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Du pétrole québécois à quel prix?

Une virée récente en Gaspésie nous a permis de constater non seulement que la présence de pétrole dans le sous-sol gaspésien - que l'on soupçonne depuis plus d'un siècle - est bien réelle, mais aussi qu'une partie de ces réserves est potentiellement exploitable, au point de donner lieu prochainement à une production industrielle et commerciale.

Les tests de production qu'a réalisés la société d'exploration pétrolière québécoise Junex à son puits Galt 4, situé à 20 kilomètres de Gaspé, ont démontré que le gisement en place était capable de produire sur une base soutenue à une cadence de 160 barils par jour.

Durant les 44 jours de tests, la société a même soutiré du pétrole à des pointes de plus de 300 barils par jour. Même en stoppant la pompe du puits Galt 4, le pétrole a émergé naturellement durant cinq jours à un rythme de 80 barils par jour.

Junex doit encore réaliser 16 jours de tests de production à son puits Galt 4, ce qu'elle compte faire en mai prochain, avant d'entreprendre l'été prochain le forage du puits Galt 5, situé à moins de 500 mètres plus haut en montagne du numéro 4.

Ce deuxième puits va permettre de confirmer le potentiel d'exploitation du gisement. Pour réaliser une vraie production industrielle, Junex devra alors forer les puits Galt 6 et Galt 7.

Parallèlement aux travaux de Junex, la firme Pétrolia va entreprendre dans les prochaines semaines les tests de production à son puits Haldimand 4, qui se trouve dans un bois au sud de la municipalité de Gaspé.

Les études géologiques réalisées par des firmes externes ont fait ressortir que la propriété Galt de Junex renfermerait un potentiel de 330 millions de barils de pétrole, dont 36 millions de barils seraient exploitables. Le gisement Haldimand de Pétrolia abriterait pour sa part 70 millions de barils, dont 7,7 millions seraient récoltables.

Le projet d'exploitation pétrolière de la société Junex affiche pour l'instant une longueur d'avance sur celui de Pétrolia et pourrait bien devenir le premier gisement de pétrole québécois exploité sur une base commerciale.

C'est aussi le projet qui suscite le moins de controverse puisqu'il est situé en zone inhabitée, à 20 kilomètres à l'ouest de la municipalité de Gaspé et à 5 kilomètres du dépotoir municipal.

Dans un endroit qui n'est donc pas fréquenté, sauf en haute saison par quelques chasseurs qui n'ont pas eu de difficulté à trouver d'autres endroits dans la région.

Une ressource accessible

Que l'on soit pour ou contre l'exploitation du pétrole, il existe une grande réalité à laquelle nous devons tous faire face: nous aurons encore besoin massivement de cette source d'énergie pour au minimum une bonne cinquantaine d'années.

Et dans ce contexte de dépendance forcée, le pétrole gaspésien présente des avantages stratégiques indéniables qui le rendent beaucoup plus sympathique, à mes yeux, que celui dont on tentera de démontrer le potentiel économique à Anticosti.

Le pétrole gaspésien est extractible à partir de forages et de pompage conventionnels, sans aucun recours à la fracturation hydraulique dont on connaît les inévitables effets sur l'environnement, dont ceux hautement dommageables sur la nappe phréatique.

À cet égard, l'exploitation traditionnelle du pétrole gaspésien présente des risques minimes, comme en témoignent les dizaines de milliers de forages conventionnels qui ont été réalisés depuis plus de 150 ans sur l'ensemble du territoire de l'Amérique du Nord.

Au chapitre des prix aussi, l'exploitation du pétrole gaspésien pourrait s'avérer une source inespérée de revenus additionnels pour l'État québécois, toujours en position de fragile équilibre budgétaire.

Contrairement au pétrole de schiste ou à celui des sables bitumineux dont l'extraction ne devient profitable qu'à un prix de 70$US le baril, le pétrole gaspésien est économiquement exploitable à un prix de 20$US le baril.

Ce n'est pas l'Arabie saoudite, mais c'est nettement mieux que l'Alberta d'aujourd'hui dont l'essentiel des revenus futurs repose sur l'exploitation de gisements alternatifs.

En instaurant un système de redevances conséquent - et qui tienne compte de la fin de vie attendue de cette richesse naturelle -, Québec pourra envisager de récolter des revenus jusqu'à maintenant inespérés lorsque les prix du pétrole reviendront aux niveaux élevés auxquels ils vont nécessairement retourner à moyen terme.

Plus encore, la Gaspésie devra récolter sa juste part de cette richesse potentielle qui pourrait éventuellement jaillir de son sous-sol. Ce sera à Québec d'y voir en veillant correctement au partage des redevances obtenues pour que celles-ci servent à une vraie création de richesse dans cette région qui en a bien besoin.




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