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Mme Marois était-elle au bon endroit, au bon moment?

Qu'ont en commun 40% des joueurs de hockey d'élite?

Ils sont nés en janvier, février ou mars.

Et cette naissance en début d'année, comme d'autres facteurs extérieurs, fait partie, selon le journaliste Malcom Gladwell, des raisons expliquant leur réussite.

Pourquoi? Parce que durant leur enfance, ils étaient parmi les plus vieux de leur équipe - les groupes d'âge changent au 1er janvier -, ce qui leur a donné un avantage de taille, amplifié avec les années.

 

Gladwell, l'auteur de Blink et de The Tipping Point - de passage à Montréal cette semaine, invité par Info-Presse - relate ces observations dans un nouveau livre, Outliers, qui se penche sur le succès ou plutôt sur tous les facteurs environnementaux qui ont aidé les gens ayant connu de grands succès. Car la réussite, selon cet Ontarien journaliste au New Yorker, est loin d'être liée uniquement au talent inné des individus.

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Après avoir écouté sa conférence, lu son livre, discuté avec lui, je suis repartie frappée, notamment, par l'importance du «timing». Ce «timing» qui a fait que Bill Gates soit né en 1955, juste assez tôt mais pas trop, pour devenir un des pionniers du monde de l'informatique. De la même façon qu'Andrew Carnegie et John D. Rockefeller sont nés exactement au bon moment (1839 et 1835) pour profiter de la révolution industrielle américaine.

Et c'est ce même «timing» qui, à mon avis, a rendu la vie difficile à Pauline Marois durant cette campagne électorale, comme il a joué contre Hillary Clinton.

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Faisons une analyse à la Gladwell.

Mme Marois est née en 1949, Mme Clinton en 1947. Elles font partie de la même cohorte de femmes qui ont investi l'univers politique dans les années 80 et consolidé la présence féminine dans cette sphère.

Nouvelles et relativement peu nombreuses, ces femmes ont gravi les échelons en fonctionnant selon le cadre établi par les gars, en étant aussi bonnes sinon meilleures que leurs collègues masculins et surtout, en tentant de faire oublier leur différence.

Parmi les femmes de cette génération qui ont réussi à s'imposer, on retrouve en tête de liste Angela Merkel (née en 1954), chancelière allemande, une travailleuse acharnée, sans enfant, qui ne remettait aucunement en question le statu quo.

Théoriquement, Mme Marois, bonne joueuse et grande travailleuse, aurait pu suivre le même chemin que Mme Merkel. Mais le «timing» de son arrivée à la tête du PQ n'a pas joué en sa faveur. Si elle était arrivée au bon moment dans l'alternance politique québécoise, donc après deux mandats libéraux complets - le dernier mandat n'était même pas une moitié - avec une population prête pour le changement, la tâche aurait probablement été plus facile.

L'autre problème de «timing» qui complique le succès politique de Mme Marois semble, lui, générationnel. On dirait en effet que, comme Mme Clinton, Mme Marois ne semble pas avoir été capable de tirer partie de l'atout «nouveauté» qu'est le fait d'être une femme et ce, à cause du décalage générationnel avec les électeurs et électrices pour qui élire une femme n'a rien d'extraterrestre.

Prenons Barack Obama. Il a réussi à aller chercher sa victoire, malgré le désavantage que lui imposaient ses origines, en emballant non seulement les Noirs mais aussi de jeunes électeurs, des gens ayant grandi dans l'égalité et la diversité culturelle, pour qui sa différence n'était non seulement pas un boulet mais un atout.

Trouvez-vous que Mme Marois, de la même façon, incarne le changement parce qu'elle est une femme? Si vous répondez non, c'est probablement parce que Mme Marois, elle-même, n'a jamais voulu faire valoir sa différence, parce qu'elle n'avait pas le choix de faire ainsi pour réussir.

Aujourd'hui, elle est donc prise en sandwich entre des électeurs plus âgés et plus traditionnels qui hésitent devant le fait que ce soit une femme et des électeurs plus jeunes qui aimeraient voir sa différence. Elle est coincée.

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En fait, la seule femme qui semble avoir été capable, récemment, de tirer parti de sa différence comme femme est... Sarah Palin, née en 1964, donc issue d'une génération de femmes politiques qui, grâce aux acquis de leurs aînés, ont pu s'afficher comme femmes et comme mères.

De la même façon qu'Obama a tourné ses origines à son avantage, Palin a joué avec succès la carte «hockey mom».

Évidemment, Mme Palin n'a pas été élue et elle a été très critiquée. Sauf que la très forte popularité instantanée du personnage - avant que son manque de qualification devienne incontournable - montre à quel point la population américaine était prête à être enthousiasmée par une femme politique.

On se reparlera de tout cela quand on aura des données sociodémographiques sur les élections de ce soir.

Sur ce, n'oubliez pas d'aller voter...

COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse: mlortie@lapresse.ca

 




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