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Le beau parcours de François Ratier

François Ratier, entraîneur-chef de l'équipe féminine canadienne de... (Photo fournie par Rugby Canada)

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François Ratier, entraîneur-chef de l'équipe féminine canadienne de rugby, a conduit sa formation à la finale de la Coupe du monde contre l'Angleterre.

Photo fournie par Rugby Canada

Ronald King
La Presse

Lorsque Magali Harvey a fini de répondre aux questions, la majorité des participants à la téléconférence sont partis. Il restait, en direct de sa France natale, François Ratier, l'entraîneur de l'équipe canadienne de rugby féminin qui a atteint la finale de la Coupe du monde. Et son parcours est intéressant...

Vous pouvez lui parler au bar L'Barouf de la rue Saint-Denis, un rendez-vous de gens de rugby. Lorsque Magali est apparue sur la Toile, défonçant la défense française, j'ai réalisé que Ratier, ce maniaque qui est venu de France pour nous faire connaître le rugby, était sur les lignes de côté.

Il a traversé l'Atlantique pour vivre de sa passion. Il a vite été embauché à la Fédération québécoise, et on peut dire qu'il a réussi son pari.

Comment réagissent les Français, favoris de la Coupe, quand l'un des leurs vient les éliminer avec une équipe étrangère?

«Le monde du rugby est petit. Nous nous connaissons tous. Après la déception et la surprise, ils sont passés à autre chose. C'est dans la culture du rugby. On demeure tous des amis après le match, quel que soit le résultat.»

D'où la jolie devise: Parfois vainqueurs, toujours amis...

«Mais, franchement, j'aurais préféré affronter la France en finale...»

Quel est l'avenir de l'équipe canadienne féminine après cette finale?

«Tout va dépendre du financement. Nous avions la chance d'avoir un groupe de filles prêtes à sacrifier leur temps, leur carrière, leurs études... À chaque déplacement pour un tournoi international, elles payent 2000 $ de leur poche. Avec cinq tournois, ça fait 10 000 $.

«Six de nos filles ont été élues dans l'équipe d'étoiles de la Coupe du monde. Mais aurons-nous une autre génération comme celle-là dans quatre ans? Ce n'est pas certain. Les équipes que nous affrontons, comme l'Angleterre et la France, sont financées en entier par l'État.»

Et l'avenir de François Ratier comme entraîneur?

«Je n'en sais rien. J'ai pris l'équipe en mains il y a 12 mois. J'ai vu que nous avions le potentiel d'être parmi les meilleures au monde.

«Mon contrat a pris fin dimanche dernier. J'ai un travail à temps plein à la Fédération. Dépister, former, organiser... Je dois rencontrer mon patron.»

Quant aux habitués du bar L'Barouf... «Je reviens à Montréal le 24, je devrais passer le 25...»

Magali

Magali Harvey l'a dit plusieurs fois: «Je ne suis pas là pour gagner de l'argent. Je suis là pour la passion, pour jouer au plus haut niveau et aller aux Jeux olympiques...» (Le rugby à sept fera son retour aux prochains Jeux d'été.)

«Je joue aussi au rugby à sept. Il y a beaucoup d'espace pour courir. Mais mon coeur est dans le rugby à 15, à cause du jeu collectif.

«Beaucoup de gens m'ont vue réussir un essai de 80 mètres, mais la plupart ne savent pas que c'est grâce au travail de tout le groupe.

«Tant mieux si ça fait connaître notre sport. D'autres femmes vont vouloir jouer. J'aimerais mettre fin au stéréotype qui veut que le rugby soit un sport pour un certain type de femme.

«J'ai commencé à jouer au secondaire à l'école Saint-Patrick, à Québec. C'était obligatoire, avec le soccer. Au début, ça me faisait peur, j'avoue.

«Je ne m'attendais pas à autant d'attention après la Coupe du monde. Mais je suis un peu déçue. Je pensais vraiment que nous pouvions gagner en finale.»

Et cette course, justement, contre la France en demi-finale?

«On est parties de notre ligne de cinq. J'ai confiance en ma vitesse et mes coéquipières ont confiance en ma vitesse. Elles m'ont apporté le ballon et je n'ai pas pensé à grand-chose. Je me souviens d'avoir regardé derrière moi et une des filles m'a crié: «Go! Just go!» »

Moi aussi, dans mon salon, je criais: Go, Magali!

Collectif ou rien...

Notre ami Robert Sirois fait du bon travail à la tête de sa Fondation Équipe-Québec. Il a envoyé une équipe de soccer, dirigée par Patrice Leduc, à un tournoi à Marseille pour nations non reconnues par la FIFA (la Catalogne, la Provence, des provinces de l'Inde...), et il travaille à mettre sur pied des compétitions d'athlétisme et d'autres sports où le Québec présenterait sa propre équipe.

Un projet noble et légitime qui n'est pas facile à vendre à des commanditaires.

Je ne suis pas d'accord, par contre, avec le communiqué de félicitations envoyé par la Fédération Équipe-Québec «aux sept Québécoises de l'équipe canadienne»...

En tant qu'ancien hockeyeur de la LNH, tu sais très bien, Bob, qu'un joueur n'est rien sans ses coéquipiers. Qu'une équipe de sport transcende la politique, et que c'est très bien ainsi.

Magali Harvey et ses coéquipières ont d'ailleurs déclaré et répété que leur force, c'était leur esprit de groupe.

Bravo pour ton travail, mais là, je n'embarque pas dans ta démarche, mon vieux copain.




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