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De chimiste à ambassadeur de Canam

Non seulement Georges Wanko a réussi son intégration... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Non seulement Georges Wanko a réussi son intégration au sein de l'usine de structures d'acier du groupe Canam, mais il est aussi rapidement devenu un citoyen à part entière du petit village de Saint-Gédéon-de-Beauce.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

À la recherche d'une vie meilleure pour ses trois enfants et l'espoir de leur offrir des études supérieures de qualité, Georges Wanko, chimiste de formation, a quitté le Cameroun il y a deux ans pour s'établir à Montréal, où il a appris le métier de soudeur pour décrocher un poste à l'usine de structures d'acier du Groupe Canam à Saint-Gédéon-de-Beauce. Il est rapidement devenu un collègue apprécié de tous et a même été désigné comme ambassadeur de l'usine pour le recrutement de nouveaux soudeurs.

Chaque samedi, on vous offre habituellement dans cette page une grande entrevue avec un PDG qui nous explique sa vision stratégique de l'entreprise, son positionnement dans le marché, son potentiel de croissance.

Sans employés toutefois, il n'y a pas d'entreprise. C'est pourquoi on a décidé cette semaine de donner la parole à Georges Wanko, Camerounais d'origine, Québécois depuis deux ans et Beauceron depuis quatre mois et deux semaines.

Parti de Douala, capitale économique du Cameroun, Georges Wanko a débarqué le 10 octobre 2012 avec sa femme Christiane et ses trois enfants à l'aéroport de Montréal avec son seul statut de résident canadien permanent en poche.

« J'ai voulu trouver un emploi en chimie, mais il aurait fallu un an et demi d'études pour obtenir les équivalences nécessaires et le taux d'employabilité était de moins de 70 %.

«J'ai vu sur le site d'Emploi Québec que les soudeurs obtenaient un taux de placement de 95 %. Je me suis donc inscrit au Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d'électricité (CIMME) pour suivre une formation de 16 mois», m'explique l'homme de 38 ans.

L'entreprise qui l'avait accueilli pour son stage n'a pas été en mesure de le garder à son emploi parce qu'elle n'a pas obtenu le gros contrat attendu.

«J'ai vu que Canam faisait une journée de recrutement à Saint-Gédéon, le samedi matin à 8 h. Je suis parti de Montréal à 4 h 30 et je me suis présenté. C'était la première fois qu'un candidat de Montréal se présentait pour un poste à Saint-Gédéon. Ils m'ont embauché la semaine suivante», relate le soudeur.

Non seulement Georges Wanko a réussi son intégration au sein de l'usine de structures d'acier du groupe Canam, mais il est aussi rapidement devenu un citoyen à part entière du petit village de Saint-Gédéon-de-Beauce, qui compte 2000 habitants et où il s'est trouvé un logement en moins de deux heures avec l'aide d'un nouveau collègue.

Ambassadeur de Canam

J'ai rencontré Georges Wanko cette semaine au CIMME où il accompagnait une délégation du Groupe Canam, qui a cruellement besoin de nouveaux soudeurs pour remplir ses contrats.

Pendant plus d'une heure, les responsables des ressources humaines de Canam et lui ont expliqué les avantages de se joindre au Groupe et de vivre en Beauce, où le prix des maisons est de moitié moindre que dans la région de Montréal.

«C'est la première fois qu'on vient recruter à Montréal. Quand on vu comment Georges s'était si bien intégré à l'usine, on s'est dit que cela valait le coût de venir nous présenter aux 80 soudeurs qui vont terminer leur formation», explique Dimitri Couture, directeur des ressources humaines du Groupe Canam.

L'usine de Saint-Gédéon doit recruter une quinzaine de soudeurs immédiatement et prévoit en embaucher 50 autres au printemps lorsque débutera la fabrication de la structure du stade de football des Falcons d'Atlanta, de la National Football League.

«On n'arrive plus à combler nos besoins avec les centres de formation de la région. On prévoit même faire une présentation à l'école de soudure de Gatineau», poursuit le responsable de la main-d'oeuvre.

Serge Robitaille, qui dirige le CIMME, constate lui aussi que la pénurie de soudeurs est un vrai problème pour quantité d'entreprises manufacturières.

«C'est la quatrième entreprise qui vient faire une présentation à nos élèves cette année. Il y a eu Marmen, ADF, Tremcar et Canam. Les besoins sont plus grands que nos capacités de formation», déplore le directeur.

Les centres de formation produisent annuellement 885 diplômés en soudure, alors que les besoins des entreprises s'élevaient à 1600 postes en 2012.

La nouvelle vie de Georges

Georges Wanko a décidé de s'établir pour de bon en Beauce. Sa femme Christiane et leurs trois enfants viendront le rejoindre l'été prochain à Saint-Georges-de-Beauce, où il compte acheter une maison.

«Ma femme termine son cours en sécurité informatique à HEC. Lorsque les enfants auront terminé l'école en juin, ils viendront tous me rejoindre ici», m'explique le nouveau soudeur.

Après avoir obtenu son diplôme de chimiste, il a travaillé trois ans dans l'industrie avant de devenir courtier en douanes, profession qu'il a exercée durant six ans avant de décidé d'immigrer au Québec.

«Je ne connaissais pas le Canada. Mais je voulais assurer un meilleur avenir pour mes enfants. On a économisé des sous pour pouvoir bien nous installer.

«Le choc climatique a été très dur, mais après deux ans, on comprend mieux quels sont les types de vêtements qu'il faut porter selon la température», souligne le Beauceron d'adoption.

Georges avoue qu'il n'a pas fait une croix sur la chimie, mais il compte capitaliser sur la métallurgie. Il prévoit suivre des formations qui lui permettront d'appliquer ses connaissances de chimiste au monde de la soudure et du métal. Très éloquent, Georges Wanko démontre des qualités manifestes de leadership.

Aux élèves du CIMME qui lui demandaient si la formation reçue à l'école était arrimée à la réalité industrielle sur le plancher de l'usine de Saint-Gédéon, Georges a eu une réponse qui a déclenché un grand éclat de rire généralisé. «J'en suis la preuve vivante. Les gens de Canam ne seraient pas venus ici vous rencontrer si je ne faisais pas l'affaire», a-t-il dit, sûr  de lui.




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