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Frivolité électorale et réalité du pouvoir

Encore cette année, le Parti libéral du Québec (PLQ) s'est lancé dans la campagne électorale en se présentant comme la formation politique experte en économie, la seule capable de relancer la croissance et de créer des emplois au Québec. Cinq semaines de campagne ne nous en ont pourtant pas beaucoup appris sur la façon dont le PLQ entend mettre à profit son branding au service de la création de richesse.

En brandissant constamment tout au long de la campagne électorale le spectre de la tenue d'un référendum polarisant ou l'adoption d'une charte de la laïcité sectaire et dangereuse, le PLQ a peu mis en valeur son programme économique.

Les libéraux n'ont à tout le moins pas réussi à énoncer de façon convaincante et détaillée la vision à court, moyen et long terme qu'ils avaient du développement économique du Québec.

Bien sûr, il y a eu quelques débats entre les vedettes économiques des différents partis au cours desquels ils ont eu à décliner certains éléments de leur plateforme économique, mais, là encore, on a davantage parlé de référendum et de corruption que de véritable plan d'attaque pour repartir la machine économique.

Jamais le trio de candidats de prestige que Philippe Couillard a réuni pour former son équipe économique - les économistes Carlos Leitao et Martin Coiteux et le banquier Jacques Daoust - n'a réussi à s'imposer ni à s'illustrer dans le débat électoral.

L'économie était située bien loin derrière dans le champ des préoccupations électorales de la campagne libérale, mais, là, puisque les libéraux vont former un gouvernement majoritaire, elle devra revenir urgemment à l'avant-plan de la scène politique québécoise.

Ouvrir la machine des infrastructures

On sait que le Parti libéral compte essentiellement réinvestir dans la mise en place d'infrastructures pour réactiver le Plan Nord et bonifier le Programme québécois des infrastructures pour redonner du tonus à la croissance économique qui s'est faite trop timide depuis deux ans maintenant.

L'économiste Carlos Leitao, qui m'apparaît être le candidat le plus susceptible d'occuper le fauteuil de ministre des Finances, s'était dit convaincu, au cours de son passage à La Presse Affaires, que réinvestir dans les infrastructures était la méthode la plus efficace et la plus rapide pour générer de la croissance économique.

En fin de campagne, le chef Philippe Couillard a dit vouloir assurer un accompagnement plus probant aux PME québécoises en annonçant même la création d'un poste de ministre délégué aux PME qui relèverait du ministre du Développement économique, une fonction qui semble prédestinée à Jacques Daoust, qui a été durant sept ans PDG d'Investissement Québec.

Les PME, qui assurent 55% des emplois au Québec et 50% de son produit intérieur brut (PIB), se sont fait promettre par le nouveau premier ministre la création d'un guichet unique pour toutes leurs relations avec le gouvernement, une forme de Banque de développement économique du Québec virtuelle.

Les PME qui exportent pourraient avoir droit à un crédit d'impôt de 50% sur tous les coûts de transport de leurs marchandises à l'extérieur du Québec, alors que les PME en technologies pourraient obtenir une exemption d'impôt sur le gain à capital.

Enfin, le programme libéral prévoit accorder une exemption d'impôt de 750 000$ aux propriétaires de PME qui vendent leur entreprise à un membre de leur famille et de 1 million pour les agriculteurs qui font de même avec leur ferme.

Voilà brièvement résumés les engagements libéraux en matière de développement économique, sans omettre toutefois que Philippe Couillard a aussi promis de créer 250 000 emplois en cinq ans.

Un objectif qu'il pourrait atteindre beaucoup plus rapidement si la création d'emplois se poursuit au rythme observé en mars dernier alors que le Québec a enregistré la meilleure performance canadienne au chapitre de la création d'emplois à temps plein avec l'ajout de 24 000 nouveaux postes. Oups, cela s'est produit sous un gouvernement péquiste...

Au chapitre du contrôle des dépenses du prochain gouvernement, Martin Coiteux pourrait remplir le rôle de président du Conseil du trésor. On dit qu'il est capable de fermeté, ce qui est la principale qualité requise pour faire un bon job.

Les legs péquistes

Il sera toutefois intéressant de voir comment la nouvelle équipe libérale va gérer certains dossiers hérités du gouvernement qui l'a précédée.

On pense bien sûr ici aux forages pétroliers exploratoires dans l'île d'Anticosti que le chef libéral a dit vouloir suspendre tant qu'une étude environnementale stratégique n'aura pas été réalisée.

Philippe Couillard disait aussi souhaiter que Québec cède sa participation à des entreprises du secteur privé. Une fois au pouvoir, le discours du premier ministre sera-t-il le même?

Autre dossier qui provient du gouvernement péquiste, celui des Gazelles, qui implique tout autant les fonctionnaires du ministère des Finances, les spécialistes d'Investissement Québec et les responsables des Centres locaux de développement (CLD).

Tous ces acteurs économiques arrivent au terme d'un rigoureux processus de sélection visant à choisir 100 PME hyper performantes qui auront droit à un encadrement professionnel et technique pour partir à la conquête de nouveaux marchés.

Cette sélection devait se faire à partir d'un groupe de 300 PME. L'enthousiasme a été tel que près de 500 entreprises se sont inscrites à ce nouveau programme. Il serait très surprenant que le prochain gouvernement mette la hache dans une stratégie aussi mobilisatrice que celle des Gazelles. On verra.




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