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Bons sentiments et effets pervers

L'Occident a une bonne part de responsabilité dans... (Photo Reuters)

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L'Occident a une bonne part de responsabilité dans l'émergence de l'État islamique.

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L'Occident a une bonne part de responsabilité dans l'émergence de l'État islamique qui vient de s'implanter en Syrie et en Irak, semant partout l'inquiétude, la terreur et un danger plus grand encore qu'Al-Qaïda.

L'engrenage infernal a commencé avec l'invasion américaine de 2003 en Irak, qui a détruit un pays prospère et éduqué, et pavé la voie à un gouvernement dominé par la majorité chiite, ce qui en retour allait jeter la minorité sunnite, exclue des postes de commande, dans les bras des islamistes qui leur promettent le retour au pouvoir.

On pouvait espérer que la leçon irakienne aurait porté fruit. Hélas, huit ans plus tard, le président Sarkozy, suivant la voie ouverte par G.W. Bush, allait déclencher une opération militaire en Libye, dans le but avoué de renverser le régime de Mouammar Kadhafi - un dictateur certes détestable, mais qui avait renoncé au terrorisme depuis une décennie et ne représentait aucune menace pour le reste du monde.

L'OTAN (incluant le Canada) allait emboîter le pas, et procéder à d'intensifs bombardements aériens sur la Libye. Dans ce cas, le prétexte invoqué était encore moins sérieux que les arguments à l'appui de l'invasion de l'Irak: réaction normale d'un dictateur à une tentative de coup d'État, Kadhafi avait verbalement menacé de représailles sanglantes un groupe de rebelles armés de Benghazi.

Le président Obama, d'abord réticent à une intervention, avait fini par céder aux pressions de sa secrétaire d'État Hillary Clinton et de sa conseillère Samantha Power, deux grandes partisanes d'une intervention armée en Libye en vertu d'une théorie qui a pris naissance dans la foulée des tragédies du Rwanda et du Kosovo et qui stipule que les démocraties ont un devoir d'ingérence lorsqu'il s'agit de protéger des populations civiles.

Cette doctrine a beau ressembler en tous points aux arguments de Bush qui prétendait vouloir sauver les Irakiens et les Kurdes des griffes de Saddam Hussein, elle a réussi à rallier, aux côtés des faucons républicains, nombre d'humanitaires idéalistes, pour qui la morale indique de renverser les méchants dictateurs - et tant pis pour les conséquences.

C'était pourtant à prévoir: les bombardements de l'OTAN ont «libéré» la Libye de Kadhafi... mais la Libye n'existe plus. Ce pays, naguère constitué d'un assemblage assez prospère de tribus et de clans contrôlés par un gouvernement central autoritaire (et laïc, comme l'était celui de Saddam Hussein), a implosé. Le territoire est aujourd'hui un «no-go zone» livré à des milices lourdement armées et toute la région a été déstabilisée. L'armée française est aujourd'hui enlisée au Mali et au Tchad pour combattre les avancées de l'AQMI, la branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Dans le conflit syrien, les puissances occidentales ont continué à jouer les apprentis sorciers, en prenant aveuglément le parti de l'opposition soi-disant modérée - un petit noyau de libéraux dont il était bien facile de prévoir qu'ils seraient vite débordés par les organisations islamistes radicales.

Après avoir réclamé à cors et à cris une intervention militaire (un projet heureusement rejeté par Barack Obama), la France a fait livrer des armes à l'opposition modérée, au risque qu'elles tombent entre les mains des extrémistes. Les ingérences occidentales ont eu pour résultat de prolonger la guerre en Syrie et les souffrances de ce malheureux peuple... tout en permettant à l'EI de prendre pied sur le territoire syrien.

La logique voudrait que les États-Unis s'allient avec le moins dangereux des deux diables (le régime de Bachar al-Assad), comme ils se sont alliés aux Kurdes (incluant le PKK qui est considéré comme une organisation terroriste) pour combattre l'EI en Irak. Mais encore ici, le président américain tergiverse, avouant qu'il n'a pas de stratégie pour la Syrie...




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