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Bombardier en mode grand V

(Paris) Mike Arcamone a quitté la direction de General Motors Corée parce qu'il voulait souffler un peu. En trois ans, il avait procédé au lancement de production de huit nouveaux modèles et il avait été incapable de prendre des vacances. En poste depuis maintenant un an et demi comme président de la division Bombardier Avions commerciaux, il confesse qu'il n'a toujours pas pris beaucoup de vacances et qu'il ne prévoit pas en prendre de sitôt.

Malgré l'imminence du vol inaugural de la nouvelle CSeries et toute la fébrilité entourant l'événement, c'est un homme calme, posé et affable qui me reçoit à l'hôtel parisien où la délégation de Bombardier réside pour la durée du Salon international de l'aéronautique.

Mike Arcamone avoue n'entretenir aucune inquiétude quant au bon déroulement du premier vol de la CSeries qui aura lieu dans les prochains jours à Mirabel.

La haute direction de Bombardier aéronautique - qui a supervisé au jour le jour le développement du premier appareil CS-100 - a beau se retrouver à quelque 6000 kilomètres de l'excitation que suscite son lancement, elle ne reste pas inactive pour autant.

Depuis hier, Mike Arcamone et ses collègues des autres divisions de Bombardier aéronautique sont engagés dans une incessante course de rencontres, de 7h le matin à 22h, avec les dirigeants de toutes les lignes aériennes de la planète et tous les clients potentiels d'avions d'affaires.

«Notre priorité, c'est le développement du carnet de commandes. L'avion va voler, on le sait, ça s'en vient. Depuis que je suis entré en fonction, je mets beaucoup d'efforts sur le développement des ventes», souligne le président de Bombardier Avions commerciaux, responsable des familles d'appareils CSeries, des jets régionaux et des turbopropulsés Q400.

Montréalais d'origine italienne, Mike Arcamone s'exprime dans un français impeccable, malgré les nombreuses années passées aux États-Unis, en Europe et en Asie où il a occupé différents postes de direction pour la multinationale GM.

C'est à l'usine GM de Boisbriand qu'il a d'ailleurs fait ses armes comme gestionnaire, en compagnie de Guy Hachey, aujourd'hui président et chef de la direction de Bombardier Aéronautique, et de Louis Chênevert, maintenant PDG de la multinationale United Technologies.

Présence internationale

Depuis un an et demi, Mike Arcamone a mis sur pied un réseau mondial de bureaux de vente pour affirmer la présence de Bombardier Avions commerciaux dans tous ses marchés.

Le groupe compte maintenant un bureau de ventes à Shanghai, qui assure la supervision des ventes en Asie, au Japon et en Corée, un autre à Dubaï, pour couvrir tout le marché du Proche-Orient, un à Sidney, un autre à Singapour et enfin un bureau à Munich.

«Avant, nos équipes de ventes étaient basées dans le corridor Montréal-Toronto et elles se déplaçaient pour rencontrer les clients et les prospects. On manquait des opportunités parce qu'on n'était pas sur place, proche des clients et de leurs besoins. Il faut être là, dans leur région, pour pouvoir leur parler», expose Mike Arcamone.

Au cours des prochains mois, Bombardier Avions commerciaux va ouvrir deux nouveaux bureaux. Un aux États-Unis et un autre en Afrique du Sud.

«L'Afrique est un marché au potentiel énorme. C'est la Chine de demain. On dessert le continent africain via notre bureau de Dubaï, mais il faut en faire plus et se rapprocher davantage de l'action.

«L'ouverture d'un bureau aux États-Unis va de soi. Ça reste notre principal marché, mais il va aussi nous servir de base pour mieux attaquer le marché de l'Amérique du Sud. C'est pourquoi on va s'installer dans une ville du sud, comme Atlanta, pour avoir un meilleur accès à l'Amérique latine», explique-t-il.

Ma rencontre avec Mike Arcamone s'est déroulée samedi matin, au lendemain du vol inaugural de l'Airbus 350, un événement qui fait la une de tous les journaux parisiens.

«C'est la première fois de l'histoire de l'aéronautique qu'on assiste au vol inaugural de deux nouveaux appareils le même mois, à quelques jours d'intervalle seulement. Mais nous, à la différence d'Airbus, on n'a pas deux ans de retard sur notre premier vol», remarque avec une pointe d'ironie le président de Bombardier Avions commerciaux.

Visiblement en mode grand V, pour ventes, Mike Arcamone réalisera cette semaine un marathon de rencontres qui, espère-t-il, vont permettre de fournir de meilleures assises à la nouvelle famille d'appareils CSeries et bonifier son carnet de 177 commandes fermes et de 211 options d'achats. Bombardier vise une cadence de production de 120 appareils par année.




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