Source ID:6a28dee7-e87d-45a4-a307-c78562242f8c; App Source:alfamedia

Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek: dans la cour des géants

Héroux-Devtek a misé gros en décidant d'accepter, en... (Photo André Pichette, La Presse)

Agrandir

Héroux-Devtek a misé gros en décidant d'accepter, en juin 2013, la proposition de Boeing de devenir son fournisseur de trains d'atterrissage géants. Trois mois plus tard, le contrat était signé, il était trop tard pour reculer. Sur la photo, le PDG de l'entreprise, Gilles Labbé.

Photo André Pichette, La Presse

Une bonne partie de l'équipe de la haute direction de Héroux-Devtek est à Seattle ce matin, au siège social du géant Boeing, pour participer à une cérémonie visant à souligner la livraison du premier train d'atterrissage d'un Boeing 777, fabriqué par l'entreprise de Longueuil. Une étape marquante dans l'histoire de ce manufacturier québécois de l'aéronautique.

Le train d’atterrissage du Boeing 777 fabriqué par... (Photo fournie par Héroux-Devtek) - image 1.0

Agrandir

Le train d’atterrissage du Boeing 777 fabriqué par l’entreprise québécoise Héroux-Devtek. 

Photo fournie par Héroux-Devtek

« C'est l'entrée de Héroux-Devtek dans le marché des avions commerciaux de plus de 100 places et c'est aussi notre entrée à titre d'intégrateur dans le marché de l'aéronautique », résume Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek.

L'événement va être souligné en grande pompe ce matin à Seattle, puisque c'est Elisabeth Lund, vice-présidente responsable du développement des familles 747, 767 et 777 de Boeing, qui va elle-même prendre possession de ce premier train d'atterrissage conçu et fabriqué par Héroux-Devtek.

Ken Fisher, vice-président approvisionnement de Boeing, va aussi participer à la cérémonie. Les deux hauts dirigeants de Boeing ont d'ailleurs suivi depuis deux ans et demi de façon soutenue et active le développement de cette relation avec leur nouveau fournisseur québécois.

« Et on livre notre premier train géant avec 40 jours d'avance sur l'échéancier. On ne voit pas ça souvent dans le secteur de l'aéronautique, et les gens de Boeing l'apprécient. » - Gilles Labbé, PDG de Héroux Devtek

Cette première livraison sera suivie de centaines d'autres, puisque le contrat signé avec Boeing, en septembre 2013, prévoyait que Héroux-Devtek livre des trains d'atterrissage pour 100 nouveaux appareils par année jusqu'en 2024.

« Avec l'entrée en service du Boeing 777X, en 2020, Boeing a décidé de réduire la cadence de production à 84 appareils par année. Les ventes du 777 sont au ralenti depuis l'annonce du lancement du 777X.

« Boeing a tout de même des commandes pour plus de 500 appareils 777 et a un carnet de commandes fermes de plus de 300 appareils pour la nouvelle famille de 777X », explique Gilles Labbé.

Le PDG de Héroux-Devtek se réjouit d'être associé à la famille du 777, qui est le programme le plus populaire du monde dans la catégorie des avions à large fuselage. « Il s'en est fabriqué plus de 1000 à ce jour », souligne-t-il.

BRANLE-BAS DE COMBAT

Héroux-Devtek a misé gros en décidant d'accepter, en juin 2013, la proposition de Boeing de devenir son fournisseur de trains d'atterrissage géants. Trois mois plus tard, le contrat était signé, il était trop tard pour reculer.

« Boeing voulait diversifier sa base de fournisseurs pour réduire ses coûts. Le fabricant Goodrich avait le contrat des trains du 777 et nous, on avait beaucoup de liens d'affaires avec UTC, la maison-mère de Goodrich.

« On ne voulait pas antagoniser un partenaire au profit d'un autre, mais l'offre de Boeing était vraiment intéressante. On a donc décidé d'aller de l'avant », rappelle le PDG.

Pour répondre à la commande du 777, Héroux-Devtek a dû investir 105 millions dans ses installations de Laval, de Cambridge, en Ontario, de Cleveland, aux États-Unis, de même que construire une usine pour l'assemblage final des trains d'atterrissage à Seattle, à quelques pas de l'usine Boeing.

« Une fois assemblés, les trains d'atterrissage sont trop gros, ils ne peuvent pas franchir de ponts. Il fallait donc faire l'assemblage sur place », explique Gilles Labbé.

En deux ans et demi, Héroux-Devtek a donc dû construire l'infrastructure pour réaliser le contrat, acquérir la machinerie nécessaire et mettre en place une chaîne d'approvisionnement conséquente.

« On est devenu un intégrateur. Le train du 777 compte plus de 800 composants, dont 700 sont fabriqués par des fournisseurs. Nous, on se concentre sur une centaine de composants les plus importants et les plus gros », précise le PDG.

UN PROCESSUS TRANSFORMATION

Tout au long du processus, Héroux-Devtek partageait ses rapports d'étape avec la haute direction de Boeing. Il fallait être transparent. Quand un problème survenait, il fallait arriver aux réunions avec une solution.

« Ç'a été un travail exigeant, mais j'ai pu compter sur une équipe motivée et disciplinée. Il faut que je souligne le travail qu'a réalisé Martin Brassard, notre vice-président et chef des opérations. C'est lui qui a mené le dossier à bon port », insiste Gille Labbé.

Mais cette étape charnière dans l'histoire de Héroux-Devtek a permis au groupe de peaufiner ses méthodes de production et de poursuivre l'intégration de nouveaux procédés industriels.

« En quatre ans, on est passés de 35 % d'heures de production automatisées à 50 % d'heures automatisées. On a implanté davantage de robots dans notre chaîne de production et cela nous a permis de consolider des emplois dans nos usines de Laval et de Longueuil. » - Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek

« Au lieu de délocaliser certaines opérations, on les a automatisées chez nous, dans nos usines », indique Gilles Labbé.

Mine de rien, en l'espace de 10 ans, Héroux-Devtek a réussi à doubler le ratio du montant de ses ventes par employé. Il y a 10 ans, lorsque l'entreprise réalisait des revenus de 120 millions, le ratio était de 150 000 $ de ventes par employé. Aujourd'hui, avec des ventes de 406 millions, le ratio est de 290 000 $ par employé.

Maintenant que le premier train d'atterrissage du 777 est livré, les équipes de Héroux s'affairent à terminer le design de la prochaine version des trains du 777X.

« C'est un avion qui va avoir des nouveaux moteurs, des ailes en matériaux composites avec un plus long rayon d'action. Ça va donc prendre des trains d'atterrissage plus gros en raison de la voilure qui va être plus large », évalue Gilles Labbé. Des détails en comparaison du défi que l'entreprise vient de relever...




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

La liste:-1:liste; la boite:2525685:box; tpl:html.tpl:file

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer