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Où s'en va la «lavalloise» Valeant?

Depuis que la firme américaine Valeant a fusionné avec la société pharmaceutique canadienne Biovail, en 2010, son PDG, Michael Pearson, a maintenu la pédale au plancher en réalisant pas moins de 25 acquisitions. Son dernier projet en lice - une offre d'achat de 53,5 milliards US sur le laboratoire pharmaceutique Allergan, fabricant du Botox - vient toutefois de prendre une coloration hostile.

Valeant, qui était déjà hyperactive sur le marché des acquisitions avec des cibles toujours plus ambitieuses, souhaite maintenant répéter la formule qu'elle juge gagnante en s'attaquant à beaucoup plus gros qu'elle.

Depuis quatre ans, Michael Pearson - un ex-consultant du groupe McKinsey qui a pris la direction de la société pharmaceutique américaine en 2008 - réalise des acquisitions de sociétés pharmaceutiques pour mettre la main sur leur portefeuille de produits développés et de brevets en voie de réalisation.

Une fois l'acquisition réalisée, il sabre abondamment les budgets de recherche et développement de sa proie et réalise d'importantes économies quant aux frais d'administration. Un peu à la manière de ces «raiders» des années 80 qui pratiquaient allègrement les acquisitions par dispositions d'actifs (leveraged buyout).

C'est ainsi qu'en 2012, Valeant a réalisé sa plus grosse acquisition, déboursant 2,6 milliards US pour prendre possession de Medicis Pharmaceutical, société spécialisée dans les produits pour la peau.

Rapidement, Michael Pearson a réduit de 225 millions le budget annuel de RetD et les frais d'administration de Medicis pour maximiser ses profits.

En mai 2013, Valeant s'est attaquée au fabricant de lentilles et de matériel chirurgical Bausch&Lomb, qu'elle a payé 8,5 milliards US. Le pari de Michael Pearson était de réaliser cette fois des économies de 850 millions en frais de R&D et de rationalisation administrative.

Cette transaction a été financée par une émission de 2 milliards US de nouvelles actions et par un endettement additionnel de 6 milliards, ce qui a porté à 18 milliards la dette totale du groupe pharmaceutique.

Le 22 avril dernier, Valeant s'est de nouveau montrée disposée à faire des acquisitions, s'attaquant cette fois au géant américain Allergan avec une offre évaluée à 45,6 milliards US.

Depuis, le groupe canadien a majoré deux fois sa proposition - composée à la fois d'argent comptant et d'actions de Valeant - pour la porter aujourd'hui à 53,5 milliards US.

Dans son combat pour acquérir le fabricant du Botox, Valeant peut compter sur un allié de taille puisque l'investisseur activiste Bill Ackman est l'un des principaux actionnaires d'Allergan, avec 9,6% des actions.

On s'en doute, Bill Ackman est «activement» favorable à la réalisation de cette transaction, au point où il a demandé hier la répudiation de six membres du conseil d'administration d'Allergan qui s'opposent à la proposition de Valeant.

Bill Ackman est notamment fasciné par le rendement fort appréciable qu'enregistre l'action de Valeant à la Bourse. Le titre, qui s'échangeait tout juste à 12,00$ en 2010, a clôturé la séance à Toronto hier à 146,17$. Sa capitalisation boursière de 3,5 milliards en 2010 se chiffre aujourd'hui à 48,7 milliards.

La pharmaceutique «québécoise»

Depuis la fusion de la canadienne Biovail - qui a été fondée et détenue par Eugene Melnyk, le propriétaire des Sénateurs d'Ottawa - et de l'américaine Valeant en 2010, l'entreprise pharmaceutique est devenue officiellement canadienne.

Michael Pearson, PDG de Valeant, lui-même un Canadien né à London et qui a passé une partie de son enfance à Saint-Lambert, a décidé de conserver le siège social de Biovail à Mississauga pour en faire celui de la nouvelle Valeant.

En avril 2012, à la suite de l'acquisition de la division canadienne Dermik de la multinationale Sanofi, Michael Pearson a décidé de déménager le siège social international de Valeant à Laval, dans les anciennes installations de Dermik, société qui crée des produits de dermatologie.

Le gouvernement du Québec a accordé une aide de 6 millions pour que Valeant modernise ses installations lavalloises et effectue son changement d'adresse.

Bien que 180 personnes travaillent dans les bureaux du boulevard Saint-Elzéar, à Laval, et que les réunions du conseil d'administration s'y déroulent, le vrai siège social de la société pharmaceutique est situé au New Jersey.

C'est là que Michael Pearson a son bureau depuis toujours et c'est surtout là que le chef de la direction financière brasse les grosses affaires du groupe.

Dans le monde de la finance québécoise et canadienne, Valeant n'est pas un client potentiel; elle est déjà desservie par les Goldman Sachs et autres mégafirmes de Wall Street. La société pharmaceutique de Laval ne compte que 400 employés au Québec sur les 12 000 qu'elle compte dans le monde.




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