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Les ont-tu pognés?

Pierre Foglia
La Presse

On n'est pas fait pareil, vous et moi. Prenez cette histoire d'évasion par hélicoptère. Vous apprenez avec effarement qu'on venait de baisser la cote de sécurité des trois détenus envolés, et me voilà tout aussi effaré que vous, sauf que moi, c'est d'apprendre l'existence même de ces cotes de sécurité. S5, celle attribuée aux trois détenus à leur arrivée à Orsainville, au début mars, signifiait qu'ils ne pouvaient pas quitter leur cellule sans être menottés aux mains et aux chevilles avec une chaîne de relais entre les deux et des blocs de sûreté.

Vous ne trouvez pas ça beaucoup? Je comprends que ce sont des criminels, mais les enchaîner, vraiment? Pour aller marcher dans la cour? Souhaiteriez-vous aussi qu'ils traînent le boulet des anciens bagnards? N'a-t-on pas trois sortes de prisons? Je comprenais que les plus dangereux allaient dans les établissements à sécurité maximum ou moyenne, où les murs étaient plus hauts, les barreaux plus solides, les gardes plus nombreux.

Les hélicoptères se moquent de la hauteur des murs, mais n'en faites pas non plus une maladie. C'est arrivé deux fois au Québec en mille ans. On connaît même la solution: il suffirait de planter des arbres dans la cour des prisons. Installer des câbles, dites-vous? Voyez, encore là, je dis des arbres, vous dites des câbles. Me semble qu'ils seraient plus à l'ombre avec des arbres.

En attendant, on a décrété que les cours des prisons seraient des «no fly zone». J'imagine la déception ce matin de tous ceux-là qui pensaient s'évader par les airs. Zut! L'hélicoptère ne pourra pas survoler la cour, c'est une «non fly zone». Une petite batterie antiaérienne sur le toit, avec ça?

Et à Québec, les ministres qui s'engueulent comme des chiffonniers. L'actuelle ministre de la Sécurité reproche au péquiste qui l'a précédée de ne pas avoir fait la job de câbles après l'évasion de Saint-Jérôme. C'est ce qu'on appelle, je crois, de la petite politique. Faut dire que le péquiste en question fait de la plus petite politique encore en harassant la ministre de questions auxquelles elle ne peut pas répondre sans nuire à l'enquête. Celle-ci surtout:

Pourquoi un gestionnaire de la prison a-t-il recommandé qu'on abaisse la cote de sécurité de ces détenus que l'on soupçonnait de préparer leur évasion?

Supposons que ce gestionnaire ait été menacé, ça s'est déjà vu, rappelez-vous Mom Boucher. Alors il est au coeur de l'enquête et la ministre ne peut pas en parler.

En attendant, les trois lascars courent toujours. On les retrouvera, c'est sûr, mais peut-être pas demain, ni la semaine prochaine. M'étonnerait qu'ils soient dans le bois comme le dit la police, sûrement à dessein. M'étonnerait qu'ils aient fait tout ça pour aller se terrer une semaine ou deux dans un chalet de chasse ou de pêche. Des autos les attendaient, ils se seront séparés, ils ont quitté le Québec, sont à Vancouver, à Halifax, sont au Luxembourg. On est dans un film. Toutes les évasions sont des films. Combien de fois avez-vous vu Shawshank Redemption, avec Tim Robbins et Morgan Freeman? Moi, 117 fois. Quand je suis arrivé de mon tour de vélo, ma fiancée écoutait le Téléjournal:

Pis? Les ont-tu pognés?

Oui, m'a dit ma fiancée, ils les ont pognés.

Hon!

Ben non, c'est pas vrai, elle a dit.

Ah!

***

RENCONTRE - Une petite baquaise, la mi-trentaine sur un Devinci en alu monté Shimano chipette sur une route de campagne déserte, elle me dépasse, ça a l'air d'une histoire de vélo, c'est une histoire de fille qui se raconte qu'on la drague. Alors que pas du tout. J'aurai bientôt 74 ans, ça doit faire 40 ans que je ne drague plus personne, et même avant, vous avez vu la tête que j'ai?

Elle me dépasse, donc. Elle roule juste ce qu'il me faut, et je me dis tiens, je pourrais faire un bout avec. Je la rejoins. Madame, madame, vous permettez que je reste derrière vous? Les cyclistes me comprendront, l'idée était de me caler dans sa roue arrière

Je la rassure: n'ayez pas peur, je ne vous embêterai pas jusqu'à Farnham, au prochain village, à l'église, y'a une table de pique-nique, j'arrêterai là. Sauf qu'au village en question (Saint-Ignace), il n'y a pas de table de pique-pique, ils ne l'ont pas encore installée comme les autres étés. Alors, j'ai continué. Ça l'a sans doute contrariée. Je me retourne, elle était loin derrière. Exprès.

Quelques kilomètres plus loin, je n'y pensais plus, un peu quand même, je pensais à l'immodestie de celles-là qui s'imaginent qu'un inconnu qui les interpelle en veut forcément à leur vertu.

Une petite baquaise sur un Devinci en alu monté Shimano chipette? Mais non, madame. Pour vous dire, même pas une grande rousse sur un vélo vert avec un panier en avant avec des fruits dedans.

Un abricot, grand-papa?

Niaisez-moi, vous, là.

DÉFINITION - Je me fâche presque tous les samedis contre La grille des mordusde mon journal, jurant chaque fois qu'on ne me reprendra plus à perdre mon temps avec des définitions aussi débiles, mais bien sûr, je repique au truc le samedi suivant. Ainsi, dans la grille de samedi dernier, six lettres: homme qui ne recherche pas les hommes. Ça finit par un «o».

Hétéro? Trop facile. Ce n'était pas, non plus, gigolo. Je vous le donne en mille: gynéco! C'est nul. Comment ça, «homme qui ne recherche pas les hommes» ? Il doit bien y avoir des gynécos gais.




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