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Juste cinq minutes

Ryder Hesjedal lors de sa victoire au Tour... (Photo Luk Benies, archives AFP)

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Ryder Hesjedal lors de sa victoire au Tour d'Italie en 2012.

Photo Luk Benies, archives AFP

Pierre Foglia
La Presse

C'est ça! m'a lancé hier après-midi un collègue qui venait, comme moi, de lire sur le net que Hesjedal reconnaissait s'être dopé il y a dix ans. C'est ça! Il se dopait quand il ne gagnait pas, puis il a arrêté de se doper et il s'est mis à gagner!

C'est amusant même si ce n'est pas tout à fait vrai. En 2003, à l'époque où il reconnaît s'être dopé, Hesjedal était un des meilleurs coureurs de vélo de montagne au monde. Il a été, notamment, vice-champion du monde.

Hesjedal est arrivé à la route en 2004, a couru deux ans avec Lance Armstrong, puis il est passé chez les Suisses de Phonak avec... Floyd Landis. Être cynique, Dieu m'en garde, être cynique, je vous dirais que c'est quand même un peu dommage qu'il ait déjà arrêté de se doper à ce moment-là, il venait de se faire donner un cours d'initiation à l'EPO par un vrai nono - le Danois Michael Rasmussen -, voilà qu'il tombe sur deux pros de la chose. Trop tard, les boys, j'en prends plus. J'imagine la tête d'Armstrong: T'es sûr t'en veux pas un peu?

Je viens de te le dire, Lance, t'es sourd? J'en prends plus.

En 2008, Hesjedal rejoint Garmin avec qui il est toujours, Garmin qui lave plus blanc, qui a déjà refait une virginité à Zabriskie, Millar, Vande Velde, Danielson et au grand boss, Jonathan Vaughters, pour dire que Hesjedal sera en bonne compagnie. Avec Garmin, Hesjedal va collectionner les places d'honneur, que ce soit dans les classiques ou les grands tours, une étape du Tour d'Espagne, 2e de l'Amstel, 6e du Tour de France 2010, pour finalement gagner le Tour d'Italie en 2012.

On n'en a rien su - pourquoi on nous le dirait? ça ne regarde personne - , on n'en a rien su, mais il y a un an, Hesjedal a avoué s'être dopé lorsqu'il a été contacté par l'Agence américaine antidopage (USADA). Un coup parti, il s'est ouvert aussi de sa faute au Centre canadien pour l'éthique dans le sport.

Il a fait hier des excuses bien senties à ses fans, à ses amis, à sa famille, à ses coéquipiers, à ses commanditaires, même aux journalistes, à la planète cycliste entière qui s'est dépêchée de le citer en exemple. Même le terrible président de la USADA, Travis Tygart, en pleurait presque de reconnaissance: «Des athlètes comme Ryder Hesjedal, complètement coopératifs, complètement transparents dans leur témoignage et qui assument leurs responsabilités sans rechigner, sont la plus belle promesse d'un avenir meilleur pour le cyclisme.»

Tadam.

On sait, je vous l'ai dit tantôt, que c'est le Danois Michael Rasmussen qui, en 2003, a montré à Ryder Hesjedal comment se doper.

Ce que j'aimerais savoir, là tout de suite, c'est le nom de l'agence de relations publiques qui a transformé quelques petites shots d'érythropoïétine en une grosse dose d'héroïsme qui va assurer un meilleur avenir au cyclisme.

Vous savez un autre truc qui serait pas mal aussi pour assurer un meilleur avenir au cyclisme? Qu'on arrête juste cinq petites minutes de nous prendre pour des cons.




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