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«Ça se peut»

Je m'excuse, mais je trouve que c'est une très bonne question que pose Pierre Duchesne aux libéraux. Il est où, ce 428 000$ obtenu lors d'une seule activité de financement passée sous le radar du directeur général des élections?

Ce 428 000$, c'était l'un des motifs de la perquisition de l'UPAC chez Shockbéton, qui appartient notamment à Marc Bibeau, grand argentier du Parti libéral dans les années Charest.

Lise Thériault, hier, au micro de Paul Arcand, offrait une piste de réponse, du côté du PLQ: «Ça se peut» que ce montant soit la somme d'un certain nombre d'activités de financement qui, elles, ont été déclarées au DGEQ. «Ça se peut»: on a vu plus affirmé comme défense.

En juillet dernier, l'UPAC a perquisitionné les locaux du Parti libéral du Québec. En novembre, l'UPAC a perquisitionné trois bureaux de Shockbéton.

On sait, depuis, que l'UPAC s'intéresse à un système de financement politique en échange de contrats publics. Ce n'est pas rien, disons.

Ça fait donc un petit bout de temps que le PLQ sait ce que cherche l'UPAC. Et là, «ça se peut» que l'explication de ce 428 000$ soit que ce magot est la somme d'activités de financement qui, elles, ont été déclarées.

Le PLQ n'a pas eu le temps, depuis ces révélations, de fouiller un peu partout, de poser des questions aux responsables actuels et passés du parti pour avoir des réponses? On en est encore au stade du «ça se peut» ? Désolé, mais avec les histoires libérales du passé, je ne suis pas prêt à avaler de «ça se peut» en guise d'explications.

Je suis convaincu que les fling-flangs ne sont plus admis dans le financement libéral actuel. Ça ne veut pas dire que le PLQ a nettoyé son passé très récent. Il y a encore plein de fils qui dépassent dans les histoires libérales de la fin de règne de Jean Charest.

Pourquoi donc des contributeurs du PLQ, sous le ministre de la Famille Tony Tomassi, étaient-ils surreprésentés dans l'attribution - faite de façon «incohérente», dixit le vérificateur général - de places en garderie?

On ne l'a pas su.

Pourquoi donc Nathalie Normandeau, alors ministre des Affaires municipales, a-t-elle débloqué en 2006 une subvention de 11 millions pour la construction d'une usine de filtration à Boisbriand?*

Y a-t-il un lien entre ce déblocage - contre l'avis des fonctionnaires du Ministère - et des activités de financement organisées pour le PLQ et Mme Normandeau par deux firmes (Roche et Infrabec) qui avaient tout à gagner de cette subvention?

On ne l'a pas su.

Peut-être que la commission Charbonneau va nous éclairer là-dessus. Peut-être que le procès de France Michaud, la VP de Roche accusée au criminel pour le scandale de Boisbriand, jettera un peu de lumière sur ces cas.

Je ne mentionne que ces deux affaires, les garderies et Boisbriand. Il y en a d'autres. Mais je les mentionne pour souligner que le PLQ ne peut pas faire comme si tous les scandales de l'ère Charest n'avaient pas existé. Ils ont existé.

Je les mentionne parce que, quand j'écoute les libéraux, ils nous disent que tout cela est de l'histoire ancienne. Mais si 2006 (Boisbriand) et 2009 (les garderies), c'est de l'histoire ancienne, ouf, alors 2003 (l'élection du premier gouvernement Charest), c'est quoi?

Le paléolithique?

Je suis certain que la culture actuelle a changé, au PLQ. Le contraire serait étonnant. C'est la moindre des choses, quand on a été mêlé à autant d'histoires choquantes, sous le règne Charest, que de changer les façons de faire et marcher droit.

Mais elles existent encore, ces histoires. On le voit avec l'UPAC, qui cherche la trace de ces 428 000$ en financement présumément occulte, dont le PLQ ne peut expliquer la nature de façon cohérente, à l'heure où on se parle.

Quant aux visites de l'UPAC aux uns et aux autres, calmons-nous le pompon. La visite de l'UPAC à Philippe Couillard, l'été dernier, est du même genre que celle effectuée au bureau du DG du PQ: des flics qui posent des questions. Rien d'exceptionnel là-dedans.

Ça n'a rien à voir avec une perquisition en bonne et due forme. Et le seul parti qui a fait l'objet d'une perquisition, dans le cadre d'une enquête criminelle de l'UPAC, c'est le PLQ.

Si M. Couillard veut rompre avec ce passé récent, il devrait commencer par cesser de dire qu'il est à l'aise avec le bilan de l'ère Charest. Refuser de renier un passé dont l'odeur n'est pas tout à fait dissipée, «ça se peut» que ce ne soit pas une bonne idée. Je dis ça de même.

* En 2012, Enquête révélait les dessous du scandale de Boisbriand.




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