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Bien vendre le Québec

Pour réaliser pleinement son potentiel et afficher une croissance conséquente, l'économie québécoise n'a pas 10 000 options qui s'offrent à elle. Il faut que nos entreprises augmentent de façon importante leur présence sur les marchés extérieurs et il faut amener un plus grand nombre de sociétés étrangères à venir s'implanter sur notre territoire pour y réaliser leurs ambitions nord-américaines.

Voilà aussi, sommairement résumés, les deux grands axes autour desquels Investissement Québec (IQ), la banque d'affaires du gouvernement québécois, veut orienter l'essentiel de ses interventions, m'a rappelé en entrevue, la semaine dernière, Pierre Gabriel Côté, nouveau PDG d'IQ.

Pour générer davantage de richesse, il faut que nos entreprises haussent leur cadence de production en exportant davantage et il faut amener plus de nouvelles entreprises étrangères à venir s'implanter chez nous.

«On a 17 bureaux dans toutes les régions du Québec avec une centaine de démarcheurs et on a 12 bureaux à l'international, où s'active une autre cinquantaine de personnes qui cherchent à convaincre des entreprises à venir établir une division au Québec», souligne le président d'Investissement Québec.

Par un pur hasard, j'étais invité le soir même de ma rencontre avec Pierre Gabriel Côté à assister à l'inauguration du nouveau siège social montréalais d'Adetel, une société française qui fait la conception et la production de systèmes électroniques critiques pour les secteurs ferroviaire, aéronautique, défense-sécurité et médical.

«C'est au Salon du Bourget, à Paris, que j'ai rencontré pour la première fois, en 2009, Lyne Daoust, une représentante d'Investissement Québec, qui s'intéressait à nos activités dans le secteur aéronautique et au fait qu'on avait des clients qui étaient déjà installés au Québec, notamment Thales Canada», m'a expliqué François Sebes, PDG d'Adetel Group.

L'idée a fait son chemin et Adetel Group a décidé de créer Adetel Canada en 2012, en implantant un centre d'activités à Saint-Hubert qui compte sur un noyau de 25 ingénieurs spécialisés dans l'architecture de systèmes critiques embarqués.

«L'an dernier, on a réalisé un accord avec Alstom Canada, qui était déjà un de nos gros clients dans le secteur du transport ferroviaire. Alstom a décidé de nous céder toutes ses activités de conception de systèmes d'information passagers. On a donc fondé une autre division Adetel SIE [systèmes d'information embarqués]», précise François Sebes.

Redynamiser la recherche

L'an dernier, quelque 75 ingénieurs ont ainsi migré d'Alstom Canada vers Adetel SIE. L'entreprise a regroupé toutes ses activités canadiennes dans l'arrondissement de Saint-Laurent, où les ingénieurs du secteur transport cohabitent avec ceux du secteur aéronautique.

«On a voulu créer une complémentarité entre les deux groupes, et ça commence déjà à porter ses fruits», constate pour sa part Benoit Meyniel, directeur général d'Adetel SIE, lui-même un ancien employé d'Alstom Canada.

Mais, surtout, la prise en charge des activités de recherche et de développement par Adetel a permis de redynamiser les activités du groupe qui n'étaient plus jugées prioritaires par Alstom Canada.

C'est un curieux retour des choses. Il faut rappeler que c'est une entreprise montréalaise, Télécité, qui a été la première à concevoir et implanter les systèmes d'information passagers pour les métros et les trains.

Fondée par trois employés de Nortel au début des années 90, Télécité s'est développée rapidement et a connu un succès fulgurant partout dans le monde avant d'être achetée en 1999 par Alstom, qui était déjà son distributeur en Europe et Asie.

Alstom a continué de concevoir et développer des systèmes d'information passagers à partir de Montréal et a même utilisé sa position d'acteur dominant dans le marché pour forcer Bombardier à lui faire partager le contrat de fabrication des voitures du métro de Montréal.

Mais depuis quelques années, cette activité n'était plus jugée prioritaire par la multinationale française.

«Alstom Canada avait développé une structure de processus un peu lourde. On ne faisait que de la mise à jour des systèmes en place. Là, avec Adetel, on réinvestit dans la R&D et on a une approche beaucoup plus souple qui nous permet de recommencer à être compétitif sur les nouveaux contrats», ajoute Benoit Myniel.

François Sebes, PDG du groupe qui compte 600 ingénieurs, mise beaucoup sur sa division montréalaise pour prendre d'assaut le marché nord-américain, endossant ainsi pleinement le principal argument de vente d'Investissement Québec, qui est de faire de Montréal la porte d'entrée de l'Amérique.




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