrent. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, disait monsieur Nietzsche ou monsieur Pierre Gauthier.

Une personne qui se tient debout, après autant de trahisons, ne peut que susciter l'admiration.

Son refus de partir est en train de lui façonner une nouvelle personnalité politique. Pauline, la résistante. Pauline, la battante.

Celle qui était toujours un peu trop pincée, un peu trop au-dessus de ses affaires, celle qui semblait s'occuper de ses ministères comme on s'occupe de ses bonnes oeuvres, sans se salir les mains, ni le carré de soie, est en pleine mutation d'identité. Cette femme huppée est pour la première fois de sa vie, dans la m... Dans la grosse m... Et au grand étonnement de tous, elle y reste. Elle s'y enfonce jusqu'aux yeux et ne demande pas à en sortir pour retourner cultiver les roses de son manoir.

Au contraire, elle s'y engouffre encore plus.

Cette attitude de femme qui est capable d'en prendre est en train de créer un lien entre la chef du PQ et le vrai monde. On peut enfin s'identifier à elle. Elle a de la misère comme nous. Elle mange son pain noir, comme nous. Pauline Marois n'est plus une bourgeoise de la politique, c'est une lutteuse dans la boue. Il est mieux d'être fait fort, celui qui va la sortir de l'arène de bouette. Pauline est bien ancrée.

Au début, on la croyait folle de s'accrocher, mais plus le temps passe, plus on la trouve forte. Les folles ont toujours raison.

Ce que les gens aiment plus que tout, ce ne sont pas les gagnants, ce sont ceux qui ne lâchent pas. Dans Rocky I, Balboa mange une volée. Mais après chaque round, il retourne au combat. Il se ne rend pas. Il n'abandonne pas. Jamais. Et même si, à la fin, Apollo Creed a les bras dans les airs, c'est pour Rocky que la musique joue. C'est Rocky, le champion.

Pauline Marois, en restant dans le ring, en encaissant directs et crochets, est en train de devenir la Rocky de la souveraineté.

En ces temps où routes, tunnels, échangeurs et ponts s'écroulent, un leader qui représente la solidité ne peut qu'attirer la sympathie des gens.

J'ai comme l'impression que Pauline a touché le fond et qu'elle ne peut désormais que remonter. On sera peut-être surpris de voir jusqu'où elle ira.

Être son organisateur politique, pour l'ouverture du prochain congrès du PQ, j'inviterais Marjo à venir chanter J'lâche pas! Pauline la rejoindrait pour le dernier refrain:

J'lâche pas

J'attends pas d'crever

J'lâche pas

Moé j'sais où j'm'en vas

C'est tout le Québec qui s'accroche, qui résiste et qui survit que Pauline Marois peut incarner.

Encore faut-il que ses militants le comprennent...

L'exemple du Canadien devrait les convaincre, en changeant le coach, on ne change pas grand-chose.




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