Longtemps laissées à elles-mêmes en raison de l'extrême diversité de leurs activités et de l'anonymat que leur confère leur trop grand nombre, les PME font aujourd'hui l'objet d'attentions multiples des décideurs économiques, qui reconnaissent leur contribution essentielle à l'activité économique et à la création de richesse collective au Québec.

Mis à jour le 20 oct. 2016
Jean-Philippe Décarie LA PRESSE

Les PME représentent 98 % des entreprises au Québec et 95 % d'entre elles comptent moins de 50 employés. Les PME génèrent tout de même près de 50 % du produit intérieur brut québécois et sont responsables de 55 % de tous les emplois de la province.

Depuis quelques années, plusieurs initiatives ont vu le jour pour mieux encadrer le développement de ces entreprises, notamment au chapitre du financement avec l'implication énergique d'institutions dévouées à leur cause, telles que le Fonds de solidarité, Desjardins Capital régional et coopératif, la Banque de développement du Canada ou Investissement Québec.

On a mis sur pied des programmes pour épauler les PME à forte croissance, tels que PerforME, supervisé par le ministère de l'Économie, ou Adrenalys, encadré par la Banque Nationale et le Fonds de solidarité.

Depuis peu, les PME ont aussi un espace bien à elles situé au rez-de-chaussée de l'édifice phare du centre-ville de Montréal, Place Ville Marie.

C'est la Caisse de dépôt qui a pris l'initiative de créer l'Espace CDPQ, un lieu de convergence où des organisations qui accompagnent les PME dans leur développement cohabitent avec des sociétés d'investissement et de capital de risque.

« Michael Sabia voulait souligner de façon tangible le 50e anniversaire de la Caisse et il m'a demandé de développer un concept qui allait proposer des solutions concrètes pour appuyer de façon durable la croissance des PME partout au Québec. » - Michèle Boisvert, première vice-présidente, rayonnement des affaires à la Caisse de dépôt

Il n'était pas question de créer un incubateur d'entreprises, il y en a plus de 50 au Québec, c'est pourquoi la gestionnaire a entrepris de concevoir un lieu, un « hub », où des partenaires pourraient travailler en collaboration à faire rayonner les PME dans leur développement et leur quête d'internationalisation de leurs activités.

Cinq organisations ont emménagé ou vont le faire prochainement au rez-de-chaussée du 3, Place Ville Marie : Réseau Capital, l'École d'entrepreneurship de Beauce, Initiative intrapreneuriale, QG 100 (le regroupement des 80 plus grosses entreprises exportatrices du Québec) et Univalor (société de valorisation des institutions liées à l'Université de Montréal).

Huit organismes de financement ont fait de même : OTEAF, Anges Québec, Anges Québec Capital, Brightspark, iNovia Capital, White Star Capital, Clearspring et le fonds Espace CDPQ (un fonds dédié de 50 millions financé par la Caisse).

DES RÉSULTATS CONCRETS

L'Espace CDPQ a été officiellement inauguré en juin dernier, mais la vie commence à y prendre réellement forme depuis que les 13 partenaires commencent à s'y implanter pour y vivre au quotidien.

Jeudi soir, Univalor y tenait son cocktail annuel auquel l'organisme avait convié ses nombreux collaborateurs et partenaires. Pour son président, Jacques Simoneau, l'Espace CDPQ est une vraie bénédiction.

« La proximité de cohabitation est inestimable. On fait de la valorisation de la recherche universitaire et on encadre la formation de cinq ou six nouvelles start-up chaque année. J'ai autour de moi tous les acteurs du financement que je peux rencontrer tous les matins en prenant un café. » - Jacques Simoneau, PDG d'Univalor

« Je peux proposer des projets pour le financement de nos entreprises à tous les groupes de capital de risque, mais je peux aussi vendre à leurs clients des licences de commercialisation. La proximité de l'École d'entrepreneurship va aussi servir à mes chercheurs qui doivent développer des aptitudes entrepreneuriales », affirme le PDG d'Univalor.

L'Espace CDPQ n'est pas seulement un lieu de convergence, la Caisse de dépôt a aussi mis à contribution son réseau international pour le mettre au service des PME qui veulent perfectionner certains aspects de leurs activités.

« On a créé un laboratoire d'innovation où les entrepreneurs vont pouvoir discuter via vidéo avec des spécialistes de Harvard ou du MIT sur des sujets bien précis. On a voulu être fédérateur, en mettant notre expertise au service et au profit de nos PME », résume Michèle Boisvert. Une belle initiative qui, espère-t-on, va être pleinement exploitée par les PME qui vont y avoir accès.