La température au coeur de la zone rouge de Lac-Mégantic était tellement élevée que les dents des 47 personnes mortes dans l'explosion ont carrément éclaté sous l'effet de la chaleur extrême.

Mis à jour le 13 nov. 2013
Hugo Dumas LA PRESSE

En se rendant au centre-ville dévasté par le train fantôme rempli de pétrole brut, l'équipe du Laboratoire de médecine légale ne s'attendait d'ailleurs pas à pouvoir identifier beaucoup de cadavres. Tout avait été carbonisé, tout s'était effondré. Le feu avait brûlé pendant 36 heures et près des citernes, la température grimpait jusqu'à 1500 °C. Sachez que pour incinérer un corps dans un crématorium, il faut normalement compter deux heures à une température de 1000 °C.

Maintenant, imaginez ce qui restait de ces pauvres victimes fauchées en pleine nuit. Par miracle, des murs de brique ont protégé des fragments de corps, et 39 des 47 victimes ont pu être nommées, en majorité à l'aide des éclats de mâchoires ou de morceaux de dents. Le processus a cependant pris beaucoup de temps vu l'état de destruction avancée des lieux.

L'identification des corps est l'un des quatre thèmes abordés dans l'excellente émission spéciale de Découverte consacrée à la catastrophe de Lac-Mégantic, que Radio-Canada présente dimanche à 18h30. Un épisode assemblé avec beaucoup de délicatesse et de rigueur journalistique. Il y a quatre mois de travail dans ces 45 minutes de télévision de grande qualité.

L'émission s'ouvre avec une reconstitution des évènements qui fait frémir.

Vendredi 5 juillet, 23h32. Premier appel au 911 - vous entendrez les vrais enregistrements - d'une dame signalant un incendie dans la locomotive de tête d'un train immobilisé à Nantes, près de Lac-Mégantic.

Les pompiers éteignent les flammes et le train, long d'un kilomètre et demi, reste une deuxième fois sans surveillance. Il se met à bouger à 0h56 dans la nuit de vendredi à samedi. Il franchira, tous phares éteints et sans conducteur, les 12 kilomètres séparant Nantes et Lac-Mégantic.

Le train fantôme de MMA roule à 100 km/h quand les locomotives se détachent près du Musi-Café: 63 des 72 wagons-citernes déraillent et illuminent le ciel noir d'immenses boules de feu. Ce convoi pesait 10 287 tonnes.

L'équipe de Découverte montre ensuite comment les pompiers, qui croyaient au départ à un écrasement d'avion, ont procédé pour dompter le brasier. Aurait-il fallu laisser le pétrole, venu du Dakota-du-Nord, se consumer? Chose certaine, il a fallu commander 30 000 litres de mousse ignifuge pour refroidir les carcasses de métal tordu.

Dans un segment plus technique, on nous explique comment fonctionnent les deux systèmes de freinage d'un train. Les journalistes de Découverte examinent ensuite les détails techniques de la citerne DOT 111, qui résiste moins bien aux gros impacts que les modèles plus récents.

Finalement, on s'attarde sur les impacts écologiques du déversement de 100 000 litres de pétrole dans la rivière Chaudière et de 150 000 autres dans le lac Mégantic. La décontamination est loin d'être finie.

Un épisode à mettre dans votre programme télé dominical. Ça change un peu du Banquier, mettons.

Vos coups de coeur

Amis téléphages, j'apprécie énormément quand vous me dirigez vers vos émissions coup de coeur.

À la suggestion d'un lecteur bien branché, j'ai attaqué hier la minisérie française Ainsi soient-ils, qui suit cinq jeunes aspirants prêtres - dont un ancien délinquant - enrôlés au prestigieux séminaire des Capucins, à Paris. Je n'ai pas détesté du tout et je compte bien finir les huit chapitres disponibles sur Tou.tv.

TV5 a diffusé Ainsi soient-ils l'été dernier, ce qui m'avait malheureusement échappé.

Vous, qu'est-ce qui vous allume présentement? Votre chroniqueur télé veut le savoir!