Il y a eu un énorme battage médiatique autour de la présence de Yan England et de Kim Nguyen à la cérémonie des Oscars, dimanche soir. Personne ne contestera ce tour de force: deux réalisateurs québécois qui se faufilent ainsi parmi l'élite du cinéma mondial, c'est exceptionnel. Du jamais vu.

Mis à jour le 12 mars 2013
Hugo Dumas LA PRESSE

Pourtant, la frénésie entourant les péripéties hollywoodiennes de nos deux cinéastes n'a pas tant fait grésiller les audimètres du réseau CTV. Ce long gala des Oscars, qui a duré plus de trois heures et demie, a intéressé 526 000 téléspectateurs francophones, en légère baisse par rapport aux 545 000 fidèles de l'an dernier.

Les Québécois n'ont pas trop dérogé à leurs bonnes vieilles habitudes télévisuelles dominicales, plébiscitant La voix de TVA (2 542 000), LOL (1 529 000), Vlog (1 178 000) et Tout le monde en parle (944 000). Le magazine Accès illimité a, pour la première fois, chuté sous la barre du million, se stabilisant à 851 000 adeptes. Immédiatement après Tout le monde en parle, le court métrage Henry de Yan England a décroché une cote d'écoute estimée à 603 000 téléphages.

À la deuxième ronde des duels à La voix, certains coaches ont fait des choix très discutables. À commencer par Ariane Moffatt, qui a préféré Karine Deschamps (la fille d'Yvon Deschamps et de Judi Richards) à Andréanne Martin, 25 ans, qui est pourtant beaucoup plus originale - et moins générique - que sa rivale. Déception.

Étonnamment, Jean-Pierre Ferland a laissé partir la jeune et jolie Gabriella Delorme-Grenier, 20 ans, et a gardé dans son équipe Étienne Cotton, 31 ans, qui n'a pas été particulièrement époustouflant. Drôle de sélection. Et que dire du choix de la chanson Je l'aime à mourir de Francis Cabrel? Peu approprié pour une bataille dans un ring.

Bien content pour l'auteure-compositrice-interprète Marie-Pierre Arthur: sa très belle pièce Si tu savais a été reprise devant 2,5 millions de personnes. La mannequin Charlotte Cardin-Goyer, 18 ans, qui ressemble à une mini Charlotte Gainsbourg, a tout pour gagner cette compétition. Elle est magnifique, elle est modeste et elle a un timbre de voix très distinctif de celui des autres.

Le duel sur Beat it, qui opposait Jean Ravel à Fred Lebel, était fade. Ni l'un ni l'autre ne semblait comprendre les paroles de cette pièce de Michael Jackson.

Marc Dupré a largué l'écorchée Nathalie Carbonneau, 42 ans, et a opté pour la jeunesse avec Andie Duquette, 24 ans. L'interprétation de Rolling in the Deep par Nathalie Carbonneau était toutefois plus sentie. Dommage. J'ai bien hâte de voir jusqu'où progressera Alexe Gaudreault, 20 ans, qui a été épatante sur C'est zéro de Julie Masse.

À Tout le monde en parle, qui a chuté à 944 000 fidèles, Patricia Paquin a fait preuve d'un humour rafraîchissant. Bien aimé aussi la franchise et l'ouverture de Chantal Lacroix par rapport à son vitiligo, une maladie qui décolore sa peau, mais qui ne l'empêche pas de foncer dans tous ses projets télé.

C'est toutefois Pierre Lapointe qui a été le plus surprenant. Il a pris beaucoup d'assurance au fil des ans. Son entrevue, où il se révélait avec beaucoup de candeur et d'esprit, a été la plus intéressante de la soirée.

Unité 9, la suite

Une avalanche de messages (pas toujours gentils) a enseveli ma boîte de courriels depuis la parution de ma chronique de jeudi sur les théories tordues du téléroman Unité 9. Ça faisait un bail qu'une telle déferlante ne s'était pas produite.

Règle générale, vous semblez ouverts à l'idée que Lucie (Émilie Bibeau) soit en fait la fille et non la soeur de Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay), une enfant née d'une relation incestueuse avec celui que nous appellerons le vieux bonhomme (Pierre Collin).

Là où nos opinions divergent, et là où vous me traitez quasiment de «grand nono», c'est à propos de l'implication de Marie dans l'attentat perpétré contre le vieux bonhomme. Oui, les flashbacks nous montrent Léa (Frédérique Dufort) qui pousse son grand-père dans les escaliers et qui s'en prend physiquement à lui. Vous les avez vus, je les ai vus aussi.

Par contre, jamais ces flashbacks n'exposent (du moins, pas encore) ce que Marie a fait en arrivant sur les lieux du crime. Contrairement à vous, je ne crois pas que Marie soit entièrement innocente dans cette tentative de meurtre, malgré ce que l'intrigue laisse entrevoir.

Actuellement, les auteures s'évertuent à nous faire croire que Marie-la-sacrifiée a pris le blâme pour sa fille afin de lui éviter un séjour en prison. Cette hypothèse m'apparaît trop facile, trop évidente. Je peux me tromper, mais en connaissez-vous beaucoup de séries qui révèlent le punch aussi rapidement dans les premiers épisodes? Pas moi. Il faut donc voir plus loin.

Mettez-vous à la place de Marie Lamontagne. Son propre père l'a mise enceinte et là, elle apprend que son bourreau s'en prend à son autre fille, Léa. Alors, qu'est-ce que Marie fait en arrivant au chevet de son père blessé, étendu par terre? Elle attend patiemment l'arrivée de la police? Ou essaie-t-elle d'asséner le coup fatal, pour se venger de tout le mal qu'il lui a fait? Pensez-y.