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La Marie-Mai en nous

À quelques reprises dans le spectacle Miroir, Marie-Mai... (Photo: Bernard Brault, archives La Presse)

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À quelques reprises dans le spectacle Miroir, Marie-Mai offre un medley de ses artistes américains préférés.

Photo: Bernard Brault, archives La Presse

À l'entracte du spectacle de Marie-Mai, au Centre Bell lundi, Cathy Gauthier était folle comme un balai. Elle était aussi très catégorique: Marie-Mai est la meilleure, m'a-t-elle lancé de son siège. Meilleure que Rihanna, meilleure que Lady Gaga. Meilleure que Madonna. Pas de farce, c'est la meilleure.»

J'ai répondu à Cathy qu'elle exagérait et que son enthousiasme un brin chauvin l'empêchait de voir clair. Mais à bien y penser, pas tant que ça. Je n'ai pas vu les spectacles précédents de Marie-Mai au Centre Bell, mais j'avoue que celui qui vient de faire le plein de petites filles de 8 ans et de leurs mamans, trois soirs de suite au Centre Bell, est impressionnant.

Avec ses magnifiques éclairages et leurs jeux dramatiques d'une grande efficacité, avec ses pétards, ses explosions, ses cracheurs de feu, ses joueurs de tam-tam, ses pluies de confettis, ses projections multicolores et son fond de scène reproduisant un mât du stade tout argenté, Miroir en impose. À quelques détails près et avec quelques millions en moins, Miroir rivalise avec n'importe quel gros spectacle américain qui débarque à Montréal. J'en ai vu plusieurs et je peux vous assurer que je n'exagère pas.

Et puis, il y a Marie-Mai elle-même, jolie et gracieuse sauterelle, qui se donne à fond, habitant la scène avec énergie et générosité, faisant toujours le bon geste théâtral au bon moment. Marie-Mai qui nous offre, en plus de ses chansons en français (ce qui n'est pas négligeable), une authentique présence humaine sur scène, contrairement à trop de chanteuses pop qui arrivent chez nous, après 859 autres performances, épuisées, lessivées, sur les pilules ou sur le pilote automatique.

Pas de doute: avec Miroir, le spectacle à grand déploiement fait au Québec a atteint un sommet.

C'est d'ailleurs ce que j'ai le plus apprécié de ma soirée: ce sentiment mêlé de fierté et de défiance à l'idée d'avoir surmonté un immense complexe collectif face aux stars de la pop américaine. Comme si la petite Marie-Mai avait gagné la guerre contre l'autre culture et que désormais, il y avait un peu de Marie-Mai en chacun de nous.

Mais je m'emporte. J'ai beau avoir découvert la Marie-Mai en moi et être la proie d'un aveuglement volontaire, je ne suis pas sourde.

À quelques reprises dans le spectacle, Marie-Mai nous offre un medley de ses artistes américains préférés: les Backstreet Boys, Usher, U2, Beyoncé et compagnie. Elle le fait plutôt bien, sauf pour Titanium, l'hymne de David Getta et Sia, dont elle a massacré les paroles. De la part d'une fille qui a fait la leçon à une candidate de La voix qui avait oublié les paroles d'une chanson, c'est décevant. Mais passons.

L'essentiel dans cette affaire, c'est qu'en chantant ses medley, Marie-Mai répète à satiété qu'elle se fait plaisir. Dans le même souffle, elle nous fait plaisir à nous aussi puisque c'est, en général, le moment le plus enlevant de la soirée, celui où tout le monde se lève pour danser.

Résumé bêtement, cela revient à dire que les chansons les plus trippantes n'ont pas été composées par Marie-Mai et son mari Fred St-Gelais, et qu'en fin de compte, leurs compositions ne font pas le poids.

Autrement dit, même si on a atteint un sommet dans l'art du spectacle et de la performance, tout ce beau travail finit par être disqualifié par la faiblesse, la lourdeur et le manque d'originalité des musiques de St-Gelais. Et comme Marie-Mai ne jure que par lui, on voit difficilement comment un changement pour le mieux pourrait s'opérer.

Qu'à cela ne tienne, avec Miroir, Marie-Mai célèbre 10 ans de carrière. Elle en a fait du chemin la jeune fille blond platine de Varennes, réveillée dans son lit par la caméra de Star Académie et par Julie Snyder lui annonçant qu'elle venait d'être choisie. Ce jour-là, rien ne laissait deviner que cette fille, sortie de nulle part, réussirait à s'imposer sur la scène musicale québécoise et dans le coeur de milliers de Québécois. Et pourtant, elle y est arrivée de belle manière, en construisant une carrière enviable qui n'a rien d'un feu de paille.

C'est pourquoi, lorsque j'entends Marie-Mai annoncer qu'elle va se faire plaisir en chantant les tubes des autres, j'ai envie de lui répondre: fais-toi plaisir en faisant de meilleures chansons, des chansons à toi, aussi dansantes que celles de Beyoncé, aussi percutantes que celles de Sia, aussi provocantes que celles de Rihanna.

Je souhaite de tout coeur qu'un jour la Marie-Mai de Miroir accomplisse au plan musical ce qu'elle a accompli au Centre Bell.

Ce jour-là, la Marie-Mai en moi ne sera pas seulement contente, elle sera comblée.




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